1 réactionAu PS, l'idée d'un report du congrès de Reims fait débat
PARIS (Reuters) - Face à la crise financière, des voix s'élèvent au Parti socialiste pour évoquer un report du congrès de Reims, prévu mi-novembre, une idée rejetée par les principales têtes d'affiche.
Pour la plupart des dirigeants du PS, il n'est pas question d'adopter une "politique de l'autruche" ou une "stratégie à la McCain", le candidat républicain à la présidence américaine, qui a interrompu brièvement sa campagne en raison de la crise.
"Je ne crois pas qu'il soit nécessaire de reporter, au contraire, un débat essentiel pour la gauche et donc pour l'avenir du pays", a déclaré dimanche Ségolène Royal, invitée du "Grand Rendez-vous Europe1/Le Parisien".
"Je ne veux pas que, après la crise, ça continue comme avant. C'est un des risques: que l'on colmate les brèches, que l'on éteigne l'incendie, que les braises continuent à couver sous la cendre et que demain la crise soit beaucoup plus aigüe", a ajouté l'ancienne candidate présidentielle, tuant dans l'oeuf une proposition avancée par plusieurs de ses proches.
Ségolène Royal a également dit qu'elle n'était pas opposée au principe d'un débat public entre dirigeants socialistes sur les motions qu'ils défendent en vue du congrès.
Elle a toutefois prévenue qu'elle s'y rendrait le cas échéant avec "toute (s)on équipe". "On peut être plusieurs" derrière le micro, a-t-elle fait valoir.
Julien Dray s'était alarmé mercredi du risque d'avoir "un congrès complètement déconnecté de la réalité" étant donné que les programmes défendus par les courants avaient été rédigés avant la crise.
TEXTES OU CONTEXTE?
Dimanche, Malek Boutih, secrétaire national du PS qui a également signé la motion soutenue par la présidente de Poitou-Charentes, propose clairement de repousser le congrès du PS.
"On assiste au scénario catastrophe et nous, on resterait dans notre bocal à se demander qui en serait le chef?", s'interroge le secrétaire national dans Le Parisien Dimanche.
Pour Martine Aubry en revanche, reporter le congrès serait "une erreur".
"Les Français ont plus que jamais besoin de nous (...) Jamais nos valeurs n'ont été autant d'actualité", souligne la maire de Lille, également interrogée par Le Parisien.
L'analyse est partagée par Benoît Hamon, candidat de la gauche du parti.
"Rien ne justifie de faire la politique de l'autruche. Il faut trancher entre nous les réponses à la crise et nous mettre le plus vite possible au service des Français", a déclaré à Reuters le député européen.
"On fait un congrès sur les textes pas le contexte", renchérit son bras droit, Razzye Hammadi.
En 2005, le PS avait tenu son congrès au Mans sur fond de crise des banlieues. Pour certains, la situation avait eu une influence, quoique minime, sur l'issue des débats internes qui avaient abouti à un large rassemblement autour de François Hollande.
"Le réflexe sécuritaire a pu exister, il y a trois ans, mais la crise financière ne porte pas les mêmes débats. C'est l'identité même des socialistes qui est en cause", a souligné à Reuters Laurence Rossignol, porte-parole de Martine Aubry.
Laure Bretton, édité par Jean-Philippe Lefief









