Au PS, l'idée d'un report du congrès de Reims fait débat
PARIS (Reuters) - Face à la crise financière, des voix s'élèvent au Parti socialiste pour évoquer un report du congrès de Reims, prévu mi-novembre.
L'idée, avancée par des proches de Ségolène Royal, provoque pour l'instant une levée de boucliers dans les autres courants où l'on dénonce, qui une "politique de l'autruche", qui une "stratégie à la McCain".
Julien Dray, premier à aborder le sujet, a estimé mercredi que le PS ne pouvait "pas avoir un congrès complètement déconnecté de la réalité".
Rallié à l'ancienne candidate à la présidence mais toujours prétendant au poste de premier secrétaire, le député de l'Essonne fonde son analyse sur le fait que les programmes rédigés par les courants internes l'avaient été "avant la crise".
Dimanche, l'un de ses proches, Malek Boutih, va plus loin dans les colonnes du Parisien.
"On assiste au scénario catastrophe et nous, on resterait dans notre bocal à se demander qui en serait le chef?", s'interroge le secrétaire national, qui propose de repousser le congrès "jusqu'à ce que la situation soit plus claire".
Depuis la fin septembre, chaque courant interne dispose d'une enveloppe de 17.000 euros pour faire campagne, présenter sa motion dans les fédérations socialistes, un budget que beaucoup jugent insuffisant et contournent par le biais de dons de militants.
"Comparé à la gravité du moment, se plaindre qu'avec un budget de 17.000 euros, c'est difficile (...) relève de l'inconscience", estime Malek Boutih.
Pour Martine Aubry, reporter le congrès serait "une erreur".
"Les Français ont plus que jamais besoin de nous (...) Jamais nos valeurs n'ont été autant d'actualité", souligne la maire de Lille, également interrogée par Le Parisien.
TEXTES OU CONTEXTE?
L'analyse est partagée par Benoît Hamon, candidat de la gauche du parti.
"Rien ne justifie de faire la politique de l'autruche. Il faut trancher entre nous les réponses à la crise et nous mettre le plus vite possible au service des Français", a déclaré à Reuters le député européen.
"On fait un congrès sur les textes pas le contexte", renchérit son bras droit, Razzye Hammadi.
En 2005, le PS avait tenu son congrès au Mans sur fond de crise des banlieues.
Pour de nombreux dirigeants, la situation avait eu une influence, quoique minime, sur l'issue des débats internes qui avaient abouti à un large rassemblement autour de François Hollande.
"Le réflexe sécuritaire a pu exister, il y a trois ans, mais la crise financière ne porte pas les mêmes débats", estime Laurence Rossignol, porte-parole de Martine Aubry.
"C'est l'identité même des socialistes qui est en cause aujourd'hui, leurs alternatives pour les salariés et l'idée qu'il faut sortir d'un socialisme de l'accompagnement du libéralisme", a-t-elle déclaré à Reuters.
Laure Bretton









