18 réactionsAffaire DSK: des politiques français crient à la déstabilisation
PARIS (Reuters) - Une partie de la classe politique française s'est interrogée dimanche sur le moment choisi, en pleine crise financière, pour révéler l'existence d'une enquête sur un éventuel abus de pouvoir de la part de Dominique Strauss-Kahn, certains parlant de "déstabilisation".
Le Fonds monétaire international (FMI), dont il est le directeur général, a confirmé samedi l'existence d'une enquête dans le cadre d'une liaison avec une de ses subordonnées.
Cette affaire, révélée par le Wall Street Journal, survient en pleine crise financière et bancaire internationale qui donne un rôle central à l'organisation internationale.
Dans un communiqué, Dominique Strauss-Kahn, ancien ministre socialiste de l'Economie et des Finances, a reconnu avoir eu une liaison, précisant que l'"incident qui s'est produit dans ma vie privée" avait eu lieu en janvier 2008.
"A aucun moment, je n'ai abusé de ma position de directeur général du Fonds", a-t-il souligné.
Anne Sinclair, l'épouse Dominique Strauss-Kahn, assure sur son blog (www.annesinclair.fr) qu'elle a "tourné la page".
"Voici juste, avant que ne se propagent des rumeurs malveillantes, quelques éléments rapides : chacun sait que ce sont des choses qui peuvent arriver dans la vie de tous les couples ; pour ma part, cette aventure d'un soir est désormais derrière nous ; nous avons tourné la page. Puis-je ajouter pour conclure que nous nous aimons comme au premier jour?"
Les proches de Dominique Strauss-Kahn sont montés au front dimanche pour défendre "DSK", qui est soupçonné soit d'avoir favorisé sa collaboratrice, soit contraire d'avoir cherché à se venger en la faisant quitter Washington pour Londres.
Jean-Christophe Cambadélis, député socialiste de Paris, a estimé que la montée de Strauss-Kahn dans les sondages avant le congrès socialiste de Reims et la crise financière pourraient ne pas être étrangères à la révélation de l'affaire.
"Il n'y a ni victime, ni plaignant, ni coupable, l'affaire se terminait et d'un seul coup un feu de cheminée comme cela ça me paraît assez étonnant dans cette phase de crise financière où Dominique Strauss-Kahn s'envole dans les sondages. Je pense que là, on veut lui faire mauvaise querelle", a-t-il dit sur LCI.
"ANGUILLE SOUS ROCHE"?
"C'est un incident de vie d'une banalité confondante et on veut en faire une grande affaire politique, je crois qu'il y a anguille sous roche", a-t-il ajouté.
Le député UMP Jean-Marie Le Guen a lui aussi estimé que la coïncidence était étonnante.
"Il est vrai que, dans le chaudron de finance internationale et qu'au milieu de cette crise, je pense que l'idée d'avoir Dominique Strauss-Kahn, qui est un homme à la fois compétent et qui a des idées précises (...) sur la régulation du monde financier peut justifier le fait qu'il n'a pas que des amis et donc il y a peut-être aussi, c'est vrai, chez certains, une certaine volonté de déstabilisation", a-t-il dit sur Radio J.
Le porte-parole du gouvernement français, Luc Chatel, a lui aussi tressé les louanges de cet économiste renommé.
"Ce que je considère, c'est que Dominique Strauss-Kahn a démontré dans toute la traversée de cette crise qu'il était à la hauteur des événements", a-t-il souligné sur Radio J. "C'est vrai qu'il a montré qu'il était l'homme de la situation."
L'ancien ministre français a été élu en septembre 2007 à la tête de l'organisation internationale qui fournit une expertise et dans certains cas, des prêts, à ses 185 pays membres.
Sa candidature, soutenue par l'Union européenne et les Etats-Unis, avait été avancée par le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, puis reprise par Nicolas Sarkozy, dans le cadre de sa politique d'ouverture.
Il avait été battu par Ségolène Royal dans la course à l'investiture socialiste pour l'élection présidentielle de 2007.
En juin 2007, le président de l'époque de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, avait été contraint à la démission après être intervenu dans le processus de promotion de sa compagne, également salariée de l'organisation.
Selon le Wall Street Journal, l'enquête porte sur la liaison qu'a eue "DSK" avec Piroska Nagy, d'origine hongroise, qui occupait à l'époque un poste important d'économiste au département Afrique du FMI.
Gwenaëlle Barzic et Yves Clarisse, édité par Jean-Loup Fievet







