À La Rochelle, un savant chassé-croisé Hollande-Delanoë

par Laure Bretton
LA ROCHELLE, Charente-Maritime (Reuters) - Sous l'oeil de Bertrand Delanoë venu en "militant modèle", François Hollande a donné jeudi soir à La Rochelle le coup d'envoi de sa onzième et dernière université du Parti socialiste en tant que premier secrétaire.
Au moment où tous les courants internes lancent les grandes manoeuvres en vue du congrès, la présence des deux hommes au "pot de l'amitié" de la fédération PS de Charente-Maritime a attisé les spéculations sur une éventuelle alliance.
"Je ne veux pas que l'université d'été soit l'occasion de conciliabules, de rapprochements ou de combinaisons", a fait valoir François Hollande. "Nous sommes là pour être au travail pour les Français. Ce que je demande, c'est que nous fassions bloc, que nous fassions parler les socialistes d'une seule voix".
Le député de Corrèze a cependant réitéré son appel à la construction d'un "pôle central" réunissant "ceux qui pensent la même chose" en vue du congrès de Reims. La Rochelle 2008, "ce n'est pas ma tournée des adieux", a-t-il prévenu.
Dans un jardin rempli de militants, les deux dirigeants se sont livrés à un savant chassé-croisé sans jamais se rencontrer, au grand dam des photographes.
"Vous donnez trop d'importance au poids des images et pas assez au fond", a déploré Bertrand Delanoë. "Chaque fois que je participe à une réunion socialiste, je me sens bien", a assuré l'élu parisien, qui a officialisé sa candidature au poste de premier secrétaire cette semaine.
AUBRY ET ROYAL PAR PRESSE INTERPOSÉE
Il assistera aux trois jours d'ateliers de l'université d'été - pour faire le plein "d'idées intelligentes pour les Français" - et réunira ses proches vendredi soir non loin de l'ancienne criée où les militants du PS ont rendez-vous.
"Je suis un militant modèle", a-t-il plaisanté en réponse à une question sur les motifs de cette assiduité à l'heure où s'ouvre la guerre de succession à la tête du PS. "J'ai beaucoup de défauts, mais laissez-moi au moins être un bon militant!".
Ségolène Royal et Martine Aubry, qui n'arriveront à La Rochelle que vendredi, ont fait leur entrée dans l'université d'été par presse interposée.
Interrogée sur France 2, la maire de Lille a de nouveau joué la carte du collectif, soulignant les points communs qu'elle a avec la plupart des "éléphants". Sans se déclarer ouvertement candidate, elle a confié qu'elle n'était "pas quelqu'un qui recule devant ses responsabilités".
Dans un entretien que publie La Nouvelle République du Centre vendredi, Ségolène Royal appelle les ténors du PS à ne pas "polluer" l'université d'été par "des enjeux des personnes".
"Il y a des nuages noirs qui s'amoncellent sur la situation économique de la France avec la récession. Les socialistes (...) ont une responsabilité éminente: ils doivent donner une image de retenue, être à la hauteur de ce que l'on attend de nous et bannir les petites phrases", ajoute la présidente de Poitou-Charentes.
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