2 réactionsÀ La Rochelle, un embryon d'alliance s'esquisse au sein du PS

par Laure Bretton
LA ROCHELLE, Charente-Maritime (Reuters) - Un embryon d'alliance entre courants socialistes en vue du congrès de Reims a vu le jour à La Rochelle, les proches de Dominique Strauss-Kahn et de Martine Aubry scellant un rapprochement avant d'entamer des discussions avec la gauche du PS.
Après un rassemblement du courant strauss-kahnien vendredi soir, des réunions étaient prévues dans la journée de samedi avec les dirigeants du mouvement "Reconquêtes", notamment Benoît Hamon, et les partisans de Laurent Fabius.
A l'heure où tous les "éléphants" se toisent dans l'espoir de réunir une majorité, l'ancien Premier ministre, Martine Aubry et Jean-Christophe Cambadélis ont fait savoir qu'ils déjeuneraient ensemble sur le port.
"Nous pouvons être à l'origine du dépannage" d'un PS en pleine guerre de succession après la troisième défaite présidentielle consécutive, estime Claude Bartolone, bras droit de Laurent Fabius.
"S'il se cristallisait, ce mouvement serait un embryon de pôle majoritaire" pour le congrès, confirme Jean-Christophe Cambadélis, principal artisan de la constellation des "Reconstructeurs" qui rassemble des Fabiusiens, des Strauss-Kahniens et des proches d'Arnaud Montebourg.
"C'est la première fois qu'au lieu de se diviser et de se trouver des excuses, des dirigeants socialistes acceptent de revenir sur leur passé", souligne Claude Bartolone, co-inventeur des "Reconstructeurs".
MOSCOVICI ESSEULÉ, HAMON SCEPTIQUE
En 2005, Laurent Fabius et la gauche du parti avaient milité contre la Constitution européenne alors que Dominique Strauss-Kahn et Martine Aubry appelaient à voter "oui".
Ce rapprochement, qui n'en est encore qu'au stade de la déclaration d'intention avant la rédaction d'un programme commun (une "motion"), risque cependant de faire une victime en la personne de Pierre Moscovici.
Autre figure du courant strauss-kahnien, candidat déclaré au poste de premier secrétaire, le député du Doubs n'était pas favorable à une alliance avec l'aile gauche - un "passager clandestin", avait-il estimé au milieu de l'été.
Selon Jean-Christophe Cambadélis, l'accord de vendredi soir ne tranche pas la question du leadership.
"Nous sommes dans une démarche collective quand d'autres disent 'suivez-moi, je suis votre chef'", ajoute-t-il, en allusion à Bertrand Delanoë et Ségolène Royal, qui postulent tous deux à la succession de François Hollande.
Fabiusiens mis à part, la main tendue à la gauche du parti ne va pas de soi non plus.
Peu apprécient que des discussions se soient ouvertes en parallèle avec le mouvement de la "Ligne claire" qui regroupe des barons locaux du parti et Manuel Valls, qu'ils considèrent comme une figure de la droite du PS.
"Où se situe le ciment politique de tout ça ?", s'interroge Benoît Hamon, qui refuse d'être "convoité seulement pour la photo ou l'arithmétique".
Pour l'instant, "leur alliance a un périmètre assez confus et cela rend les discussions difficiles avec nous", ajoute le député européen. "On ne doit pas modifier le centre de gravité du PS: à gauche."









