Nasdaq / US13/02/2006 à 12h06 -
18 réactionsAugmenter le texteRéduire le texteImprimerEnvoyer par emailGoogle : EXECUTION SOMMAIRE par le Barron's
(Boursier.com) -- La séance s'annonce tendue sur la valeur du moteur de recherche Internet californien Google, star des stars du web... Certains espéraient le pire passé après une chute du titre de 475$ à 360$ en quelques semaines seulement. Pourtant, le sélect Barron's vient de délivrer ce week-end un avis sur le dossier sous forme... d'exécution sommaire.
Après une chute de près de 25% depuis les sommets historiques de 475$ sur le Nasdaq, Jacqueline Doherty du Barron's pense que le titre Google pourrait encore dévisser de moitié sur l'année à venir, alors que Google devrait faire face à une concurrence accrue de Microsoft et Yahoo!, à des pressions croissantes sur les prix sur les activités publicitaires online, et à des inquiétudes concernant la fraude au clic.
Alors que les fans de Google insistent sur le fait que le titre se dirige vers les 500$, voire même 2.000$ (un objectif de long terme de Caris & Co), le Barron's, pour sa part, contredit toutes les recommandations d'analystes, et juge qu'il y a un potentiel de chute, selon les hypothèses de ventes et profits, à 257$ voire même 188$.
Microsoft menacerait donc, alors que le monde de l'édition (le... Barron's par exemple ?) et celui des opérateurs de téléphonie et câble commenceraient à s'élever contre le moteur de recherche.
Jacqueline Doherty se livre donc à quelques hypothèses plus ou moins réalistes, évaluant le potentiel de chute de la valeur Google dans le cas de revenus inférieurs de 20% aux estimations de marché sur 2006 et de profits inférieurs de 30% au consensus des "bulls". Avec un multiple de 41 (Per), le titre retomberait à 257$. Avec un Per de 30, il décrocherait à 188$, contre 360$ environ récemment cotés.
Le Barron's admet qu'il existe un énorme levier des revenus sur les profits de Google, résultant de marges très élevées. Mais son analyse vise à mettre en relief les risques liés à un éventuel manquement aux attentes des revenus de Google.
Le Barron's a fouillé pour trouver les analystes de la cote les plus négatifs sur la valeur Google. Il cite notamment S&P et Stifel Nicolaus, deux des anciens détracteurs de Google, qui avaient vu venir la chute (le début de la chute ?). Le Barron's se trompe en affirmant que S&P est vendeur, il est à conserver désormais. Mais le règlement de compte du magazine de référence devrait peser lourd sur la valeur Google ce lundi.
On ne peut cependant omettre de noter quelques affirmations un tantinet osées, qui font désordre dans une publication d'une telle qualité : cette erreur concernant l'opinion de S&P, même si la firme n'est passée à "conserver" que la semaine dernière. On apprend aussi que la concurrence monte face à Google, selon le Barron's, alors que toutes les études spécialisées font ressortir au contraire des gains constants de parts de marché du californien... Mais le Barron's préfère préciser que les mises à jour de Microsoft (MSN) et Yahoo! cette année dans les offres de recherche devraient peser sur le plan concurrentiel. Faut-il le croire, et juger dans le même temps que les petits génies de Google vont partir au soleil pendant que Microsoft et Yahoo! travaillent ? On pouvait espérer plus de sérieux du Barron's.
JN.L. - ©2006, 2010 www.boursier.com
le 13/02/2006 à 12h43Réaction de thevenet
Ca me semble possible,
Je suis sur qu'après avoir donné des prévisions farfelux, beaucoup vont se mettre à dégrader la valeur,
moi aussi je peux faire analyste !!! Il suffit de suivre la tendance ]:(
le 13/02/2006 à 15h09Réaction de rjohn
Si l’opinion émise par le Barron’s, tout comme celles des autres analystes, a un impact si important sur les cours, cela prouve bien que la valeur est fortement spéculative et dénote le manque de professionnalisme des investisseurs. Que Google présente un risque élevé de chute en cas de déception sur ses marges devrait être une évidence aux yeux de tous avec un PER qui s’élève encore jusqu’à 72.20 et une capitalisation boursière qui atteint 11.38 fois ses capitaux propres. Il n’y a donc rien de nouveau sous le firmament.
Je ne peux que souscrire à une telle évidence... Une valeur avec un PER aussi élevée ne peut qu'etre lourdement sanctionné à la moindre déception.... Et avec de tels PER, dieu sait combien les attentes sont fortes...
Je vous soumets mon analyse postée le 10 janvier sur Google et Microsoft où je pensais à une retour sur les 250 €.
Malgré les dénégations de Bill Gates au CES indiquant que Google n’est pas un concurrent de Microsoft car leur cible est IBM, et celles d’Eric Schmidt, PDG de Google qui a indiqué que l'expansion de Google n'était pas dirigée contre Microsoft. ("Je pense qu'il y a de la place pour nous deux. Google se situe dans le secteur de l'information. Microsoft a une approche différente de la notre").
Je ne crois pas un mot de ces affirmations. Ils ne sont pas réellement concurrents en ce sens qu’ils ne cherchent pas à développer les mêmes produits ou services mais comme des équipes de rugby et de football sont différentes, lorsqu’elles jouent en même temps sur le même terrain il y a conflit.
Ils ont effectivement une approche différente et il serait très surprenant que Google cherche à développer un système d’exploitation ou des applicatifs de type Office mais la stratégie de Google et surtout l’évolution de l’Internet actuel vers l’ère de l’ubiquité des services et des contenus entre en conflit avec le développement de Microsoft. En effet si Google ne cherche pas à vendre du logiciel il cherche à fournir un service ASP qui couvrira la gamme Microsoft.
Ces deux acteurs viennent de deux mondes différents :
Microsoft vient du monde du logiciel et plus précisément du logiciel sur PC. Bill Gates a souvent anticipé les évolutions technologiques, souvenons nous de « information on the finger tips ». Cette perception aujourd’hui presque possible était bonne mais c’est le prisme par lequel cette perception a été traduite qui peut être différente.
Bill Gates a toujours cherché à intégrer les évolutions avec en arrière pensée le PC ou le terminal « intelligent ».
Cet angle de vision lui a déjà fait rater le démarrage d’Internet même si la puissance financière et industrielle lui a permis de combler cette erreur de perception (MS a tué Netscape, a lancé MSN …) mais fondamentalement la vision de Bill Gates passait par la domination de son système d’exploitation ou plus largement de briques logicielles sur différents terminaux (PC, mobile, console…) en jouant sur l’interopérabilité.
Google vient du monde du service : du moteur de recherche. Il positionne « l’intelligence » dans « le réseau », de manière répartie ou sur ses serveurs. L’avenir pour Google c’est que le PC soit remplacé par des terminaux légers (d’où certainement l’accord avec Sun autour de Java). C’était la vision de Scott Mc Nealy Président de Sun « computer is network » il y a déjà 20 ans. C’était une perspective pour le monde de l’entreprise mais cela pourrait s’appliquer prochainement au grand public.
Deux stratégies
Google vient d’annoncer Google Pack, je ne reviendrai pas sur ces services, somme toute peu innovants mais sur la raison de la mise en place de cette offre. Google vise à s’affranchir du PC, comme Yahoo d’ailleurs, et si on prend une analogie, se positionne comme guide TV, télécommande universelle et meta-régie publicitaire. En bref comme acteur incontournable à tous services en ligne multi terminaux. Il faut donc occuper le terrain avec le maximum de produits et services qui rendent presque incontournable Google.
Microsoft base une grande partie de sa stratégie future sur Vista et tous les OS multi plateformes : PC, téléphones portables, serveurs de vidéo, logiciels de set top box, console de jeux … Avec cette stratégie d’encerclement MS vise la convergence avec un outil unique : le sien. Il garde une carte : MSN on y reviendra.
Il est probable que l’ubiquité des services et des contenus valident la stratégie de Google mais cela peut prendre du temps et dans l’intervalle Microsoft conforte sa position avec les produits « traditionnels » et commence à se positionner avec Windows Live mise en place par le nouveau CTO (Ray Ozzie). Verra-t-on un OS et des applications Microsoft en mode ASP ? Je le pense. (ndl : c’est le concept X window qui revient)
Le même terrain de jeux ?
Comme on le voit leurs parcours sont différents, leurs stratégies également mais elles se télescopent.
Jusqu’ici les concurrents de Microsoft étaient de petites tailles et relativement facile à contrer. Google marie à la fois une stratégie d’innovation en ayant parfaitement anticipé ce que pourrait être l’avenir des services en ligne mais également une excellente stratégie financière qui lui permet de « peser » 140 Mds$ avec un objectif de 200 et lui permet d’investir en R&D, en partenariats, en rachat etc ….
Le seul point noir pour Google c’est le temps. Sa stratégie et ses moyens sont en phase mais pour réussir il ne faut pas que la machine se grippe. Viser l’ubiquité des services et des contenus passe par la convergence des technologies de communication voix, données, fixe, mobile…
Techniquement nous n’en sommes plus très loin mais encore faut-il que les infrastructures soient déployées et que les consommateurs suivent. En Europe la compétition entre les normes de l’Internet et de téléphonie mobile rend difficile la convergence. En France seul Free pourra, au niveau national dès 2007, rendre transparent l’accès avec sa licence wimax et faire du contenu mobile sur IP (voix données).
L’autre point difficile pour Google c’est que cette convergence pourrait ce faire dans un premier temps sous le contrôle des FAI qui ne souhaitent certainement pas que Google s’insèrent dans leur relation de transaction avec leurs clients (ex : Google video qui vient en concurrence des offre de VOD des FAI et surtout la nouvelle division Google Payment Corp : solution de paiement). Cette offre de Google ne vise qu’a commencer à transformer son modèle économique non captif par la mise ne place de relations client/facturation. Mais que font les banques ?
C’est certainement là qu’est la chance de Microsoft face à Google. Ses récents développements dans les serveurs vidéo (accord avec Club Internet chez nous) vise à conserver la maîtrise et à renforcer ses alliés de circonstance les FAI. Qui en effet sera mieux à même de fournir des services ASP au grand public (applicatifs, contenus, maintenance…) si le PC s’efface au profit de terminaux plus légers administrables à distance ?
Une opportunité pour les FAI ?
Les FAI ont une formidable opportunité de fournir des services étendus (fixes et nomades) au grand public au-delà du simple accès quadruple play. Pour cela il leur faut des logiciels qu’ils ne peuvent développer eux même. Microsoft s’en charge. Ils sont en bonne posture pour négocier avec MS, ce n’est pas si fréquent. Comme on le voit c’est un jeu à trois bandes. Un nouveau monopole ? Que fait la pomme ? Heureusement d’autres acteur
On pouvait peut-être espérer plus de sérieux de la part de Barron’s, mais que dire alors de Boursier.com dont les analyses excessivement optimistes sur cette valeur risquent de faire perdre encore plus d’argent à ses lecteurs.