1 réactionWall Street : les plans de la Fed et du Trésor rassurent !
(Boursier.com) -- LA TENDANCE DU JOUR
Wall Street évolue franchement dans le vert en cette fin de semaine à l'image de l'ensemble des places financières européennes. Le Dow Jones monte de 2,5% à 11.297 pts, et le Nasdaq gagne 1,8% à 2.240 pts. L'idée d'un plan de sauvetage général des autorités américaines, face à la crise financière, ainsi que l'interdiction temporaire du processus de vente à découvert, poussent principalement à la hausse le secteur financier. Après le rebond enregistré hier soir par les indices de Wall Street, la cote américaine ne lâche rien ce vendredi, bien au contraire... Cette hausse est évidemment à relativiser par rapport au massacre boursier de ces derniers jours.
ECO/DEVISES
Les plans d'assainissement du système de la Fed de Ben Bernanke et du Trésor US d'Henry Paulson, dont les détails restent à préciser et seraient finalisés durant le week-end, ne manquent donc pas de soulager des investisseurs qui envisageaient hier encore des faillites à répétition d'établissements financiers US et mondiaux. Le plan des autorités américaines vise donc à soutenir l'ensemble des firmes financières et à restaurer surtout une confiance réduite à néant par les effondrements successifs de Bear Stearns, Lehman Brothers et AIG et le placement sous tutelle du couple 'mortgage' Fannie Mae / Freddie Mac. Les contribuables américains devront donc payer l'addition après les excès de certains établissements bancaires et financiers. Des ménages US qui avaient déjà fort à faire avec des saisies de logements records et des conditions économiques déjà tendues se traduisant par une vive remontée du chômage. Congrès, Secrétariat au Trésor et Banque Centrale US travailleront donc main dans la main tout le week-end, planchant sur la manière d'éponger les actifs à risques et les pertes des plus grands noms de la finance aux États-Unis. Ceci laisse espérer aux marchés financiers qu'une crise systémique soit évitée, puisque pour la première fois, les responsables US font part d'une initiative globale, au lieu des sauvetages sélectifs jusqu'alors opérés...
Paulson veut, par ce plan, nettoyer les bilans des institutions financières de Wall Street. Le Secrétaire US au Trésor espère aussi trouver une solution à la racine du mal, la crise immobilière. Ben Bernanke, de son côté, estime qu'une résolution de la crise grâce aux plans communs des autorités aiderait à faire redémarrer l'économie US. Le Congrès entend par ailleurs agir au plus vite. Henry Paulson a confirmé les échos de médias anglo-saxons relatifs aux montants considérables qui seront alloués au plan de relance des marchés financiers. Ainsi, d'après Paulson, le Trésor US et la Fed mettront en place un plan assez conséquent pour faire vraiment la différence et créer l'électrochoc désiré. Des centaines de milliards de dollars seraient donc nécessaires pour résoudre la crise financière. Paulson s'engage tout de même à protéger les contribuables américains, et argue que les conséquences seront moindres que si les grands établissements financiers US continuent de s'effondrer et que le crédit se gèle plus encore.
Comme prévu, la SEC a annoncé ce jour une décision d'urgence consistant en l'interdiction temporaire de vendre à découvert plusieurs centaines d'actions financières, près de 800 au total. La SEC agit de concert avec l'autorité britannique de la FSA (Financial Services Authority), qui avait pris les devants hier jeudi. La SEC entend ainsi renforcer la confiance des investisseurs. L'interdiction, effective aujourd'hui, prendra fin à la clôture du 2 octobre à Wall Street, à moins d'une extension de 30 jours maximum. Dans le même esprit, Andrew Cuomo, Procureur général de New York, enquête sur les ventes à découvert jouant la baisse des actions des banques d'affaires.
Parmi les mesures qu'entend développer le Département au Trésor d'Henry Paulson pour répondre à la détresse des marchés financiers US, le gouvernement américain offrira des garanties sur les fonds mutuels. Les garanties viendront du fonds ESF (fonds de stabilisation des échanges) constitué après la crise de 1929. Il s'agit là de protéger des placements parmi les plus sûrs des épargnants américains. Le Trésor disposera pour ce faire de 50 Mds$.
Côté pétrole, le baril de brut pour octobre aligne sa 3ème séance de rebond ce vendredi sur le Nymex américain, désormais sur les 102$. Les espoirs portent cette fois sur l'approche possible de la fin de la crise financière aux États-Unis, grâce au plan attendu du Trésor US et de la Fed qui pourrait restaurer la confiance.
VALEURS EN MOUVEMENT
Washington Mutual (+24%). Les rumeurs se poursuivent concernant la reprise de tout ou partie de la firme Washington Mutual. Le Wall Street Journal croit savoir que la banque Citigroup étudie une offre potentielle sur le Groupe d'épargne et de crédit de Seattle WaMu, citant des proches de la question. Le WSJ ajoute tout de même, prenant les précautions d'usage, qu'il n'est pas assuré que Citigroup effectue une offre sur WaMu. Parmi les autres acquéreurs potentiels cités par le journal, on retrouve Banco Santander, Wells Fargo et JP Morgan Chase. Voilà qui donnerait le choix. Par ailleurs, la FDIC, Federal Deposit Insurance Corporation, aurait fait état de son soutien au PDG de WaMu Alan Fishman, saluant son initiative de recherche d'un acquéreur.
Morgan Stanley (+24%). D'après le Financial Times, le fonds souverain chinois China Investment Corporation (CIC) mènerait actuellement des discussions en vue de l'acquisition d'une participation allant jusqu'à 49% au capital de la banque d'affaires américaine Morgan Stanley. CIC détient déjà 9,9% des parts de la firme new-yorkaise. D'après le FT, John Mack, le PDG de Morgan, préfèrerait vendre une participation à CIC plutôt que de fusionner avec son compatriote Wachovia, très affecté quant à lui par la crise du crédit. CIC, formé l'an passé avec un capital de 200 Mds$ par le gouvernement chinois, constituerait un investisseur de poids suffisant pour rassurer les marchés sur la pérennité de Morgan Stanley... Pourtant, cité par l'agence officielle de presse Xinhua après ce rapport du FT, CIC a aussitôt calmé les ardeurs des marchés. Ainsi, le chinois précise qu'il s'en tiendra à son attitude de prudence vis-à-vis des investissements à l'international. En outre, CIC juge que les deux derniers grands indépendants de la banque d'affaires US, Morgan Stanley et Goldman Sachs, disposent de ratios de capitaux actuellement assez bons, et peuvent faire face seuls à l'adversité actuelle. Sans démentir totalement les rumeurs, CIC veut donc apaiser la spéculation actuelle.
AIG (+12%). L'assureur new-yorkais AIG a confirmé ce jour les rumeurs, annonçant avoir élu Edward Liddy en tant que Président du Conseil d'administration et dirigeant opérationnel, à la place de Robert Willumstad, "sorti" pour sa part sans ménagement par le Département au Trésor des États-Unis. Le gouvernement américain, qui a annoncé cette semaine son plan de sauvetage de l'assureur passant par sa prise de contrôle financière et un octroi de crédit de 85 Mds$, choisit donc Liddy, ancien dirigeant de l'assureur Allstate, pour mener à bien le redressement d'AIG et les cessions, attendues nombreuses, d'opérations et actifs. Stephen F. Bollenbach, principal administrateur indépendant d'AIG depuis quatre mois, reste en place. Par ailleurs, dans une interview au Wall Street Journal, Liddy promet de tenter de conserver le plus possible les activités d'assurance clés d'AIG. Les plans du dirigeant n'auraient donc rien d'une liquidation du Groupe, et "il y aura une compagnie à la fin de tout cela", assure le nouveau PDG.
Oracle (+9%). Bonne surprise hier soir, à Wall Street, sur les marchés technologiques. Ainsi, le californien de Redwood Shores Oracle, géant des logiciels d'entreprises, a publié des comptes du 1er trimestre fiscal 2009 supérieurs aux attentes de marché. Oracle a affiché un résultat net de 1,08 Md$ en GAAP, soit 21 cents par titre, contre 840 M$ et 16 cents par action l'an passé. Le bénéfice net flambe donc de 28% (+19% à changes constants). Le bénéfice opérationnel trimestriel augmente de 25% à 1,52 Md$ (+18% à changes comparables). Les revenus totaux atteignent 5,3 Mds$, en croissance de 18% (+14% à changes constants). Les revenus software GAAP ont progressé de 20% à 4,2 Mds$, avec des revenus de licences nouvelles software en hausse de 14% à 1,2 Md$. Les revenus de mises à jour et support produit de licences software, en GAAP, ont progressé de 23% à 2,9 Mds$. Les revenus GAAP de services, enfin, se sont appréciés de 9% à 1,2 Md$. La marge opérationnelle GAAP a augmenté de 170 points de base à 29%. En non-GAAP, le bpa trimestriel a grimpé de 32% à 29 cents et le bénéfice net a affiché également un bond de 32% à 1,5 Md$. Les revenus non-GAAP totaux ont augmenté de 18% à 5,4 Mds$. De quoi réjouir et satisfaire amplement le dirigeant emblématique du Groupe Larry Ellison, qui souligne aussi les niveaux élevés de parts de marché.
Blackstone (+1,8%). Le groupement de 'private equity' comprenant Blackstone Group, Carlyle Group et Providence Equity Partners a annoncé ce vendredi qu'il avait retiré sa proposition chiffrée à 3,5 Mds$, 1,9 Md£, pour le rachat du Groupe d'édition Informa, qui avait repoussé l'offre ce mois.
Cisco Systems (+4,3%). Le numéro 1 mondial de la conception, du développement et de la commercialisation d'équipements réseaux pour Internet, annonce la conclusion d'un accord dans le but d'acquérir Jabber, société de logiciels de messagerie, basée à Denver. Cette acquisition permettrait à Cisco d'augmenter son offre de services de messagerie. Les termes financiers de l'opération ne sont pas précisés, cette dernière se finalisera durant le premier semestre fiscal 2009 de la société Cisco.








