Clôture Wall Street : Nasdaq -5,07%; Dow Jones -5,56%
(Boursier.com) -- Wall Street termine en forte baisse ce soir après s'être effondré à l'approche de la clôture. La séance a, une nouvelle fois, été extrêmement volatile, dans le sillage de la chute des places européennes et asiatiques. Les statistiques du jour sont apparues, de nouveau, déprimées, à l'image des chiffres du chômage. Le Dow Jones chute de 5,56% à 7.552 pts et le Nasdaq recule de 5,07% à 1.316 pts. Les indices américains sont fortement repartis à la baisse après l'annonce, par Harry Reid, d'une absence de réponses concrètes face à la crise du secteur automobile.
ECO/DEVISES
Lors d'une conférence de presse à Washington, le chef de la majorité démocrate au Sénat américain, Harry Reid, a déclaré ce soir qu'aucun plan n'était viable pour l'instant, pour venir en aide au secteur automobile. Les démocrates ont préféré remettre au mois prochain les discussions sur un éventuel plan d'aide de l'industrie automobile. Néanmoins certains républicains et démocrates ont réussi à se mettre d'accord sur un programme d'aide, et ont décidé de le décrire lors d'une prochaine conférence. Reid a déclaré à ce sujet : "ils ont un accord bipartisan, mais c'est leur accord !". A l'annonce de la remise à plus tard des discussions, les indices américains sont repartis à la baisse.
Selon le Département américain au Travail ce jeudi, les inscriptions hebdomadaires nouvelles au chômage se sont inscrites au nombre de 542.000 sur la semaine passée - close le 15 novembre - aux États-Unis, en progression de 27.000 en comparaison de la semaine antérieure. Les inscriptions hebdomadaires ressortent ainsi au plus haut depuis l'été 1992. La moyenne à quatre semaines des demandes d'allocations initiales a grimpé à 506.500, au plus haut depuis le début de l'année... 1983.
L'indice des indicateurs avancés américains du Conference Board publié ce jeudi ressort en forte baisse de 0,8% sur le mois d'octobre 2008, ce qui traduit des perspectives de contraction économique, ou au moins de fort "ralentissement", à court terme aux États-Unis. Le recul prononcé de l'indice d'octobre est expliqué notamment par les prix des actions, les permis de construire, les anticipations des consommateurs et l'indice des livraisons fournisseurs, qui ont contribué négativement à l'indice général. Le Conference Board ajoute que l'indice aurait été significativement plus faible, depuis deux mois, sans le spread de taux et la masse monétaire réelle. Entre avril et octobre 2008, l'indice des indicateurs avancés US a décliné de 2,4% (un rythme annuel de -4,7%). Il a chuté ainsi considérablement plus vite que les -1,2% des six mois précédents. En outre, la faiblesse des indicateurs avancés est restée étendue durant les mois récents.
L'indice d'activité manufacturière de la région de Philadelphie, le "Philly Fed", mesuré par la Fed locale, est ressorti cette fois négatif de 39,3 en novembre 2008, contre -37,5 en octobre. Après le plongeon du mois passé, depuis un niveau de 3,8 en septembre, l'indice s'enfonce donc encore légèrement. Rappelons qu'une lecture inférieure à zéro traduit la contraction de l'activité. Le sous-indice des commandes nouvelles en novembre a été de -31,4, contre -30,5. L'indice des livraisons, inchangé, a été de -18,8. L'indice de l'emploi a régressé à -25,2, contre -18. L'indice des prix payés est ressorti négatif de -30,7, contre 7,2 le mois précédent.
A New York, le baril WTI ne vaut plus que 48,7$.
VALEURS DU JOUR
General Motors (+3,3%). Les patrons des " Big Three " sont repartis les mains vides de Washington ! Après deux jours d'audition, les dirigeants des 3 grands constructeurs automobiles américains n'ont pas convaincu le Congrès de leur fournir 25 Milliards de Dollars d'aide d'urgence. Faute d'accord sur ce plan de soutien avant la fin de la semaine, le vote du texte risque d'être repoussé sine die, augmentant ainsi les craintes de faillite pour un ou plusieurs des grands constructeurs, General Motors, Ford et Chrysler. Beaucoup d'élus américains, notamment dans le camp Républicain, estiment que les maux de l'industrie automobile sont dûs avant tout à une mauvaise gestion de leurs dirigeants depuis des années et renâclent à l'idée de sauver ces "canards boiteux". Pourtant, les dirigeants des 3 groupes n'ont pas hésité à parler de "catastrophe" pour l'économie américaine en cas de faillite de l'un d'entre eux, qui pourrait entraîner jusqu'à 3 millions de pertes d'emplois aux USA. Un effet d'autant plus dévastateur que les "Big Three" partagent les mêmes fournisseurs (pour 90% de leurs pièces), qui joueraient eux aussi leur survie, en cas de faillite d'un de leur gros clients...
Ford (+10,3%), General Motors et Chryler ont déjà obtenu en septembre du Congrès la promesse de prêts de 25 Mds$, destinés à mettre au point des voitures écologiques. Mais ces fonds ne sont pas encore débloqués et, face à l'effondrement des ventes automobiles, les constructeurs estiment avoir besoin de 25 Mds$ supplémentaires pour financer leurs opérations courantes, dont 10 à 12 Mds$ pour GM, 7 à 8 Mds$ pour Ford et 7 Mds$ pour Chrysler. Or aucune majorité ne s'est dessinée jusqu'à présent pour débloquer cette enveloppe supplémentaire (surtout si elle est ponctionnée sur les 700 Mds$ promis aux banques), ni sur la possibilité de réorienter à d'autres fins les 25 Mds$ promis pour le développement de voitures propres. Si le Congrès déclare forfait dans les prochains jours, la balle sera alors dans le camp de la Maison Blanche qui a le pouvoir de débloquer des fonds d'urgence... Faute de quoi, il faudra attendre deux mois, et la prise de fonction du nouveau président, Barack Obama avant de reprendre le dossier. Un délai que de nombreux observateurs estiment dangereusement long pour les constructeurs malades...
PetSmart (+11,4%), spécialiste des produits et services animaliers, a publié hier soir ses comptes du 3ème trimestre 2008. Le groupe basé à Phoenix a affiché des profits de 35,8 M$ soit 28 cents par titre, contre 29,5 M$ et 23 cents sur la même période, l'année précédente. Les ventes ont augmenté de 12,1% à 1,3 Md$ avec une croissance de 5,4% à magasins comparables. Pour le 4ème trimestre 2008, la compagnie attend un bpa compris entre 59 et 62 cents par titre, ainsi que des ventes en croissance de 1-5% à magasins comparables. Sur l'ensemble de l'exercice, le management prévoit un bpa compris dans la fourchette 1,49-1,52$, sur une progression de l'activité à magasins constants de 1-5% et une marge opérationnelle en repli de 20 à 30 points de base.
Limited Brands (-5,9%). Le détaillant de Columbus, Ohio, Limited Brands (Victoria's Secret), qui officie dans les vêtements, la lingerie, les produits de soin et de beauté (...), a dévoilé hier, après la clôture américaine, ses comptes du 3ème trimestre fiscal 2008. Le Groupe a affiché un résultat net de 4,2 M$ et 1 cent de bpa dilué, contre un profit de 12,1 M$, 3 cents par titre, sur le trimestre comparable de l'année antérieure. Le bénéfice opérationnel trimestriel est ressorti à 41,2 M$, contre 61,1 M$ un an avant. Les ventes ont totalisé 1,84 Md$, contre 1,92 Md$ sur le même trimestre, l'an dernier. Hors éléments, le bpa aurait été de 1 cent également sur le trimestre clos, contre une perte de 1 cent un an avant. Limited table désormais sur un bpa du 4ème trimestre 2008 allant de 85 cents à 1$, contre 94 cents affichés l'an dernier hors éléments. Pour l'exercice 2008, le bpa est maintenant estimé entre 1,20 et 1,35$, hors éléments significatifs favorables de 20 cents au titre du 1er semestre, contre 1,21$ l'an passé (hors 68 cents d'éléments "favorables"). Il s'agit d'une révision en baisse de la guidance annuelle.
Ambac (+65,7%). Le rehausseur de crédit new-yorkais Ambac Financial a précisé hier soir être parvenu à un accord avec ses contreparties afin de réduire de 3,5 Mds$ son exposition sur des CDOs à risques et des produits "mortgage backed". Ambac améliore ainsi sa position de capital, après cet accord dans le cadre duquel il a tout de même réglé 1 Md$. Ainsi, le Groupe pourra effectuer des ajustements positifs sur ses réserves. David Wallis, le PDG d'Ambac, se réjouit ainsi de cette action positive du point de vue du bilan. Mercredi, l'agence de notation financière Standard & Poor's avait plombé la valeur en clôture (-33%), dégradant ses notations de la maison-mère et de sa branche d'assurances. La note de solidité financière d'Ambac Assurance était ramenée à "A", en baisse de trois crans mais encore en catégorie d'investissement. Justement, S&P citait, justifiant sa décision, l'exposition de l'unité d'Ambac aux collateralized debt obligations (CDOs) liées au segment mortgage résidentiel américain. S&P déclassait aussi sa note de dette senior d'Ambac Financial, le holding, de "A" à "BBB", avec une perspective négative indiquant la possibilité d'une sanction supplémentaire.
Intuit (+0,2%). La firme de Mountain View, Californie, Intuit, active dans les solutions de gestion financière et fiscale à destination des petites et moyennes entreprises, consommateurs et professionnels, a publié hier soir ses comptes du 1er trimestre fiscal 2009. Les revenus ont été de 481 M$, en progression de 8%. La perte nette a atteint 52,1 M$, 16 cents par titre, contre un déficit de 20,8 M$ et 6 cents par action l'an dernier, à la même époque. La perte opérationnelle GAAP des opérations continues a été de 76 M$, contre 103 M$ l'an dernier. En non-GAAP, la perte opérationnelle est ressortie à 29 M$, contre 56 M$ l'an passé. Pour le second trimestre fiscal 2009, Intuit table sur des revenus de 860 à 880 M$ en hausse de 3-5%, un bénéfice opérationnel non-GAAP de 205 à 219 M$, et un profit opérationnel GAAP allant de 145 à 159 M$. Le bpa dilué non-GAAP est attendu entre 40 et 42 cents, et le bpa dilué GAAP entre 30 et 32 cents. Le Groupe réduit enfin sa guidance annuelle. Les revenus de l'exercice sont attendus entre 3,26 et 3,38 Mds$, en hausse de 6-10%. Le profit opérationnel non-GAAP est estimé entre 933 et 970 M$, en augmentation de 9 à 13% et le bénéfice opérationnel GAAP entre 705 et 742 M$. Le bpa dilué non-GAAP est espéré entre 1,82 et 1,89$, en croissance de 14-18%, et le bpa GAAP est estimé entre 1,38 et 1,45$.
General Electric (-11,1%). D'après le Financial Times Deutschland ce jeudi, le colosse industriel américain General Electric serait en discussions actuellement avec quatre fonds souverains asiatiques en vue de levées de capitaux. Les négociations impliqueraient CIC (China Investment Corporation), The Government of Singapore Investment Corporation, Temasek Holdings, mais aussi China Safe Investments. GE a démenti cependant ces rumeurs ce jeudi, disant juste discuter de partenariats en Asie.
General Motors. GMAC Financial Services, détenu par le Groupe de private equity Cerberus Capital Management et par le colosse automobile de Detroit General Motors, a inscrit sa demande auprès de la Fed américaine pour obtenir le statut de holding bancaire. Ceci permettrait à la firme de pouvoir bénéficier du plan de sauvetage industriel de 700 Mds$ de l'administration US. GMAC, qui fournit financements automobiles et mortgage, entend ainsi renforcer ses positions de capitaux. La branche financière de GM lance par ailleurs des offres pour refinancer la dette de ses entités, dont Residential Capital. GMAC avait affiché au 3ème trimestre 2008 une perte creusée à plus de 2,5 Mds$, contre 1,6 Md$ un an plus tôt. Les revenus de GMAC, à 1,7 Md$, ont décliné d'un quart en glissement annuel. Les conditions de crédit ont affecté les comptes, alors que la division mortgage ResCap a encaissé 1,9 Md$ de déficit. GMAC est détenu à 51% par Cerberus, actionnaire de contrôle de Chrysler, et à 49% par General Motors.
Citigroup (-26,4%). Le Prince et homme d'affaires saoudien Al-Walid ben Talal ben Abdul Aziz Al Saoud a précisé ce jeudi qu'il allait augmenter sa participation au sein de la banque new-yorkaise Citigroup, particulièrement malmenée en bourse depuis l'annonce d'un plan de réductions d'effectifs de 50.000 emplois. L'investisseur saoudien entend porter sa participation à 5% du capital de Citi (contre moins de 4%), et dit soutenir le management actuellement en poste.
GameStop (-14,8%). Le détaillant texan en jeux vidéo, GameStop, annonce ses résultats du troisième trimestre 2008, clos le 1 novembre. Le chiffre d'affaires de la Société sur la période est de 1,69 Milliards de dollars, en hausse de 5,2% par rapport au T3 2007. A périmètre comparable, le CA baisse de 1,8%. Le résultat net de la Société s'affiche à 46,7 Millions de dollars, en recul de 10% par rapport à la même période de l'exercice précédent. Son bpa apparaît ainsi à 0,28$ contre 0,31$ sur le T3 2007 (la Société prévoyait initialement un bpa T3 entre 0,36 et 0,38$). En non-GAAP, le résultat est de 63,3 M$, en hausse de 21%, et le bpa est de 0,38$ en progression de 19%. La Société continue de prévoir un fort quatrième trimestre en termes de résultats et de CA, bien que surement impacté par la baisse de la consommation des ménages. Pour le T4, GameStop anticipe un bpa de compris entre 1,29$ et 1,34$ (entre 1,37 et1,40$ initialement anticipé). Pour l'ensemble de l'exercice, le bpa est prévu entre 2,35 et 2,40$. La Société réduit donc ses prévisions de bpa sur l'exercice 2008, car elle anticipait initialement un bpa entre 2,45 et 2,50$.
VeriFone (-42,8%). Hier soir, après la clôture de Wall Street, le californien VeriFone, leader dans les solutions de paiements électroniques sécurisés, a fourni en effet des prévisions prudentes pour le 4ème trimestre et l'exercice fiscal 2008. Les revenus du T4 clos fin octobre sont évalués entre 244 et 246 M$, inférieurs à la guidance de septembre. Les revenus de l'exercice sont estimés par conséquent entre 922 et 924 M$. En fin de trimestre, l'incertitude et les difficultés de l'économie globale et des marchés financiers ont impacté en effet la demande des produits VeriFone sur toutes les zones géographiques, explique le Groupe, soulignant aussi la volatilité des taux de changes. Robert R. Dykes, le directeur financier, s'attend à ce que la période d'incertitude persiste jusqu'à ce que "la confiance financière revienne sur le marché". Le Groupe met pour l'heure l'accent sur la réduction des dépenses opérationnelles. Le bénéfice net non-GAAP par action sur le T4 est attendu entre 18 et 20 cents. Le bpa net non-GAAP annuel est évalué entre 73 et 75 cents.
JP Morgan Chase chute de 17,8% ce soir à Wall Street, et s'échange désormais autour des 24 dollars. Une personne proche du dossier a annoncé aujourd'hui, que la banque serait sur le point de mettre en oeuvre un plan de réduction d'effectifs concernant 10% de ses postes, soit environ 3.000 personnes. Ce programme concernerait la branche banque d'investissement et sera probablement réalisé avant la fin 2008.
Barnes & Noble (-6,4%). La Société a publié, avant ouverture, ses résultats du T3, clos le 1 novembre 2008. Le chiffre d'affaires de la Société sur la période est de 1,1 Milliard de dollars, en baisse de 4,4% par rapport au T3 2007. Les ventes reculent de 4,4% à 971 M$, et baissent de 7,4% à périmètre comparable. Le CA de Barnes & Noble.com est de 109 M$, en hausse de 2%. La Société affiche sur le T3 une perte nette de 18,4 M$ (0,34$ par action), contre un bénéfice net de 4,3 M$ sur le T3 2007. Pour le T4, la Société anticipe un CA en baisse de 6 à 9% à périmètre comparable. Le bpa est prévu entre 1,4$ et 1,7$. Sur l'ensemble de l'exercice, la Société anticipe un CA en baisse de 5 à 6 % à périmètre comparable, et un bpa compris entre 1,3$ et 1,6$ (entre 1,7$ et 1,9$ anticipé initialement). En marge de la publication, Barnes & Noble annonce le versement d'un dividende trimestriel de 0,25$ par action, le 31 décembre, aux actionnaires enregistrés avant 10 décembre.






