23/11/2009Augmenter le texteRéduire le texteImprimerEnvoyer par emailEntretien avec Philippe Gas
Président d'EuroDisney«Nous avons malgré tout connu un record de fréquentation de nos parcs, avec 15,45 millions de visiteurs»- Boursier.com : Comment expliquez-vous la baisse de votre chiffre d'affaires, alors que les parcs Disney connaissent une fréquentation record ?
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P.G. : La baisse du chiffre d'affaires s'explique par trois tendances, qui ont très rapidement émergé depuis le début de l'année fiscale 2009... D'abord, des réservations tardives, très proches de la date de départ des consommateurs. Ensuite, une clientèle beaucoup plus locale, avec des gens qui voyagent moins loin et moins longtemps. Enfin, une hypersensibilité aux prix, avec la recherche de la bonne affaire et un nombre croissant de promotions qui ont poussé les acteurs du tourisme à s'aligner. Nous avons donc dû nous adapter, proposer davantage d'offres. Nous avons malgré tout connu un record de fréquentation de nos parcs, avec 15,45 millions de visiteurs et un taux d'occupation des hôtels à 87%, ce qui est très fort dans ce contexte économique...
- Boursier.com : Pouvez-vous dresser un classement des visiteurs les plus présents selon leur nationalité ?
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P.G. : La France confirme sa première place avec près de 48% de nos visiteurs, devant la Grande-Bretagne et l'Espagne...
- Boursier.com : Atteignez-vous une saturation du parc avec 40.000 visiteurs par jour en moyenne ?
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P.G. : Les parcs ne termineront jamais de se développer et c'est notre clef pour traverser la crise... Nous lancerons à l'été 2010 trois nouvelles attractions sur le thème de Toy Story, un des films d'animation de Disney, pour accompagner notre popularité.
- Boursier.com : Quelle est aujourd'hui la part des visiteurs du parc Disney Studio ?
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P.G. : Nous vendons des forfaits globaux qui permettent aux clients de passer d'un parc à l'autre et nous ne mesurons pas réellement la performance de chacun d'entre eux... En revanche notre stratégie depuis 2005 est de développer l'offre dans le parc Walt Disney Studio, avec de nouvelles attractions majeures, notamment les trois prochaines en 2010.
- Boursier.com : Le résultat net est dans le rouge, est-ce lié à la baisse de chiffre d'affaires qui n'a pu être compensée par la réduction des coûts ?
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P.G. : Nous observons en effet une baisse de la dépense moyenne par visiteur de 5%, dans le parc comme dans les hôtels. C'est ce qui impacte notre résultat d'exploitation. En parallèle, nous avons mis en place des mesures de contrôle des coûts, avec l'impératif de ne pas compromettre la qualité. Avec des volumes en hausse, cela nécessite des moyens...
- Boursier.com : Quelles seront vos prochaines mesures pour contrôler les coûts ?
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P.G. : Il est toujours possible de jouer sur les horaires d'ouverture du parc, des boutiques, des restaurants, en fonction de l'occupation, ce qui permet de réguler le personnel. L'autre élément est le report d'investissement en réhabilitation des produits qui ne sont pas urgents... Nous travaillons aussi sur notre 'sourcing', qui peut apporter des éléments très positifs en 2010.
- Boursier.com : Y a-t-il un gros potentiel de développement immobilier avec les hectares de terrains situés autour du parc?
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P.G. : Il y a un gros potentiel avec 2.000 hectares à développer dans le cadre de l'accord que nous avons signé avec l'Etat en 1987. Nous sommes en train de finaliser la troisième phase de notre plan... Nous travaillons en phase avec le gouvernement et les partenaires locaux sur ce point. Les revenus liés au développement immobilier représentent environ 2% du chiffre d'affaires de la société, mais nous y restons attentifs, surtout pour le développement de bureaux, puisque nos prix sont plus attractifs qu'à Paris ou à la Défense.
- Boursier.com : Quels sont vos objectifs pour l'exercice qui démarre ?
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P.G. : L'objectif est de faire une meilleure performance en termes de chiffre d'affaires, donc de tirer les enseignements de l'année passée. Nous avons été impactés par la crise dès le mois d'octobre et nous avons dû être réactifs... Nous avons aujourd'hui la capacité de mettre en place des produits et des offres avec un niveau de discount moins important, mais avec une valeur ajoutée pour les consommateurs. La Grande-Bretagne, par exemple, est impactée par la crise et par le taux de change entre l'euro et la livre. C'est un pays dans lequel les consommateurs veulent plus de prévisibilité sur ce qu'ils vont dépenser sur le site. Nous allons donc lancer dans quelques semaines un programme de pension complète pour leur permettre de connaître le prix des entrées, des restaurants, du transport, soit 95% des dépenses, pour les rassurer.
- Boursier.com : Ressentez-vous un frémissement depuis la rentrée ?
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P.G. : Les tendances sont les mêmes, avec quelques frémissements sur le marché espagnol. Mais il est encore un peu tôt... Je pense que le premier semestre 2010 sera très proche de celui de 2009.
Christophe Voisin
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