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Interview
Olivier Piou27/05/2005Augmenter le texteRéduire le texteImprimerEnvoyer par email

Entretien avec Olivier Piou

Directeur Général d'Axalto«Le premier semestre 2005 sera meilleur que la première partie de l'année 2004»
Boursier.com : Axalto a connu un début d'année 2005 encore très dynamique avec un chiffre d'affaires en croissance de 17% au premier trimestre. Cela augure-t-il d'une nouvelle amélioration des marges ?
O.P. : La forte croissance dans les cartes SIM observée au premier trimestre (+50% en volume) et les nouveaux contrats liés à l'exploitation de notre portefeuille de brevets autorisent à penser que les résultats seront en progression. Ces deux activités sont en effet les plus rentables et leur accroissement respectif dans notre chiffre d'affaires (une tendance qui se poursuit actuellement) améliore la profitabilité. Le premier semestre 2005 sera donc meilleur que la première partie de l'année 2004, en terme de chiffre d'affaires et de marge opérationnelle.
Boursier.com : Doit-on s'attendre à un différentiel entre la marge du premier semestre et celle du second comme en 2004 (6,5% au S1 et 11% au S2) ?
O.P. : Oui, car il y a plusieurs éléments structurels qui conditionnent chaque année un premier semestre moins rentable et une marge plus élevée au second. Il n'est pas surprenant de trouver quelques points d'écart entre ces deux périodes. Chaque début d'année il y a par exemple une réévaluation des stocks de puces dans les comptes, dont l'impact est inversement proportionnel aux nouvelles conditions d'achat favorablement négociées. Les contrats annuels avec certains clients entrent également en vigueur en début d'année, alors que nos gains de productivité atteignent leur maximum au cours de l'année.
Boursier.com : Quelles sont vos perspectives d'évolution du chiffre d'affaires par branche d'activités sur l'ensemble de l'exercice 2005 ?
O.P. : Dans les cartes SIM et les terminaux de paiement nous visons un taux de croissance à deux chiffres. Dans les cartes bancaires, la croissance devrait plutôt être à un chiffre, similaire au marché, car notre record en 2004 a créé une base de comparaison très élevée. La performance de la division secteur public est susceptible de "booster" les ventes, mais cela dépendra du résultat de certains appels d'offres en cours.
Boursier.com : Et à quoi peut-on s'attendre en terme de marges ?
O.P. : Je pense que nous avons un avantage sur nos concurrents en terme de coût de structure et de management, et d'efficacité de nos dépenses de R&D. Nous sommes déterminés à rester cette année encore le meilleur élève de la classe en terme de rentabilité. L'inconnue reste l'évolution des devises, sachant que nous sommes sensibles à la baisse du dollar par rapport à l'euro. Globalement une appréciation de 10% de l'euro/dollar nous fait perdre un peu plus de 1% de marge d'exploitation.
Boursier.com : Quels sont les grands contrats susceptibles d'influencer la division identité et sécurité ?
O.P. : Aux Etats-Unis, nous attendons le résultat des tests des passeports électroniques américains qui sont fait par l'imprimerie nationale américaine (GPO). En Europe, nous venons juste d'être sélectionné pour la fourniture des visas électroniques pour les pays de l'espace Schengen dans le cadre de la première expérimentation de ce programme. Nous y participons en consortium avec Sagem qui s'occupe des données biométriques.
Boursier.com : Pouvez-vous nous en dire plus sur l'appel d'offre des passeports américains et le potentiel de ce contrat alors qu'un des candidats (Supercom) vient d'être disqualifié ?
O.P. : Entre 7 et 10 millions de passeports sont produits chaque année aux Etats-Unis. Le gouvernement espère produire plus d'un million de passeports électroniques dès 2005. Et en 2006, tous les passeports délivrés devraient être électroniques. Il s'agit d'un marché à forte valeur ajoutée. Nous pensons que le gouvernement ne sélectionnera pas un seul groupe mais deux ou trois. Dans les deux cas de figures, l'un d'entre eux devrait avoir un gros morceau du contrat (autour de 60-70%).
Boursier.com : Certains analystes craignent un ralentissement de la croissance observée dans les cartes SIM en 2005 sur certains pays émergents. Cela constitue-t-il une menace pour vous ?
O.P. : La force d'Axalto est d'avoir une répartition géographique bien équilibrée pour ne justement pas être menacé par une panne de croissance sur certaines zones. Cette année, seule la Chine me paraît connaître un ralentissement notable, à la fois pour des raisons structurelles et passagères. Malgré son importance, elle ne représente que quelques % de notre chiffre d'affaires. La plupart des pays à forte population comme l'Inde, où le taux d'équipement en téléphones mobiles n'est actuellement que d'environ 3%, restent très prometteurs. Il est très important pour nous d'être présents en priorité dans les pays les plus peuplés du monde.
Boursier.com : Comment évolue le prix des cartes SIM cette année ?
O.P. : Le prix de nos cartes SIM devrait encore s'éroder de 10 à 15% cette année (-13% en 2004). Cette évolution est compensée par l'amélioration du 'mix-produit' avec plus de cartes haut de gamme vendues, des gains de productivité, et des économies sur les achats. Nous devrions par exemple acheter cette année plus de 400 millions de microprocesseurs auprès des fabricants de semi-conducteurs, avec des économies d'échelle à la clé dans un contexte où les prix sont déjà bas sur les puces.
Boursier.com : Le capital d'Axalto se caractérise par un flottant de 100%, pouvez-vous nous en dire plus sur sa composition ?
O.P. : Aucun actionnaire n'a déclaré de franchissement de seuil depuis l'introduction en bourse en mai 2004, le premier seuil étant à 5%... A l'introduction, environ 50% des investisseurs institutionnels présents au capital étaient français, 25% allemands et 25% anglo-saxons. Aujourd'hui, la part des anglo-saxons a augmenté, d'autant que beaucoup sont entrés lors de la cession par notre actionnaire historique, Schlumberger, du solde de sa participation (12,5% en septembre 2004). Nous avons également pu constater lors de la dernière Assemblée Générale du 11 mai dernier que les salariés détenaient environ 1% du capital d'Axalto.

Olivier Cheilan
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