13 réactionsAugmenter le texteRéduire le texteImprimerEnvoyer par emailEADS : "les Européens sont tout à fait légitimes à demander des explications aux Américains" (Gallois)
(Boursier.com) -- Ce matin sur RTL, Louis Gallois est revenu sur l'appel d'offre "biaisé", le contrat du siècle évalué à un montant de 35 Milliards de Dollars (25,5 MdsE) sur les avions ravitailleurs l'US Air Force et la décision de changer, en cours de partie, les règles afin de favoriser le grand rival américain d'EADS : Boeing. "Je ressens une énorme frustration !" a dit Louis Gallois qui poursuit : "Nous travaillons sur cet appel d'offres depuis 5 ans avec Northrop, notre partenaire américain. Ce travail nous a conduit en 2008 à gagner cet appel d'offres. (...) Il a été annulé pour des questions juridiques, qui n'ont rien à voir avec la qualité de l'avion qui a été reconnu comme étant le meilleur. Là, on nous représente un appel d'offres qui donne un avantage décisif à l'avion de Boeing, qui est plus petit que le nôtre et moins capable, moins moderne !"
La réponse à l'appel d'offres américaine étant à formuler avant le 10 mai 2010, le DG d'EADS ne pense pas possible de pouvoir formuler de nouvelle proposition dans les 2 mois à venir. Pour participer équitablement à la compétition outre-Atlantique, il faudrait bien plus de temps explique Louis Gallois : "La décision de se retirer a été prise par Northrop qui était le maître d'oeuvre, et qui connaît bien la manière dont marchent ces contrats aux Etats-Unis. Si nous voulons rester, il faudrait trouver un autre partenaire américain, parce qu'il nous faut un partenaire américain. Dans cet avion il y a des matériels extrêmement sensibles que nous ne pouvons pas apporter nous-mêmes. Donc, il nous faut un partenaire américain. En 60 jours, trouver un nouveau partenaire et monter une affaire me paraissent très improbables. Peut-être que les Américains décideront de prolonger l'appel d'offres. On ne sait jamais ! Je ne veux pas préjuger de l'avenir".
Alors que le Président Sarkozy a fait savoir que lors de sa visite aux Etats-Unis, le 31 mars 2010, il évoquera le sujet avec Barack Obama, Louis Gallois estime "légitime d'exprimer la déception de l'Europe". Alors que l'appel d'offres gagné en 2008, puis annulé, "paraissait équitable", "cette fois-ci, il est biaisé !" pense Louis Gallois. En conséquence, "les pays européens sont tout à fait légitimes à demander des explications aux Américains pour savoir comment cette affaire s'est passée ; et pourquoi elle prend cette tournure..."
Sur le plan financier, la décision prise par Northrop de renoncer a formuler toute offre n'aura pas de "conséquences financières immédiates" dit Louis Gallois qui précise : "C'est à peu près 15 avions par an. Nous en produisons 500, donc ce n'est pas quand même quelque chose qui perturbe les équilibres d'EADS". En revanche, ce repli du leader européen de l'aéronautique a davantage d'impact stratégique pour le groupe. Ce contrat aurait permis à EADS "d'installer aux Etats-Unis une chaîne d'assemblage, donc de devenir un avionneur américain, ce qui était très important pour nous. Ceci ne pourra pas se faire, puisque nous n'aurons pas ces avions à construire" a conclu Louis Gallois.







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