1 réactionAugmenter le texteRéduire le texteImprimerEnvoyer par emailEADS : des actionnaires de BAE Systems voudraient intenter un procès
(Boursier.com) -- D'après un article paru aujourd'hui dans le quotidien "The Times", citant des sources proches de BAE Systems, certains actionnaires du groupe britannique se mobilisent pour intenter un éventuel procès à EADS après que des problèmes de production révélés tardivement ont entraîné une nette dévalorisation d'Airbus juste au moment où BAE engageait la cession de sa participation.
Détenant 20% du capital d'Airbus, BAE Systems a exercé le 7 juin dernier une option en vue de revendre cette participation à EADS, pour un prix à déterminer sous quatre semaines. Le 13 juin, Airbus annonçait à la surprise du marché un nouveau retard sur l'A380 entraînant un décalage de sept mois environ des premières livraisons et provoquant la chute boursière d'EADS, les investisseurs révisant en baisse leur estimation de la valeur d'Airbus, le principal actif de la société européenne d'aéronautique et de défense.
EADS et BAE Systems ne parvenant pas à s'entendre (EADS avait qualifié "d'astronomique" la première proposition du britannique) une banque d'affaires désignée conjointement, Rothschild, a été mandatée pour donner une estimation indépendante. La banque a valorisé les 20% d'Airbus à 2,75 milliards d'euros, un niveau très largement inférieur aux estimations et a fortiori aux espoirs de BAE Systems.
D'où le courroux de certains actionnaires de référence de BAE Systems, furieux que le groupe britannique n'ait pas été tenu au courant des retards du projet A380. Dans un communiqué officiel du 14 juin dernier, BAE Systems laissait percer, "understatement" britannique bien compris, tout son mécontentement de n'avoir pas été informé plus tôt.
S'il s'avère que des dirigeants clés de EADS ont tu, pour une raison ou une autre, les informations sur le probable décalage des livraisons de l'A380, BAE Systems pourrait arguer qu'il n'aurait jamais exercé son option de vente quelques jours que ce retard ne soit officiellement annoncé, sachant que cela jouerait forcément négativement sur la valeur d'Airbus. Cet argument pourrait donc servir de base à une action en justice, à en croire le Times.
BAE Systems comptait bien sur une rentrée d'argent conséquente pour passer à la vitesse supérieure sur le marché de la défense aux Etats-Unis avec un rachat d'envergure (Computer Sciences, par exemple ?) et peut être même pouvoir, en sus, verser un dividende exceptionnel.
D'autres actionnaires, rapporte toutefois le journal, seraient plutôt d'avis d'avaler la couleuvre et de vendre au prix proposé par Rothschild, c'est-à-dire n'empocher au bout du compte qu'un produit net de 1,65 milliard d'euros, plutôt que de traîner encore le boulet Airbus qui pourrait s'alourdir encore dans l'hypothèse d'un remaniement du projet A350/A370.
Mais BAE Systems a tout intérêt à laisser planer la menace d'un procès, ne serait-ce que pour inciter EADS à plus de générosité.
Du reste, paradoxalement, la valeur estimée par Rothschild a sans doute surpris EADS, et pourrait même se révéler gênante pour le groupe européen. L'estimation de la banque valorise la totalité d'Airbus à 13,75 milliards d'euros. Airbus représentant l'essentiel de l'activité d'EADS (environ 80% de ses revenus), cette estimation implique un décote sur le cours actuel d'EADS encore plus substantielle qu'aujourd'hui ! Ce qui ne devrait pas échapper aux dirigeants...
En réalité, un prix de 3,5 à 4 milliards d'euros serait peut être le compromis idéal tant pour BAE Systems que pour EADS.







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