DernierVariationFourchetteOuverturePlus hautPlus basVolume
4,85- 1,02 %4,42 / 4,744,884,884,35741
Cotation du 21/11/2008 à 12h59NYSE Euronext
Rendement '*': NC Prochaine date : 11/02/09
Conseil introduction
Notre Avis : positif02/03/2007 à 13h30

Un nouvel opérateur alternatif sur l'Eurolist

(Boursier.com) -- Alternative. Le premier opérateur télécoms alternatif des départements et régions d'outremer (DROM) s'introduit en bourse. Le groupe, fort d'un chiffre d'affaires de 78,4 Millions d'Euros en 2005 (et de 123,50 ME estimé en 2006), revendiquait à fin 2006 141.000 clients actifs en téléphonie fixe, 37.186 abonnés ADSL et 128.000 abonnés mobile, en Guyane, Martinique et Guadeloupe. L'offre mobile a été étendue fin 2006 à Mayotte et le sera en ce début d'année à La Réunion. Comme les opérateurs en place depuis plus longtemps dans l'hexagone, la société entend développer la convergence de ses offres, en faisant évoluer ses structures. Au 30 juin dernier (source IDATE), la part de marché d'Outremer Telecom ressortait dans les DROM à 28,2% dans le haut débit, 20,9% dans la téléphonie mobile en Guyane et 11% aux Antilles. Les offres sont désormais unifiée sous la marque "Only", en s'appuyant sur des tarifs avantageux et en jouant de manière assumée la carte locale. La société envisage de proposer des offres professionnelles (entreprises et collectivités), pour concurrencer les 3 acteurs en place, France Telecom, Digicel et SRR.

Des coûts à lisser. En 2005, Outremer Telecom a généré 78,43 ME de ventes pour 8,78 ME de résultat opérationnel avant dotations aux amortissements (ROAA), un solde couramment utilisé dans la profession qui fait ici ressortir une marge de 11,2%. Du fait de 12 ME de dotation aux amortissements, la société affichait cependant une perte opérationnelle de 3,21 ME. Au terme de l'exercice 2006, Outremer Telecom a donné une estimation de ses comptes annuels : l'opérateur estime avoir généré 123,5 ME de ventes (+57,5%, provisoire donc) et environ 20 ME de ROAA, soit une marge de 16,2%. On notera que la rentabilité a nettement reculé entre 2004 et 2005, du fait d'achats externes en forte progression. Cela s'explique, selon la société par des frais réseaux supérieurs et des coûts commerciaux accrus, en particulier avec le réseau ADSL et le lancement du réseau mobile guyanais. Ce sont les démarrages qui ont pesé, ce que le management analyse comme un phénomène conjoncturel. La dette financière au 30 novembre 2006 avait progressé à 114,8 ME.

Lissage du bilan. Le groupe estime pouvoir au moins doubler son chiffre d'affaires entre 2005 et 2008 (soit de 78,40 à environ 157 ME) et générer un free cash flow positif en 2007, pour une marge de ROAA de 30% environ à l'horizon 2008, soit de l'ordre de 47 ME. Cependant, Outremer Telecom précise que ces chiffres ne sauraient être utilisés comme une base d'estimation des résultats futurs, comme c'est désormais la règle dans le cadre des introductions en bourse. De la même façon, elle ne donne pas non plus de projections de bénéfices. L'opération d'entrée en bourse, qui sera réalisée dans la fourchette 17 à 19,75 euros et porte sur 1.768.530 actions nouvelle et 5.200.000 actions existantes, devrait permettre de générer 118,5 à 137,6 ME (157 ME en cas d'exercice intégral de la sur-allocation). Grâce à cette manne, dont environ 53 ME lui revenant, la société réduira sa dette d'acquisition et la dette opérationnelle pour quelques 25 ME, renforcera ses fonds propres de 25 à 30 ME et couvrira ses frais d'entrée en bourse et de restructuration.

Levier sur le cash. Sur la base de l'endettement au 30 septembre, l'entrée en bourse, calculé sur la base du point médian (18,38 euros par action) permettrait de porter les capitaux propres d'Outremer Telecom de 68,4 à 100,9 ME, pour une dette financière réduite de 37,9 à 4,9 ME, en intégrant la conversion des BSA et des OCA. La fourchette d'introduction a été fixée par le conseil d'administration à partir d'informations croisées et d'analyses indépendantes. Elle repose essentiellement sur une valorisation par les flux de trésorerie futurs, car les autres méthodes, notamment comparatives, pouvaient difficilement s'appliquer à la société en phase de forte croissance et déficitaire (les ratios de comparaison sont donc très défavorables). La société estime ce critère comme étant le plus pertinent, car elle prévoit de faire progressivement croître sa génération de cash. Elle dépendra beaucoup du potentiel de croissance, qui apparaît conséquent. En effet, Outremer Telecom évolue sur un marché encore peu équipé mais fortement consommateur (du fait de l'éloignement et d'une population jeune), en offrant une palette complète de services (comme seul France Telecom en propose dans les DROM). De plus, les investissements lourds (51 ME depuis 2004) ont permis de doter l'opérateur d'un réseau en propre. Malgré une valorisation plutôt généreuse, Outremer Telecom dispose d'un réel potentiel de croissance sur un marché prometteur.

Nous préconisons de souscrire, en patientant cependant quelques jours (la clôture de l'offre est programmée pour le 12 mars), car les conditions de marché difficiles actuelles pourraient ponctuellement compliquer la donne.

Arnaud Bivès - ©2007, 2008 www.boursier.com

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