Introduction de Nextradio TV sur le Compartiment B
(Boursier.com) -- Modèle " low cost ". Le modèle "low cost" est désormais déclinable dans n'importe quel secteur économique... C'est en tout cas la référence qu'a choisie Alain Weill, président de NextRadioTV pour singulariser son groupe, au sein du secteur des medias. Tout ce qui ne relève pas du domaine éditorial est ainsi sous-traité... Le groupe poursuit son développement dans ce sens, depuis sa reprise de la radio RMC en 2000. Mais à l'heure actuelle, le grand projet du groupe, c'est le lancement de BFM TV, qui devrait voir le jour dans la deuxième quinzaine de novembre. La chaîne va bénéficier d'une licence pour émettre sur la TNT version gratuite. Le positionnement est toutefois intéressant, alors que LCI a fait le choix du payant sur la TNT et que I-Télé, qui sera en accès gratuit comme BFM TV appartient à un groupe qui, jusqu'à présent, a 'tout misé' sur le paiement.
Projet coûteux. C'est pour financer le projet que le groupe fait aujourd'hui appel au marché. L'opération est en effet coûteuse! Cette chaîne devrait engendrer un déficit cumulé de près de 25 Millions d'Euros sur cinq ans, dont 12 à 13 ME dès sa première année d'exploitation... Au printemps dernier, une première opération de ce type a eu lieu, d'un montant de 10 Millions d'Euros, à un prix un tiers inférieur au bas de la fourchette actuel. Le bilan d'Alain Weill à la tête de son groupe plaide incontestablement en sa faveur : RMC Info, a plus que doublé son audience en quatre ans et triplé son chiffre d'affaires en trois ans, alors que BFM, a renoué avec l'équilibre en 2004, après plus de 10 ans de pertes ! En 2004, le groupe a dégagé un résultat opérationnel courant de 1,8 Million d'Euros pour un chiffre d'affaires de 31,6 ME. Le résultat net est toujours dans le rouge depuis 2000. Le groupe reste toutefois prudents et ne fait aucune prévision chiffrée pour les exercices à venir...
Cher. Entre 17,55 et 20,40 Euros par action, la société est valorisée entre 213 et 248 ME. Cher si on se réfère à l'activité et à la rentabilité de la société... A son avantage cependant : un désendettement total après l'opération. Certes, la montée en puissance du groupe et son potentiel de développement à venir sont séduisants, mais on regrettera toutefois l'absence de prévisions chiffrées de la part de la direction, alors que la bonne santé du groupe va désormais largement dépendre de la réussite du projet BFM TV... Les analystes ont des craintes à ce propos que l'aventure ne se transforme en gouffre financier. Il est vrai que les précédents malheureux ont de quoi faire réfléchir, à commencer par la fermeture très coûteuse de la " 5 " par le groupe Lagardere au début des années 90... Autre temps, autres moeurs, gageons que NextRadio TV saura prendre des risques mesurés et bien calibrés. Le parcours radiophonique réussi d'Alain Weill plaide largement en sa faveur.
Souscrire en bas de fourchette ...







