27 réactionsBourse : M. Trichet fume-t-il la moquette ?
(Boursier.com) -- Edouard Carmignac, de chez Carmignac Gestion, a signé ce mot dans Le Monde daté du 11 octobre, dont nous reproduisons l'intégralité du propos :
"M. Trichet fume-t-il la moquette ? Comment pouvoir autrement prétendre, au terme de la dernière réunion de la BCE, que "la disponibilité du crédit bancaire n'a pas été encore significativement affectée par les tensions prévalant sur les marchés financiers" ?
Que l'on soit aujourd'hui entrepreneur ou simple particulier, la demande d'un crédit nouveau ou même son renouvellement se heurte le plus souvent à une fin de non-recevoir ou à des conditions prohibitives. Le gel du marché du crédit tient à l'extrême défiance des banques entre elles qui de fait les prive de l'accès au marché interbancaire pour refinancer les engagements.
Comment sortir de cette impasse avant qu'elle n'impacte douloureusement l'économie réelle ? Trois pistes me semblent devoir être privilégiées :
* Réduction concertée et radicale des taux d'intérêt directeurs des Banques Centrales des deux côtés de l'Atlantique à des niveaux proches de zéro. La suppression de la rémunération sur les placements sans risque réorientera l'épargne disponible vers le financement de l'économie (obligations, actions) et permettra aux banques de reconstituer leurs marges d'exploitation;
* Assouplissement des règles en matière d'évaluation au prix de marché des actifs financiers. L'application stricte de ce principe incite l'ensemble des établissements financiers (banques, compagnies d'assurances) à ne plus acquérir les instruments de crédit et à protéger leurs encours existants en se dotant d'outils de couverture dont l'émission contribue à son tour à déprécier leur valeur;
* création d'un fonds européen de rachat de mauvaises créances pour un montant significatif (300 à 500 Milliards d'Euros), à l'image de celui prévu par le plan TARP américain. Le coût de cette mesure, prohibitif dans son principe, doit s'avérer raisonnable dans le temps pour peu que les actifs soient acquis et gérés avec discernement. Cette charge doit naturellement être pesée contre celle d'une dislocation du système financier européen et des inévitables nationalisations qu'elle susciterait.
L'heure n'est plus aux atermoiements. La gestion de cette crise exige la prise de mesures en rapport avec sa profondeur, tout en ayant conscience que les retards dans l'intervention en démultiplieront les coûts pour l'ensemble de la collectivité. Dans l'espoir d'être entendu, je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de ma considération choisie."






