Droits de succession

 Exonérations totales au profit de certaines personnes
 Exonérations totales ou partielles de certains biens
Biens imposables et évaluation
 Dettes déductibles
 Abattements
 Barèmes (ou tarifs)
 Réductions de droits
 "Non rappel" des donations de plus de 6 ans


Sauf exonération, l’impôt est calculé sur la part nette (valeur des biens imposables - dettes déductibles) revenant à chaque héritier ou légataire, après abattement et selon un tarif qui diffèrent selon le lien de parenté avec le défunt.

Exonérations totales au profit de certaines personnes

S'’agissant d’une succession ouverte à compter du 22.08.2007, bénéficient désormais d’une exonération totale de droits de succession (mais non de droits de donation) :

  • le conjoint ou le partenaire pacsé survivant,
  • les frères et sœurs, sous certaines conditions cumulatives (au moment du décès, être célibataire, veuf, divorcé ou séparé de corps, être âgé de plus de 50 ans ou infirme, avoir été constamment domicilié avec le défunt au cours des 5 années ayant précédé le décès).

Exonérations totales ou partielles de certains biens

Bois et forêts

Exonération à hauteur de 75 %.

Conditions : certifier que les biens présentent une garantie de gestion durable et s'engager à appliquer cette garantie pendant 30 ans.


Terres agricoles données par bail à long terme ou bail cessible hors du cadre familial

Exonération à hauteur de :

  • 75 % jusqu’à 76 000 €,
  • 50 % au-delà.

Conditions :

  • rester propriétaire des terres durant 5 ans,
  • avoir conclu le bail depuis au moins 2 ans en cas de donation au locataire ou à un proche parent pour la bail à long terme.

Parts de groupements fonciers

Exception faite des civiles foncières, exonération partielle comme les bois et forêts ou les terres agricoles détenus en direct.

Conditions :

  • identiques aux conditions d’exonération des bois et forêts,
  • et le défunt ou donateur devait posséder depuis au moins 2 ans les parts de groupement forestier (GF) ou de groupement foncier agricole (GFA).

Monuments historiques

Exonération totale.

Condition : convention conclue avec les ministres des Finances et de la Culture sur les modalités d’ouverture au public.



Certains logements acquis neufs

Sauf exception, exonération lors de la 1re transmission plafonnée à 46 000 € par part.

Conditions :

  • logement acquis du 01.06.93 au 31.12.94 et affecté à l’habitation principale durant 5 ans dès l’achat,
  • logement acquis du 01.08.95 au 31.12.95 et affecté à l’habitation principale durant 2 ans dès l’achat (sauf décès de l’acheteur), puis durant 3 ans dès la transmission.


Certains logements locatifs

Exonération lors de la 1re transmission :

  • à concurrence des 3/4 de la valeur du bien,
  • dans la limite de 46 000 € par part.

Conditions :

  • acquisition du 01.08.95 au 31.12.96,
  • location durant 9 ans comme résidence principale (conditions de loyer et de ressources du locataire).

Entreprises individuelles ou parts sociales

Exonération à concurrence de 75 % de leur valeur, sous conditions (engagement de conservation, notamment) :

  • des biens affectés à l’exploitation d’une entreprise individuelle,
  • des titres de sociétés industrielles, commerciales, artisanales, agricoles ou libérales

Autres exonérations

Sont exonérées :

  • les successions des victimes de guerre ou d'actes de terrorisme,
  • les rentes ou indemnités versées ou dues au défunt en réparation de dommages corporels liés à un accident ou encore une maladie,
  • les réversions de rentes viagères en ligne directe (1).

(1) Le conjoint ou partenaire pacsé survivant et, sous certaines conditions, les frères et sœurs, bénéficient désormais d'une exonération totale de droits de succession.

L'assurance-vie constitue un cas particulier.



Biens imposables et évaluation

Sous réserve de ceux expressément exonérés, tous les biens transmis par succession sont imposables pour leur valeur vénale au jour du décès, sauf règles particulières.

Immeubles

Évalués à leur valeur vénale (abattement pour les logements occupés). Abattement de 20 % sur la valeur occupé à titre de résidence principale par le défunt et par son conjoint ou partenaire pacsé, ou par un ou plusieurs enfants mineurs ou majeurs protégés ou encore majeurs handicapés.


Fonds de commerce
Évalués par comparaison avec des cessions de biens analogues (recours fréquent à un barème par professions, généralement établi en % du chiffre d’affaires annuel TTC).

Valeurs mobilières

Évaluées :

  • d’après le cours moyen au jour du décès ou, sur option, sur la base de la moyenne des 30 derniers cours de bourse précédant le décès, pour les titres cotés,
  • à défaut, déclaration détaillée et estimative pour les titres non cotés.

Créances
Évaluation d’après le montant nominal (auquel s’ajoutent les intérêts échus et non encore payés, ainsi que les intérêts courus à la date du décès).

Pièces et lingots d'or
Évalués d’après le cours de reprise de la Banque de France.

Bijoux et pierreries

Sauf preuve contraire, évalués d’après :

  • le prix net de la vente publique réalisée dans les 2 ans,
  • à défaut, tout acte estimatif dressé dans les 5 ans.

Meubles meublants
Comme pour les bijoux ou, à défaut, déclaration détaillée et estimative sans que la valeur imposable puisse être inférieure à 5 % des autres biens du défunt, avant déduction du passif.

Usufruit ou nue-propriété
Évalué à une fraction de la valeur en pleine propriété selon l’âge de l’usufruitier au jour du décès (ou de la donation), d’après le barème fiscal suivant (1).
Âge de l'usufruitier

Moins de 21 ans

Entre 21 et 30 ans

Entre 31 et 40 ans

Entre 41 et 50 ans

Entre 51 et 60 ans

Entre 61 et 70 ans

Entre 71 et 80 ans

Entre 81 et 90 ans

À partir de 91 ans

Valeur de la NP (nue-propriété)

10 %

20 %

30 %

40 %

50 %

60 %

70 %

80 %

90 %

Valeur de l'U (usufruit)

90 %

80 %

70 %

60 %

50 %

40 %

30 %

20 %

10 %

(1) (1) Évaluation forfaitaire à une fraction de la valeur en pleine propriété selon l’âge de l’usufruitier au jour du décès (ou de la donation).

Exemple : la pleine propriété d'un bien s'élève à 100 000 €. Si l'usufruitier est âgé de 65 ans, l'usufruit est estimé à 40 000 €.


Dettes déductibles

Sont déductibles en cas de succession les dettes à la charge du défunt, existant au jour du décès :

  • frais de dernière maladie justifiés, sans limitation,
  • frais de testament,
  • impôts,
  • emprunts (sauf ceux garantis par une assurance-décès), etc.

Certains frais nés après le décès sont déductibles (frais funéraires déductibles à hauteur de 1 500 € sans justification, par exemple).


Abattements

On distingue :

  • les abattements personnels, dont bénéficient certains héritiers ou légataires en raison de leur lien de parenté avec le défunt,
  • l'abattement spécifique sur la part des personnes handicapées,
  • et l’abattement général applicable sur chaque part, à défaut d’abattement personnel et/ou d’abattement spécifique en faveur des handicapés.

Ces abattements sont désormais revalorisés chaque année au 1er janvier en fonction de l’inflation. Les abattements personnels et l’abattement spécifique en faveur des handicapés :

  • s’appliquent également pour le calcul des droits de donation,
  • peuvent se cumuler,
  • de façon générale, ont été augmentés pour les successions ouvertes (et donations consenties) à compter du 22.08.2007.

Parallèlement, l’abattement global de 50 000 € dont bénéficiaient les successions en ligne directe et/ou entre époux a été supprimé pour les successions ouvertes depuis le 22.08.2007. Cet abattement :

  • était réparti au prorata de la part légale successorale de chaque bénéficiaire (hors donations antérieures et legs),
  • et s’appliquait, après abattement personnel et abattement spécifique en faveur des handicapés, sur la part de chaque bénéficiaire lui revenant dans l’actif net successoral (legs compris).
Abattements personnels

Conjoint et partenaire pacsé :
sans objet, car exonération totale de droits de succession, désormais (2)

Enfant (3) ou ascendant : 151 950 €

Frère ou sœur : 15 195 € (4)

Neveu ou nièce : 7 598 €

Abattement spécifique en faveur des handicapés (1)
Abattement général (1) (5)

151 950 €

1 520 €

(1) Successions ouvertes et donations consenties en 2008. Montants revalorisés chaque année, au 1er janvier, en fonction de l’inflation.
(2) Mais abattement spécifique de 76 988 € pour le calcul des droits de donation.
(3) Vivant ou représenté.
(4) Sauf cas d’exonération totale de droits de succession (mais non de donation).
(5) Applicable sur chaque part successorale à défaut d’abattement personnel et/ou de l’abattement en faveur des handicapés).

Barèmes (ou tarifs)

Ils diffèrent selon le lien de parenté entre le bénéficiaire et le défunt (ou donateur).

Taux d'imposition sur chaque tranche de part imposable (1)

Entre époux et partenaires pacsés

Exonération totale de droits de succession, désormais.

Pour les donations exclusivement :

  • 5 % jusqu’à 7 699 €
  • 10 % entre 7 699 et 15 195 €
  • 15 % entre 15 195 et 30 390 €
  • 20 % entre 30 390 et 526 760 €
  • 30 % entre 526 760 et 861 050 €
  • 35 % entre 861 050 et 1 722 100 €
  • 40 % au-delà de 1 722 100 €

Entre ascendants et descendants

  • 5 % jusqu’à 7 699 €
  • 10 % entre 7 699 et 11 548 €
  • 15 % entre 11 548 et 15 195 €
  • 15 % entre 15 195 et 526 760 €
  • 30 % entre 526 760 et 861 050 €
  • 35 % entre 861 050 et 1 722 100 €
  • 40 % au-delà de 1 722 100 €

Entre frères et sœurs (2)

  • 35 % jusqu’à 23 299 €
  • 45 % au-delà

Entre autres personnes

  • 55 % en cas de parenté jusqu'au 4e degré
  • 60 % dans tous les autres cas

(1) Pour les successions ouvertes et donations consenties en 2008. Les tranches d’imposition sont désormais revalorisées chaque année, au 1er janvier, en fonction de l’inflation.
(2) Sauf exonération totale de droits de succession, sous certaines conditions.


Réductions de droits

Chaque héritier ou légataire (ou donataire) ayant (ou ayant eu) 3 enfants au moins bénéficie d’une réduction de droits égale, pour chaque enfant à partir du 3e, à :

  • 610 € pour les transmissions entre ascendants ou descendants,
  • 305 € pour les autres transmissions.
"Non rappel" des donations de plus de 6 ans

Les donations antérieures de plus de 6 ans consenties par une même personne au même bénéficiaire ne sont pas prises en compte pour le calcul des droits de succession ou de donation.

Cette règle permet de bénéficier à nouveau, lors d’une nouvelle transmission (succession ou donation) intervenant entre les mêmes personnes :

  • des abattements applicables,
  • d’un nouveau calcul des droits en fonction des premières tranches d’imposition,
  • et de la réduction de droits pour charge d’enfants.

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