Boursier.com : Comment expliquez-vous le regain de confiance des opérateurs boursiers depuis le début d'année ?
X.G. : La hausse des marchés repose sur l'abondance de liquidités... Les banques centrales se montrent très accommodantes, la FED a ainsi fait état d'intentions positives jusqu'en 2014. A l'exception notable de la Chine, on note également une baisse des taux dans les pays émergents. De plus, la Banque Centrale Européenne a ouvert les vannes du crédit en quantité illimitée. Avec l'apaisement de l'aversion au risque et la détente des taux appliqués aux dettes souveraines, il est normal que les indices boursiers regagnent de la hauteur.
Boursier.com : Pensez-vous que cette tendance soit durable ?
X.G. : Je suis partagé... L'importance des liquidités et la baisse du stress alimentent l'appétit pour le risque. En revanche, de nombreuses difficultés n'ont pas été solutionnées : La Grèce ou le Portugal ont émis des emprunts dans une monnaie qu'ils n'ont pas la capacité d'émettre. Une récession modérée s'installe en Europe, ce qui rend difficile l'équilibrage des comptes publics. On se trouve dans une spirale désagréable avec des mesures d'austérité venant contribuer à la récession, cette dernière rendant plus difficile la réduction des déficits publics.
Boursier.com : Ce sont les valeurs de moins bonne qualité qui contribuent le plus au rebond des marchés...
X.G. : Cette situation est normale à ce stade du cycle !... On connaissait un stress maximal à la fin 2011, les valeurs les plus fragiles ont alors été les plus attaquées. Alors que les intervenants retrouvent le goût du risque, ces dossiers sont logiquement en tête des palmarès.
Boursier.com : Certains secteurs demeurent délaissés, les télécoms par exemple...
X.G. : Il n'y a pas grand-chose à espérer sur ce segment de la cote. Il évolue dans un univers déflationniste et il est trop dépendant de la réglementation.
Boursier.com : Quels secteurs appréciez-vous dans ces conditions ?
X.G. : Dans le contexte actuel, on recherchera des sociétés ne dépendant pas d'Etats devenus impécunieux... Les entreprises ayant la capacité d'augmenter leurs prix sont à privilégier. Le luxe répond bien à cet aspect "pricing power". Le pétrole est à suivre alors que la demande ne peut que prospérer du fait des pays émergents, face à cela l'offre est restreinte. Grâce au pétrole, on peut également protéger son portefeuille des risques géopolitiques. Enfin, le secteur de la technologie est intéressant à suivre...
Propos recueillis par Christophe Voisin - ©2012 www.boursier.com

