Boursier.com : Quel est l'encours du fonds Pictet Digital Communication que vous gérez ?
S.S. : Nous gérons environ 300 M$...
Boursier.com : Quelle a été la performance du fonds en 2011 ?
S.S. : Après une hausse de plus de 20% en 2010, le fonds a perdu 6% l'an passé. Cette contreperformance est principalement liée à notre exposition sur le marché chinois qui atteignait plus de 20% du total du fonds, ce marché ayant lui-même reculé plus de 20% en 2011.
Boursier.com : Pourquoi cette thématique de la "Digital Communication" ?
S.S. : La stratégie d'investissement consiste à investir dans les segments interactifs, plus précisément dans les services à destination des consommateurs et des entreprises. Des secteurs qui procurent de la croissance... Notre monde est aujourd'hui construit sur de nouvelles techniques de communication interactives, de type Facebook, Skype. De nouvelles méthodes de travail, de nouveaux modes de consommation comme le 'e-commerce' ou de nouvelles approches du loisir. Tout ceci fait de plus en plus partie de la vie de tous les jours...
Boursier.com : Quelle est la répartition géographique du fonds ?
S.S. : Le fonds est investi à plus de 50% dans les valeurs américaines, et à plus de 13% en Europe, 6% au Japon. Le reste est constitué par la Chine, avec une exposition d'environ 14% aujourd'hui, l'Amérique Latine, et la Russie.
Boursier.com : Concernant la Chine, dont le fonds a souffert l'an passé, quelle est votre conviction en ce début 2012 sur ce pays ? Misez-vous sur un rebond ?`
S.S. : Le retard du marché chinois, en termes d'équipements technologiques (taux de pénétration à internet) est flagrant ! L'intérêt est de se positionner en Chine et dans les pays en développement pour participer à la phase de rattrapage. D'un point de vue structurel, le potentiel de développement est important... En Chine, le taux de pénétration de l'Internet est relativement bas, avec seulement 36% de la population et en prime un taux d'utilisation faible. Dans la même veine, les smartphones ne représentent que 110 millions d'unités vendues dans ce pays. Les dépenses publicitaires en ligne ne représentent, quant à elles, à peine 3 Mds$, soit 10 fois moins qu'aux États-Unis. Nous pensons que le rattrapage en termes d'équipement technologique va être spectaculaire en Chine et la baisse des valorisations enregistrée sur ces secteurs constitue une porte d'entrée très intéressante.
Boursier.com : Privilégiez-vous les titres des acteurs locaux ou bien ceux des acteurs occidentaux qui se développent dans ces zones ?
S.S. : Il y a suffisamment de possibilité d'investissement sur des "pure players" locaux... Beaucoup d'acteurs dans le domaine des jeux vidéo en ligne bien installée en Chine, d'acteurs de type Yahoo, Facebook, ou Google, comme Baïdu.
Boursier.com : Le fonds est-il investi à 100% aujourd'hui ?
S.S. : Nous n'avons pas trop de marges de manoeuvre pour le cash. Nous avons une obligation d'être investis à au moins 95%.
Boursier.com : Quelles sont les principales lignes du portefeuille ?
S.S. : Apple, qui de notre point de vue, offre un potentiel de croissance toujours intéressant... Les derniers chiffres publiés sont exceptionnels, avec une croissance des revenus de 73%. La tendance devrait se poursuivre, sa part de marché étant toujours assez faible dans le domaine des PC, alors que le potentiel d'appréciation dans le domaine des smartphones existe toujours, avec une part de marché de 20%. Autre relais de croissance pour Apple : le porte monnaie électronique et le cloud computing. Nous détenons aussi une société qui s'appelle Mercado Libre, l'équivalent d'Ebay en Amérique Latine; Interactive group, détenant un moteur de recherche concurrent de Google, nommé Ask.com et plusieurs sites rentables comme Match.com. Nous détenons aussi des titres Ebay.
Boursier.com : Beaucoup de valeurs américaines donc... Facebook devrait s'introduire prochainement en Bourse, allez-vous souscrire à cette opération ?
S.S. : Je pense que oui... Comparons les valorisations avec celles de Google au moment de son introduction : Google était alors valorisé 50 Mds$ pour 3 Mds$ de chiffre d'affaires. Pour Facebook on parle d'une valorisation de 100 Mds$ pour un chiffre d'affaires estimé en 2013 à 10 Mds$, on atteint des multiples de 10 fois le chiffre d'affaires et 35 fois le résultat net 2013, qui devrait être de 3,5 Mds$. La valorisation n'est donc pas excessive... Ceci ne tenant pas compte du potentiel de développement de Facebook dans le e-commerce ou dans la publicité en ligne : Facebook capture environ 7% du marché publicitaire en ligne des États-Unis et nous pensons qu'il devrait en capturer rapidement 20%. En résumé, la valorisation de 100 Mds$ en absolu semble colossale, mais en données relatives, elle n'est pas si excessive...
Propos recueillis par Arnaud Bivès - ©2012 www.boursier.com

