Boursier.com : La sortie de la Grèce de la zone Euro serait-elle bien accueillie par les investisseurs ?
M.R. : A ce stade, on ne peut pas avoir une vision claire des incidences d'une sortie de la Grèce de la zone Euro. Les marchés sont susceptibles de réagir violemment à cette annonce. Cela créerait un précédent avec de nouvelles craintes sur les autres pays fragiles du Vieux Continent. La plupart des grandes banques ont néanmoins réduit très sensiblement leurs engagements sur la Grèce. L'effet sur les comptes de BNP Paribas d'une sortie de la Grèce de l'Euro est ainsi limité à 200 Millions d'Euros...
Boursier.com : Le secteur bancaire est-il excessivement sanctionné ?
M.R. : Mandarine Gestion concentre ses investissements sur les meilleurs élèves du secteur. BNP Paribas devrait ainsi sortir renforcée de la crise après la reprise de Fortis dans de très bonnes conditions financières. L'italien Intesa se paye 0,4 fois son actif net alors qu'il s'agit d'une pure banque de détail. L'Italie n'ayant pas besoin d'un haircut sur sa dette, le cours de bourse d'Intesa représente une véritable opportunité. La banque espagnole Santander est un autre dossier intéressant avec de solides positions dans les pays émergents et un taux de provisionnement suffisant des engagements immobiliers.
Boursier.com : Quelle est la valorisation normale d'une banque ?
M.R. : Dès lors que le marché boursier se normalisera, une banque de détail classique devrait se payer une fois son actif net tandis que les établissements les plus dynamiques devraient valoir 1,3 à 1,4 cet indicateur. Actuellement, Intesa se paye 0,4 fois son actif net et BNP Paribas 0,7 fois.
Boursier.com : Comment jugez-vous la situation actuelle des indices boursiers ?
M.R. : Le marché est moins inquiétant qu'à l'automne dernier car il fait preuve de davantage de discernement. Ce caractère plus sélectif se compare au mouvement de sell off généralisé qui prévalait à la rentrée. Les actions sont en train de mettre en place une valorisation minimum et on peut désormais réaliser de la performance en effectuant du stock picking dans une approche value. Un effet rattrapage devrait prochainement intervenir car les périodes de stress extrême ne durent pas plus de 3 à 6 mois.
Boursier.com : Quelles sont vos principales positions en dehors du secteur financier ?
M.R. : J'apprécie Veolia qui est un bon exemple d'une société victime de la crise de la dette. La firme faisait reposer excessivement son modèle de développement sur le levier bancaire. Veolia se recentre désormais sur les métiers et le pays rentables. Le titre apparait intéressant avec un bon potentiel de revalorisation. VW ou Total comptent parmi mes autres fortes convictions.
Propos recueillis par Christophe Voisin - ©2012, 2013 www.boursier.com




