Boursier.com : Excluez-vous tout scenario d'implosion de la zone Euro ?
L.B : Nous écartons ce scénario extrême et penchons plus pour celui d'un assainissement budgétaire progressif et long, mais qui fera apparaître une nouvelle gouvernance européenne... La volatilité des marchés, depuis de nombreuses semaines, traduit le risque politique qui résulte des problèmes de gouvernance.
Boursier.com : Excluez-vous aussi la sortie de la zone Euro des pays les plus en difficulté ?
L.B. : Nous n'y croyons pas vraiment, cela n'a pas d'intérêt à ce jour pour les grecs, qui subiraient un coût direct lié aux importations et aux matières premières.
Boursier.com : La récession semble acquise, va-t-elle durer ou sera-t-elle brève selon vous ?
L.B. : La récession ne fait pas de doute, la question effectivement concerne son ampleur et sa durée... Elle a débuté fin 2011 et est liée à un choc de confiance inhérent aux interrogations sur la gouvernance européenne. C'est donc, a priori, un choc temporaire qui ne devrait jouer que sur la première partie de l'année, à condition qu'on sorte par le haut de cette crise, grâce à une gouvernance européenne plus affirmée...
Boursier.com : La baisse de l'Euro depuis plusieurs semaines est-elle positive dans ce contexte-là ?
L.B. : Elle va permettre une relance de la zone Euro par l'exportation ! Un Euro plus compétitif, autour de 1,20$, permettrait de tirer la croissance européenne vers le haut et de sortir plus vite de la récession...
Boursier.com : Quelle est votre approche de gestion aujourd'hui dans ce contexte chahuté ?
L.B. : Dorval Finance est spécialisé dans les fonds flexibles à vocation patrimoniale, donc nous ajustons l'exposition aux actions de 0 à 100%. Pour ce début d'année nous sommes relativement prudents. Notre taux d'investissement sera inférieur à 15 ou 20% pour les fonds dédiés à la zone Euro, tandis que pour les fonds flexibles des zones émergentes, nous sommes plutôt autour de 40%, parce que les perspectives de croissance y sont beaucoup plus favorables évidemment.
Boursier.com : Votre exposition aux actions est-elle susceptibles d'augmenter cette année ?
L.B. : Oui ! Le taux d'exposition pourra augmenter si la visibilité s'améliore au niveau de la macroéconomie. Au niveau microéconomique, il devrait y avoir des révisions à la baisse des prévisions de croissance des bénéfices des sociétés européennes en début d'année, car les analystes misent encore sur des croissances à deux chiffres et nous pensons que ce ne sera pas le cas...
Bousier.com : Ne faut-il pas profiter des valorisations basses pour entrer sur le marché ?
L.B. : Si on se place sur une perspective de long terme, on constate que les actions ne sont pas chères et se positionner peut être judicieux... Pour autant, sur le long terme, il faut des catalyseurs pour permettre à la hausse de s'installer et en l'absence de visibilité sur l'ampleur de la récession, toute hausse ne serait pas durable... Dans un premier temps, il faut donc adopter une attitude plus tactique, avant d'envisager, certainement au cours de l'année, une montée des investissements plus pérenne.
Boursier.com : A quel niveau attendez-vous le CAC40 fin 2012 ?
L.B. : Le marché devrait rester à ses niveaux actuels, voire plus bas sur la première partie de l'année en fonction de l'ampleur de la récession, et ensuite, le CAC40 devrait prendre une tendance plus haussière permettant d'afficher une progression annuelle, sans doute modeste, comprise entre 5 et 10%...
Propos recueillis par Arnaud Bivès - ©2012 www.boursier.com

