Boursier.com : Si on en juge le très bon début d'année boursière, les investisseurs ont oublié tous les problèmes de 2011...
J-M.M. : Ils n'oublient pas les problématiques de 2011, mais prennent aussi en considération des facteurs positifs d'ordre microéconomiques : les entreprises vont bien, leurs résultats devraient être bons et elles sont faiblement valorisées. Le début d'année est comme souvent propice à des repositionnements sur des actifs plus risqués comme les actions mais qui offrent des potentiels de valorisation plus intéressants.
Boursier.com : Nous allons bientôt entrer dans la période de publication des résultats. Etes-vous optimiste?
J-M.M. : Oui, notamment pour les entreprises américaines et les européennes qui ont une activité internationale. Elles devraient afficher d'assez bons résultats. Pour ce qui est des perspectives, cela reste encore flou et il devrait y avoir encore de la volatilité sur les marchés... Cela dépendra de la conjoncture économique assez déprimée en Europe.
Boursier.com : Dans ce contexte, la baisse de l'Euro est une bonne nouvelle...
J-M.M. : C'est une très bonne nouvelle et d'ailleurs chez OFI AM, nous pensons que la baisse de l'Euro devrait se poursuivre. Les entreprises qui ont une activité mondiale vont être de plus en plus compétitives.
Boursier.com : Outre cet élément, quels sont les autres catalyseurs qui pourraient aider les marchés boursiers en 2012?
J-M.M. : Le vrai catalyseur que le Marché attend, c'est une nouvelle organisation de la zone Euro. Que les marchés comprennent bien comment on va sortir de cette situation délicate de financement des dettes souveraines. Nous allons assister à la mise en place du MES, qui aura la possibilité de se financer auprès de la BCE. Nous attendons aussi que cette dernière soutienne très clairement les Etats. Si les marchés sont rassurés sur ces points là, le rebond boursier s'amplifiera.
Boursier.com : Spécifiquement concernant la Grèce, dont on annonce de nouveau un risque de défaut pour Mars, doit-elle rester en zone Euro?
J-M.M. : Il faut considérer que la Grèce est un cas particulier, d'une importance relativement modeste. Le coeur de la zone Euro, ne devrait pas subir de crise et la zone Euro ne devrait pas éclater. Il y a une volonté politique pour résoudre les problèmes.
Boursier.com : Quels sont chez OFI, les différents scénarios boursiers. Et quel est celui qui, à vos yeux, a le plus de chances de se réaliser?
J-M.M. : Les sujets de préoccupation restent très nombreux pour que la volatilité disparaisse. 2012 est aussi une année très politique en France, aux Etats-Unis et en Allemagne l'an prochain. Notre scénario est celui d'une récession modérée en Europe, d'une croissance meilleure que prévue aux Etats-Unis. Donc une année propice à la diversification des classes d'actifs. Il faut sortir du monétaire, des obligations souveraines qui rapportent peu et commencer à se positionner sur des actifs aux potentiels de valorisation plus intéressants : les actions avec une connotation internationale, les obligations convertibles, les pays émergents et notamment la Chine qui a beaucoup baissé et présente des niveaux de valorisation très intéressants.
Boursier.com : Concrètement, allez-vous augmenter votre exposition aux actions?
J-M.M. : Progressivement, je pense qu'il faut le faire, avec une idée de diversification géographique et des classes d'actifs. Il faut progressivement sortir des actifs sans risque mais qui ne rapportent rien.
Propos recueillis par Arnaud Bivès - ©2012 www.boursier.com

