Boursier.com : Vous étiez très positifs sur le marché action au début de l'année. Depuis d'importants soubresauts ont eu lieu... Etes-vous toujours aussi optimistes ?
J-M.M. : Positifs oui, mais un peu plus prudents ! On a vu que la volatilité était revenue à des niveaux très élevée sur des craintes concernant les politiques de rigueur de la part des gouvernements de la zone euro et des conséquences sur la croissance... Ceci dit, les valorisations des actions au regard de celles des autres classes d'actifs sont aujourd'hui toujours intéressantes.
Boursier.com : Quelles sont vos convictions ?
J-M.M. : Dans ce contexte de faible activité économique en Occident, il convient de privilégier les secteurs de croissance et à fort rendement, comme les télécoms et les utilities, les secteurs ouverts à l'international. Le rétablissement des valeurs cycliques a déjà eu lieu. Leur momentum peut encore être positif à court terme avec la baisse de l'euro, mais les secteurs de croissance sont faiblement valorisés, en absolu et en relatif. Pour ce qui est des actions des pays émergents, on constate que les valorisations sont supérieures à celles des places occidentales, mais loin d'être excessives et cohérentes avec le fort potentiel à long terme.
Boursier.com : Quels sont aujourd'hui les recours des Etats de la zone Euro face à ce fardeau des dettes souveraines qui a plombé les marchés actions ces dernières semaines ?
J-M.M. : Les Etats ont, en théorie, plusieurs solutions... Celle qui est retenue dans la plupart des pays occidentaux consiste à maîtriser les dépenses publiques. En résumant cela, on peut dire que nous entrons véritablement dans une période d'austérité.
Boursier.com : Vous envisagez aussi la possibilité d'un retour de l'inflation...
J-M.M. : Il y a effectivement une autre solution possible pour réduire le poids de la dette : l'inflation. Jusqu'à présent, la BCE a érigé comme dogme de lutter contre toute inflation supérieure à 2%. C'est écrit dans le marbre et il est encore trop tôt pour constater un changement à ce sujet... Mais il est probable que les banques centrales risquent de changer leur approche de la question dans les prochaines années et pourraient adopter des visions plus 'proactives' vis-à-vis de l'inflation...
Boursier.com : Sur le marché monétaire, les Etats-Unis ont-ils intérêt à ce que la remonté du Dollar se poursuive ?
J-M.M. : Les Etats-Unis souffrent aujourd'hui un petit peu de la remontée du Dollar... On assiste d'ailleurs, sur les devises, à un grand concours de faiblesse, puisque toutes sont intrinsèquement faibles ! Nous pensons que la sous-évaluation manifeste de l'Euro s'est corrigée et les parités de change devraient rester plus calmes lors des prochaines semaines.
Boursier.com : Quel est le risque aujourd'hui que la note de la dette souveraine française soit abaissée ?
J-M.M. : Il est réel ! Ce qui "sauve" actuellement la France, c'est encore son rôle politique incontournable au niveau international, mais on connait les difficultés de nos dirigeants à mettre en oeuvre des plans de maîtrise des dépenses publiques. Des plans de rigueurs budgétaires sont décidés dans les autres pays européens, c'est encore flou en France...
Propos recueillis par Arnaud Bivès - ©2010, 2013 www.boursier.com




