Sicav et FCP

Entretien avec Iain Stewart, Responsable Real Return de Newton filiale de BNY Mellon IM Il sera extrêmement difficile de sortir de cette phase prolongée d'assouplissement de la politique monétaire

Iain Stewart Responsable Real Return de Newton filiale de BNY Mellon IM
Iain Stewart

Boursier.com : La combinaison niveau de dette élevé / bas taux d'intérêt représente-t-elle un danger selon vous ?

I.S. : Le niveau élevé de la dette représente à lui seul un danger car il peut compromettre la croissance future et peut favoriser l'augmentation de la volatilité... Cela signifie également qu'il est plus difficile d'inciter les investisseurs à s'endetter davantage... Les taux d'intérêt bas représentent quant à eux un danger car ils favorisent la spéculation financière, faisant le jeu de la "financiarisation". Les deux sont liés car un niveau de dette élevé rend intenables des taux d'intérêt élevés. L'incapacité de tenir à un niveau de dette élevé a incité les décideurs de la politique monétaire à baisser les taux d'intérêt, en ce sens, l'association des deux représente un véritable danger...

Boursier.com : Le quantitative easing est-il efficace ?

I.S. : Certains orthodoxes au sein des banques centrales estiment que la politique monétaire a eu un impact positif, et donc que leurs actions sont encore nécessaires, mais en dépit de leur affirmations qu'une reprise de l'économie est en bonne voie comme les décideurs de la politique monétaire l'avaient déjà prédit, les prévisions de croissance continuent d'être revues à la baisse... Le "quantitative easing" a été efficace dans le sens où il a "boosté" la demande. On pourrait faire valoir que le programme d'assouplissement quantitatif aux Etats-Unis était justifié car il a permis d'éviter un recul de l'activité économique similaire à la Grande Dépression, mais s'agissant de l'offre, c'est une toute autre histoire... La politique monétaire a faussé les prix entre les classes d'actifs et a créé des bulles spéculatives. Cela accroît les inégalités, notamment à travers des déficits croissants des régimes de retraite, des rachats par les entreprises de leurs propres dettes, ainsi qu'un échauffement sur les marchés immobiliers.

Boursier.com : Quelles sont les conséquences à en tirer ?

I.S. : Tous ces éléments sont les conséquences imprévues de la politique monétaire et nous nous en méfions depuis un certain temps déjà... En effet, nous avons eu la preuve lors du dernier cycle que le discours des décideurs de la politique monétaire selon lequel assouplir les conditions financières, réduire les contraintes sur le crédit et stimuler le prix des actifs pourraient mécaniquement permettre d'augmenter le pouvoir d'achat et de créer un cycle vertueux d'augmentation des dépenses et des revenus était peu judicieux...

Boursier.com : Comment sortir de cette phase sans pour autant nuire à la politique monétaire expansionniste actuellement pratiquée par les grandes banques centrales ?

I.S. : Il sera extrêmement difficile de sortir de cette phase prolongée d'assouplissement de la politique monétaire : il n'existe aucune solution simple... On pourrait comparer les sept dernières années à une tentative de maintenir le patient en vie en lui donnant des médicaments monétaires. Si on le prive de ce "médicament" maintenant, le patient peut-il survivre ? Passer progressivement d'une politique monétaire à une politique budgétaire pourrait être une solution possible d'abandonner la politique pratiquée par les banques centrales ces sept dernières années, étant donné par exemple que les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont l'intention de booster leurs dépenses en infrastructures, même si une telle politique reste à déterminer en Europe car la décision revient aux gouvernements locaux... Un abandon de la politique en vigueur jusque-là pourrait également conduire à une perte de confiance dans les banques centrales, surtout si elles sont perçues comme ayant perdu leur indépendance en finançant directement les gouvernements, à un moment où leurs bilans font état de volumes considérables d'obligations...

Boursier.com : Que pensez-vous des prévisions de rendement actuelles sur les différents marchés ?

I.S. : Nombreux sont ceux qui s'attendent à ce que les taux d'intérêt se normalisent mais nous ne pensons pas que cela se produise... La dette a augmenté d'environ 40% du P.I.B depuis le "credit crunch", ce qui crée des pressions déflationnistes structurelles. Nous continuons de penser qu'au-delà de l'augmentation du prix des actifs, il y a peu d'indicateurs que l'activité économique réelle et l'inflation se poursuivent telles que l'avaient prédit les autorités. Dans ce contexte de croissance fragile et faible, il est peu probable que les décideurs de la politique monétaire veuillent augmenter les rendements de manière significative. Le niveau élevé des impôts n'est pas tenable et cela implique que les taux d'intérêt sont peu susceptibles de se normaliser...

Propos recueillis par — ©2016-2017, Boursier.com

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