Guy Wagner, Chef économiste à la Banque de Luxembourg

Guy Wagner Chef économiste à la Banque de Luxembourg

Le thème général de 2017 pourrait être celui du retour vers les valeurs de qualité et valeurs défensives

Boursier.com : Quelle analyse faites-vous de la dernière réunion de la Fed qui a annoncé qu'elle comptait procéder à trois nouvelles hausses de taux d'intérêt en 2017? Et quelle conséquence en termes de gestion ?

G.W. : Notre politique d'investissement reste la même quelque soit les politiques des banques centrales. Même s'ils remontent un peu, les taux demeureront faibles et l'environnement économique reste le même : à savoir une économie mondiale toujours fragile, avec un système financier lui-même fragile. Dans ce contexte, les actifs monétaires sont à éviter et nous considérons que les actions sont à privilégier. Nous nous concentrons sur du stock picking et nous limitons aux entreprises de qualité en évitant les bancaires et assurances que nous ne savons pas valoriser et les entreprises très cycliques. Pour nous, il n'y a pas de modification de l'environnement économique parce que la FED a monté ses taux, ou parce que Donald Trump a été élu. Il existe un lien structurel entre le surendettement des pays et la faiblesse de la croissance. Même si durant une phase de croissance faible, il peut y a voir des périodes de léger mieux...

Boursier.com : Comment voyez-vous le début d'année boursière 2017?

G.W. : La rotation sectorielle a joué à plein en 2016 avec un report des investissements sur les valeurs cycliques et financières. Ce mouvement qui a débuté l'été dernier pourrait durer au moins en début d'année 2017... Mais cela pourrait se retourner car nous pensons que les investisseurs pourraient être défavorablement surpris par une possible décélération de la croissance aux Etats-Unis, liée à la remontée des taux obligataires et à l'appréciation du Dollar, 2 éléments qui correspondent de facto à un resserrement monétaire important. Et fondamentalement les facteurs structurels des économies occidentales agissent comme des freins à la croissance. En Europe, on peut ajouter le défaut de construction de la zone Euro, qui pèse négativement.

Boursier.com : Sur vos fonds, rester à l'écart des financières et des cycliques ne vous a-t-il pas fait rater une large partie de la performance des marchés au deuxième semestre?

G.W. : Nous n'avons effectivement pas profité de cette progression. Mais nous ne changeons pas de philosophie de gestion. Nous croyons aux actifs durables et aux sociétés possédant de véritables avantages comparatifs, et il est difficile de trouver ce genre d'entreprise dans les secteurs cycliques ou dans des secteurs tels que les Télécoms... Nos fonds surperformaient effectivement jusqu'en juillet... Et ce n'est plus le cas au 2ème semestre. C'est sans doute frustrant, mais nos clients ne comprendraient pas que nous modifiions notre stratégie d'investissement uniquement pour assurer une performance à court terme... Notre vision d'investissement est de long terme.

Boursier.com : Quels secteurs devraient être recherchés en Bourse en 2017?

G.W. : Le thème général pourrait être celui du retour vers les valeurs de qualité et valeurs défensives : la santé qui a été malmenée en début 2016 par les craintes élections de Clinton, pourrait en bénéficier. L'alimentaire, la technologie et les valeurs industrielles moins cycliques devraient aussi être recherchés.

©2017, Boursier.com

Guy Wagner, Chef économiste à la Banque de Luxembourg