Boursier.com : Quels sont les avantages d'une obligation corporate ?
G.A. : Une obligation corporate présente actuellement un profil rendement/risque plus attractif qu'une obligation souveraine. Il faut mener une analyse précise de l'entreprise qui émet l'obligation, son secteur ou son cash-flow dans le cas d'un scénario macroéconomique stressé. Et on a les outils pour cela. En revanche, il est beaucoup plus difficile de faire une analyse approfondie sur les obligations d'Etat, où les zones d'incertitude sont plus nombreuses... Comment la situation va-t-elle évoluer ? Les remboursements vont-ils être modifiés ? L'environnement règlementaire ou législatif peut-il changer ?
Boursier.com : Certains secteurs sont-ils à privilégier ?
G.A. : Nous n'excluons pas de secteurs à priori... Toutefois, nous privilégions les entreprises où les perspectives de croissance sont lisibles, détenant des actifs tangibles, offrant un cash-flow stable, avec une large base de clientèle. Pour prendre un exemple, nous sommes très prudents en ce moment sur le secteur alimentaire où certains acteurs ont du mal à faire passer les augmentations de matières premières auprès de la grande distribution. Mais des sociétés avec des marques fortes et des parts de marché importantes réussissent à défendre leur marges comme par exemple Tereos, Picard ou Campofrio...
Boursier.com : Quel est le niveau actuel des taux sur les obligations corporate ?
G.A. : Si les taux des entreprises très bien notées sont actuellement proches de ceux de certaines dettes souveraines, les sociétés non "investment grade", c'est-à-dire dont la notation est inférieure à BBB- ont actuellement 800 à 850 points de base d'écart sur les taux sans risque. En considérant un taux sans risque à 2% sur 5 ans, les taux de ces sociétés évoluent ainsi autour de 10% ce qui représente des niveaux attractifs eu égard à l'analyse de risque que nous réalisons par ailleurs.
Boursier.com : Avec la montée des taux, les anciennes obligations perdent de la valeur...
G.A. : Les émissions d'obligations anciennes perdent effectivement de la valeur même si 'in fine' elles reviennent au pair soit à 100. Dans les phases de stress, les anciennes obligations baissent mais, si on les conserve jusqu'à la maturité, l'investissement initial est récupéré et le rendement promis est réalisé.
Boursier.com : Ce marché est-il accessible aux particuliers ?
G.A. : Ce marché est difficilement accessible aux particuliers. Il n'existe pas d'avantage fiscal comme le PEA applicable aux obligations. Les obligations corporate se négocient sur des marchés de gré à gré par souche minimum de 50.000 à 100.000 euros. Le meilleur instrument pour investir sur ce créneau consiste donc à passer par des fonds spécialisés sur le marché obligataire tel le FCP TK Rendement 2016, où la part minimale est à 1000 euros.
Propos recueillis par Christophe Voisin - ©2011, 2012 www.boursier.com

