Boursier.com : Goldman Sachs, JP Morgan, Citigroup ou encore Bank of America sont venus rassurer le marché boursier avec des semestriels ressortis globalement au-dessus des attentes. Que pensez-vous de ces annonces dans le secteur bancaire ?
F.C. : Ce sont de très bons arguments dans la mesure où ces banques participent massivement à toutes les opérations financières... On a vu, depuis le début de l'année, une très forte croissance, non pas des opérations de fusions/acquisitions qui faisaient jusqu'à présent le bonheur des banquiers d'affaire, mais une multiplication des opérations de levées de fonds. Que ce soit dans le cas des augmentations de capital des entreprises -entreprises qui ont besoin d'argent frais dans leurs fonds propres de façon à pouvoir assurer dans la période de crise la pérennité de leur activité- ou bien des opérations d'émission de dette qui ont atteint des records. En Europe par exemple, depuis le début de l'année, on a plus de 1.200 Milliards de Dollars qui ont été émis entre les augmentations de capital et les émissions de dette... C'est un montant qui est 30% supérieur à la même période l'année dernière !
Boursier.com : Il n'y a d'ailleurs pas que les banques. Certaines valeurs technologiques ont aussi envoyé des signes positifs comme Intel...
F.C. : Malgré des pertes, Intel a effectivement été plutôt rassurant sur les perspectives du secteur d'ici la fin de l'année et le début 2010. Facteur plutôt favorable, on a également IBM qui a relevé ses prévisions de résultats pour 2009... Ce n'est pas forcément lié à une amélioration du marché, mais c'est clairement plus le fait d'un bon management de l'entreprise.
Boursier.com : Cela veut dire que la crise est finie ?
F.C. : Je ne pense pas que la crise soit finie ! En revanche aujourd'hui, force est de constater que dans ces publications de résultats qui correspondent aux résultats du 2ème trimestre, on a vraiment l'état des lieux du sinistre... L'idée c'est de se dire : "faisons les décomptes des dégâts dans ces publications" ! D'ici la fin de l'année, on a de bonnes chances que, non seulement, les dirigeants d'entreprises commencent à s'engager sur des résultats et sur les perspectives d'une reprise, mais aient également la capacité à stabiliser leurs résultats, voire à les améliorer sur la fin de l'année.
Boursier.com : La Réserve Fédérale est un peu moins pessimiste sur les prévisions de croissance. On a vu la Chine sortir des chiffres plutôt encourageants... Est-ce que cela veut dire qu'il y a une sortie de crise qui se confirme d'ici la fin de l'année ?
F.C. : La première étape, c'est une stabilisation... On peut expliquer une grande partie de cette récession par le choc et le contre-choc pétroliers qu'on a vécus l'année dernière... On peut également l'expliquer par l'extraordinaire coup d'arrêt qui a été fait en matière de production d'entreprises et d'investissement. On a eu un phénomène de déstockage absolument inédit du côté des entreprises, qui, en se préparant à une vague de 'crise annoncée', ont serré les vis de leurs dépenses et déstocké tout ce qu'elles pouvaient durant la période du 4ème trimestre 2008 et du 1er trimestre 2009... Clairement, aujourd'hui, l'idée c'est d'imaginer que face à une demande qui reste en place, on puisse avoir une reprise de la production. Dans les signes extrêmement favorables, on a un acteur comme ArcelorMittal qui vient de redémarrer des hauts-fourneaux qui étaient arrêtés depuis quelques mois. La production a l'air de vouloir repartir puisque, à un moment donné, il faut bien avoir les stocks suffisants pour satisfaire la demande.
Didier Hameau - ©2009, 2012 www.boursier.com
21/07/2009