Boursier.com : Pourquoi s'intéresser aujourd'hui à la gestion long/short equity ?
B.B. : 3 crises financières en moins de 10 ans, des actifs sans risques (souverains) qui deviennent risqués, une volatilité en forte hausse : les investisseurs ont été mis à rude épreuve et doivent, pour retrouver un peu de sérénité, réduire la volatilité de leur portefeuille... Pour atteindre cet objectif, la logique qui consiste à déserter le marché action risque pourtant de les priver de belles opportunités.
Boursier.com : Comment dès lors mettre à profit le marché action sans augmenter la volatilité et le risque de ses avoirs ?
B.B. : La réponse est à trouver dans les stratégies de rendement absolu dont fait partie le long/short equity. Cette technique de gestion n'est pas liée de la tendance des marchés actions, mais dépend exclusivement de la capacité du gérant à choisir les bons titres. Dans un contexte d'incertitude politique et de ralentissement économique, le recours à une approche long-short devient précieux dans la mesure ou ses caractéristiques, faible volatilité et décorrélation, contribuent à réduire le risque total d'un portefeuille...
Boursier.com : Comment est géré un fonds long/short equity ?
B.B. : L'objectif d'un fond short equity étant de générer des rendements positifs et stables sur le marché action, le gérant va combiner dans le portefeuille des positions acheteuses et des positions vendeuses (positions de couvertures) dans le même secteur. Le gérant peut également mettre en oeuvre des stratégies thématiques en achetant un panier de valeurs sélectionnées, par exemple, pour la croissance régulière de leurs résultats et en se couvrant par la vente d'un indice de marché.
Boursier.com : Un gérant action classique peut-il gérer un fonds long/short equity ?
B.B. : La démarche de sélection des titres à acheter ou vendre est la même que sur un fonds classique, à savoir, basée sur l'analyse fondamentale... Néanmoins une gestion du type long/short equity impose la mise en place d'outils dédiés permettant notamment de passer en revue les croissances relatives de résultats et les différentiels de valorisation sur un large univers de valeurs. Elle s'appuie aussi sur des outils de risque en temps réel permettant de contrôler les biais sectoriels ou géographiques du portefeuille. Par ailleurs l'impératif de délivrer la performance la plus régulière possible impose au gérant d'un fonds long/short equity d'avoir un taux de rotation du portefeuille assez élevé et surtout de couper très rapidement toute position perdante.
Boursier.com : Cette approche de gestion est-elle accessible aux particuliers ?
B.B. : Malheureusement ce type d'approche est difficilement accessible aux particuliers qui peuvent éventuellement couvrir leur portefeuille en vendant des indices généralistes, mais n'ont pas accès aux indices sectoriels. Par ailleurs pour vendre à découvert des titres, les particuliers doivent passer par le coûteux Service à Règlement Différé.
Boursier.com : Un fonds long/short equity est-il risqué ?
B.B. : Bien que ces stratégies fassent appel à la vente à découvert et au levier, elles s'avèrent au final peu risquées et s'illustrent par la constance de leurs rendements.
Boursier.com : Dans quel cas choisir Keren Absolute ?
B.B. : Avec un objectif de volatilité inférieur à 5% et un objectif de rendement supérieur à 5%, Keren Absolute s'adresse aux investisseurs désireux de souscrire des produits performants, mais moins risqués que les actions 'pures'.
Boursier.com : La gestion alternative est-elle réservée aux investisseurs avertis ?
B.B. : Contrairement à l'image que l'on peut avoir des hedge funds à l'anglaise, la gestion alternative, lorsqu'elle se fait dans le cadre d'un Fonds Commun de Placement diversifié, agréé par l'Autorité des Marchés financiers et conforme aux normes européennes, peut correspondre à tous types d'investisseurs. Ces normes offrent par ailleurs un niveau de protection intéressant pour les investisseurs en contraignant notamment l'effet de levier autorisé. La recherche d'une performance absolue par rapport au marché peut s'inscrire dans une démarche de préservation du patrimoine et donc correspondre à grand nombre d'investisseurs.
Propos recueillis par Christophe Voisin - ©2012 www.boursier.com

