Boursier.com : Quelle est la visibilité sur le secteur bancaire actuellement ?
A.D. : Elle reste perturbée à court terme. Le marché a hésité à trancher après les décisions prises dans le cadre du dernier sommet de l'UE... De notre point de vue, cet accord constitue cependant un pas important vers un renforcement de la crédibilité des politiques budgétaires. La Banque Centrale européenne a par ailleurs récemment levé les doutes concernant les problèmes de liquidité. Enfin, la conjoncture est certes mauvaise, mais la probabilité de voir l'Europe plonger dans une récession aussi profonde qu'en 2009 nous paraît assez faible. La visibilité sur le secteur devrait donc progressivement s'améliorer au cours des prochains mois...
Boursier.com : Le renforcement des ratios réglementaires des banques pourrait-il être différé ?
A.D. : Non, au contraire, ce renforcement a été accéléré mais aussi accentué. Les régulateurs, via l'EBA, exigent désormais des banques des ratios réglementaires à la mi-2012 supérieurs à ceux qui étaient prévus... pour 2019 !
Boursier.com : Craignez-vous des appels au marché de la part de certaines banques françaises ?
A.D. : Les banques françaises ont globalement les moyens de répondre aux exigences réglementaires sans nouvelle levée de fonds. Réduction voire suppression des dividendes, diminution de la taille des bilans, intégration des résultats net dans les fonds propres et opérations de rachat ou d'échange de dettes devraient suffire.
Boursier.com : Le retour à la normale sur les valorisations risque-t-il d'être long à venir selon vous ?
A.D. : L'investissement en actions ne peut être envisagé que comme un placement à long terme et nous conseillons par exemple aux clients du fonds Oddo European Banks une durée de détention minimum de 5 ans. A cet horizon, la valorisation des banques pourrait être nettement supérieure à celle qui prévaut aujourd'hui...
Boursier.com : Quelles sont les actions bancaires les plus intéressantes dans une optique de moyen terme ?
A.D. : Nous privilégions les banques qui offrent des perspectives de croissance supérieures à celle de la zone euro, comme les banques suédoises ou celles qui sont exposées à l'Asie, comme la banque sino-anglaise HSBC. Des banques leaders sur leurs marchés respectifs, et qui se traitent sur la base de niveaux de valorisation extrêmement faibles, comme BNP Paribas ou Barclays, ont également nos faveurs dans une optique de moyen terme...
Propos recueillis par Christophe Voisin - ©2011, 2012 www.boursier.com

