(Boursier.com) -- Dans ses dernières anticipations sur les thèmes d'investissement à privilégier à long terme, Allianz Global Investors (AllianzGI) met à nouveau l'accent sur les dividendes, les obligations émergentes et les devises.
Andreas Utermann, Chief Investment Officer Monde d'Allianz Global Investors, précise que "l'introduction par la Banque Centrale Européenne (BCE) du programme de refinancement à long terme sur 3 ans (LTRO) constitue le principal catalyseur à l'origine du regain d'appétit pour le risque de la part des investisseurs et du recul de la volatilité au sein des marchés d'actions. Compte tenu, d'une part, des nouveaux signes d'un retour de la croissance aux Etats-Unis, liée à la reprise du marché du travail et des dépenses de consommation, et, d'autre part, du point bas touché par le ralentissement de la croissance au Japon, en Europe et en Chine, cette mesure a favorisé le rebond des actifs risqués observé depuis le début du mois de janvier. Notre allocation d'actifs traduit cette évolution. En effet, nous avons fait la part belle aux actions, au détriment des obligations ou du cash, et avons privilégié les obligations émergentes et d'entreprises par rapport aux emprunts d'Etat allemands ou aux bons du Trésor américains. Les actifs risqués pourraient bien continuer dans cette direction, compte tenu du caractère extrêmement accommodant des politiques monétaires conduites aux Etats-Unis, dans la zone euro, au Royaume-Uni et même au Japon. Cependant, cette voie est loin d'être à sens unique et des retournements sont à anticiper, en particulier en cas d'un renouveau des inquiétudes à l'égard de la croissance ou de déceptions sur le front politique. Une hausse durable du cours du pétrole au-delà de 125 USD à 130 USD le baril risquerait de remettre en cause la frêle reprise de la croissance mondiale ".
Selon Frank Dixmier, Chief Investment Officer Taux Europe, les marchés obligataires renouent avec leurs fondamentaux. En effet, "les marchés ont pleinement intégré, dans le calme, le dénouement de la saga de la participation du secteur privé (PSI) dans la crise de la dette grecque et l'exercice des clauses d'action collective (CAC), venant sanctionner le défaut d'un Etat membre de la zone euro. De même, le déclenchement et la valorisation des CDS ont eu lieu dans une indifférence générale. Cela associé au programme de LTRO, semble avoir résolu (du moins temporairement) le problème du risque systémique qui pesait non seulement sur l'Europe, mais également sur le monde entier, du fait d'un potentiel effet domino induit par un effondrement de la zone euro. En ce qui concerne notre allocation d'actifs au sein de la zone euro, nous sommes devenus moins défensifs, afin de tirer parti des spreads des pays périphériques par rapport à l'Allemagne. Ainsi, nous sommes redevenus neutres sur l'Italie, après avoir été sous-pondérés. Plusieurs sujets majeurs restent à l'ordre du jour, notamment la ratification des engagements pris au niveau européen dans le cadre de l'accord budgétaire de décembre dernier (le " fiscal compact ")".
Sur un plan thématique, Stefan Hofrichter, chef économiste d'AllianzGI, souligne pour sa part "qu'en Europe, en effet, l'ensemble des mesures visant à maintenir artificiellement les taux d'intérêt, et par conséquent les taux de rendement des emprunts d'Etat, à des niveaux peu élevés constituent une forme de répression financière".
Stefan Hofrichter précise également que, "de manière plus importante, les taux de rendement pourraient rester structurellement en-deçà de la croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) nominal dans les pays capables d'émettre des obligations dans leur propre devise ou dont les emprunts d'Etat sont considérés comme étant de grande qualité. Pour les investisseurs obligataires, les conséquences sont assez évidentes : le risque de baisse des rendements nominaux est limité. Cependant, en termes réels (ajustés de l'inflation), les anticipations de rendement total sont très faibles et pourraient même devenir négatives. En revanche, pour les investisseurs en actions, les répercussions de ce contexte de faible taux semblent moins claires pour le moment. Toutes choses égales par ailleurs, les taux d'intérêt et de rendement, artificiellement maintenus à des niveaux extrêmement faibles par les gouvernements, pourraient se traduire par une mauvaise allocation du capital et un recul de la croissance. En Europe, les multiples de prix /bénéfices (PER) sont inférieurs à leur moyenne historique et nettement en-deçà de ceux relevés aux Etats-Unis, sans pour autant être suffisamment faibles pour garantir une hausse future. En conséquence, les investisseurs devraient, selon nous, prêter moins d'attention au potentiel de croissance des multiples de prix/bénéfices et davantage aux rendements et à la croissance durable des dividendes".
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