(Boursier.com) -- Le gérant
La société Phileas Asset Management a été créée en décembre 2010 et a lancé son premier fonds, Phileas LS Europe en avril 2011, qui a commencé à être activement géré à partir du 10 mai.
L'actionnariat est composé à 75% par les co-fondateurs, à 15% par des conseillers en gestion de patrimoine indépendants et à 10% par la Financière de l'Echiquier.
Les co-fondateurs sont aussi les gérants du fonds. Cyril Bertrand a treize ans d'expérience sur les marchés financiers et Ludovic Labal en a onze. Ils ont travaillé ensemble chez Exane dans le pôle compte propre où ils ont pu mettre en oeuvre une stratégie de Long Short Equity ayant une sensibilité neutre vis-à-vis des marchés.
Auparavant, Cyril a été vendeur actions à la Société Générale de 1998 à 2002 puis vendeur et responsable du pôle vente actions européennes chez Exane de 2002 à 2009. De 2009 à 2010, il a travaillé avec Ludovic en tant que gérant Long Short Equity Market Neutral.
Ludovic a commencé sa carrière en 2001 chez Lazard Frères Gestion en tant que gérant actions puis responsable du pôle Mid-Caps. De 2006 à 2010, il a été gérant Long Short Equity Market Neutral chez Exane.
La stratégie du fonds
Les gérants mettent en place des stratégies à la fois acheteuses et vendeuses sur des actions afin que le portefeuille ne réagisse pas en fonction des mouvements sur les marchés.
Le but de cette stratégie est de capter la différence relative de rendement entre la position acheteuse et la position vendeuse, ceci sans l'utilisation d'effet de levier. La performance du fonds est par conséquent la résultante de la performance du portefeuille acheteur à laquelle est retranchée la performance du portefeuille vendeur.
L'exposition brute du fonds (somme des positions acheteuses et vendeuses) ne doit pas dépasser 200% tandis que l'exposition nette (écart relatif entre positions acheteuses et vendeuses) doit être comprise entre -20 et +20%. Concrètement, l'exposition nette du fonds varie plus autour de 0%, sans biais spécialement acheteur ou vendeur.
Cette neutralité vis-à-vis de l'ensemble du marché actions est aussi mise en oeuvre au niveau sectoriel.
En effet, Phileas LS Europe est divisé en douze sous-portefeuilles indépendants représentant chacun une exposition sectorielle, opérateurs télécom, construction, services, santé...
Chacun de ces sous-portefeuilles doit avoir une exposition neutre, ce qui donne un portefeuille global théoriquement insensible aux variations sectorielles.
Les positions sont essentiellement mises en oeuvre sur des actions européennes ayant une grande capitalisation.
A titre accessoire, le fonds pourra être investi sur des actions des USA, Canada et pays émergents. Le fonds pourra être investi sur des actions ayant une capitalisation inférieure à 2 MdsE à hauteur de 20% maximum de l'actif.
Les gérants ne souhaitent pas investir sur les secteurs de la finance et de l'énergie. C'est d'ailleurs pour cette raison que les gérants utilisent très rarement les ventes de contrats futures sur indices mais plutôt des CFD pour mettre en place des positions vendeuses sur des actions en direct.
Le processus d'investissement vise à réaliser un diagnostic stratégique à travers une analyse de l'attractivité du secteur et du positionnement concurrentiel de la société étudiée au sein de ce dernier. Un diagnostic financier est ensuite réalisé,rentabilité, croissance et structure financière, puis une évaluation de la valeur théorique de marché de l'entreprise ainsi qu'un objectif d'achat et de vente en termes de prix.
Portefeuille du fonds
A fin août, l'exposition sectorielle du fonds comportait un léger biais acheteur sur les secteurs de la consommation courante et cyclique, des matériaux, de la santé, de la technologie et des télécoms. En revanche, un léger biais vendeur était à noter sur les secteurs de l'industrie et des services publics.
En terme géographique, le portefeuille avait une légère position vendeuse sur l'Allemagne, la Finlande, l'Italie, la Suède et la Suisse. Au contraire, le fonds avait un biais acheteur un peu plus marqué sur la France et le Royaume-Uni.
L'exposition nette aux actions de grande capitalisation était positive (5,6%) et négative pour les actions de petites et moyennes capitalisations (respectivement -1,9 et -0,2%).
Le portefeuille était composé de vingt-cinq lignes acheteuses et vingt huit lignes vendeuses. Enfin, l'actif net est actuellement de 45 ME.
Performance et risque
Méthode testée et approuvée par les gérants au cours de leurs expériences passées, la gestion du risque est principalement axée sur le contrôle des drawdowns. Ce qui implique une discipline stricte de sortie des positions. Ainsi, le drawdown maximum depuis la création est de -0,33%. La volatilité est faible (1,4%) au regard d'un objectif plutôt compris entre 3 et 5%.
A fin septembre, la performance depuis la création était de +3,07% et elle a été respectivement de +0,72%, +1,07% et +0,09% au cours des mois de juillet, août et septembre. L'objectif de performance annualisée, compris entre 4 et 8%, est donc respecté.
Conclusion
Les gérants ont reçu une formation dans l'une des plus prestigieuses sociétés de gestion françaises sur les stratégies Long Short et ont décidé de créer leur propre société, en apportant 75% du capital.
Ils ont gardé le même process de gestion et de contrôle des risques depuis des années. Nous apprécions beaucoup cette rigueur surtout cet esprit entrepreneurial.
De plus, environ la moitié de leur patrimoine est investi dans le fonds.
Ces éléments sont la preuve d'une réelle volonté de créer de la valeur à travers ces fonds. Le rapport rendement/risque depuis la création est excellent mais il est tout de même à relativiser, des mois négatifs peuvent bien évidemment survenir.
En revanche, le risque de drawdown reste relativement faible.
Thierry Crovetto - Responsable de la stratégie d'investissement de G&G Private Finance
& Yoann Dupin - Analyste Gérant Multigestion de Swan Capital Management
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