EDR GOLDSPHERE B
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La sicav de la semaine : Goldsphère

(Boursier.com) -- Le gérant
Edmond de Rothschild Asset Management (EDRAM) est la principale filiale de gestion pour compte de tiers de La Compagnie Financière Edmond de Rothschild. EDRAM gère ainsi une gamme complète de fonds actions, obligations convertibles et gestion diversifiée. La Compagnie Financière Edmond de Rothschild étant-elle-même une branche française du Groupe Edmond de Rothschild qui est un acteur majeur de la banque privée et de la gestion d'actifs. Le groupe Edmond Edmond de Rothschild gère 100 Milliards d'actifs en euros avec 2700 collaborateurs et 250 gestionnaires de portefeuille tandis qu'EDRAM gère 15 Milliards avec 145 collaborateurs et 40 analystes/gérants.

Les deux gérants, Emmanuel Painchault et Raphael Dubois, ont été recrutés chez Société Générale Asset Management (SGAM) fin 2008. Ils ont par conséquent l'habitude de travailler ensemble et leur process a déjà été testé dans le passé. Emmanuel Painchault, gérant principal du fonds, a commencé sa carrière en 1996 au sein de CCF Elysées Bourse, la société de bourse du CCF, en tant qu'analyste financier sur le secteur des produits de base puis comme responsable du secteur. En 1999, il a rejoint SGAM en tant qu'analyste "buy-side", chargé de la couverture européenne des secteurs du Pétrole, de la Chimie, des Mines & Métaux et du Papier. Il est devenu gérant Actions Internationales en 2005, responsable des fonds Energie, Or et Matières Premières. Raphael Dubois, co-gérant, a commencé sa carrière en 2000 au sein du Groupe WestAM en tant qu'analyste " buy-side " couvrant les secteurs de la Chimie et des Produits de Base au niveau européen. Il a rejoint SGAM en juillet 2005 en tant qu'analyste actions européennes pour les secteurs Pétrole, Chimie et Produits de Base, avant d'être rattaché à la gestion Actions Internationales aux stratégies Or, Energie et Matières Premières en tant que co-gérant avec Emmanuel Painchault.

La stratégie du fonds
Ce fonds, créé en septembre 2008, est investi en actions de sociétés liées à l'exploration, l'extraction et/ou la transformation de l'or et, à la marge, des autres métaux précieux. Les valeurs des sociétés aurifères devront représenter au moins 70% de l'actif.

Le processus d'investissement combine un processus descendant (Top-Down) mais aussi un ascendant (Bottom-Up) afin d'anticiper au mieux l'évolution du prix des métaux précieux. Cette analyse du marché permet aux gérants de déterminer les choix sectoriels (or, argent...mais aussi sociétés exploratrices, productrices...) ainsi que géographiques (Afrique, Amériques, Russie, etc.) qu'ils pourront appliquer dans le fonds.

L'univers d'investissement est composé d'environ 150 titres sur lesquels les gérants appliquent une analyse fondamentale et qualitative afin d'obtenir une sélection en portefeuille de 30 à 50 titres. La pondération des positions est très contrôlée afin d'éviter les investissements trop hâtifs ou démesurés. Ainsi, une société exploratrice ne pourra entrer en portefeuille sans une rencontre préalable avec le management. Par ailleurs, son poids dans le portefeuille ne dépassera pas 1% tant que la société ne génère pas de flux de liquidités (Cash Flow). Concernant les sociétés productrices, leur poids varie en fonction du profil de croissance et de la valorisation de la société. Enfin, une contrainte de liquidité a été ajoutée afin de limiter ce risque : le nombre de titres d'une société dans le fonds ne doit pas dépasser plus d'une journée d'échange sur les marchés. Ainsi, le portefeuille doit pouvoir être liquidé en une journée en cas de fort stress sur les marchés. Enfin, les gérants ont adopté une discipline de vente en fonction de critères qualitatifs (risque pays, structure de management, ...) et fondamentaux (valorisation par rapport au potentiel de ressources pour les exploratrices ou prix implicite de l'or dans les cours de bourse pour les sociétés productrices). Il n'existe pour l'instant pas de part couverte contre le dollar sur ce fonds. Les investissements étant majoritairement réalisés en dollars canadiens.

Portefeuille du fonds
Le fonds a actuellement un actif légèrement supérieur à 200 Millions d'Euros, contre 158 en fin d'année dernière.
Il est investi à hauteur de 87% sur les productrices : 46% sur les sociétés senior et 41% sur les intermédiaires (en terme de production et de capitalisation boursière) et à hauteur de 13% sur les exploratrices. A titre comparatif, le FTSE Gold Mines, qui est l'indicateur de référence du fonds, est composé à 81% de seniors et 19% d'intermédiaires. Le fonds Goldsphère permet donc d'exploiter le potentiel de développement des sociétés intermédiaires mais aussi des exploratrices dont le cours peut augmenter significativement en cas de découverte d'un gisement exploitable et rentable.
Les thématiques actuelles du portefeuille consistent à investir dans des sociétés ayant une forte croissance de leur production, dans des exploratrices prometteuses mais aussi de profiter des opérations de fusions acquisitions assez nombreuses dans ce secteur, notamment des productrices sur les exploratrices lors des découvertes de gisement. Enfin, les gérants estiment pouvoir bénéficier d'un levier par rapport au cours de l'or physique via l'absorption réalisée par les entreprises des coûts fixes mais aussi grâce à un effet volume qui permet de lutter contre l'inflation.

Performance et risque
Depuis le début de l'année 2011 jusqu'au 30 août, le fonds (part B) a réalisé une performance de -10,52% alors que le cours de l'or physique a progressé de plus de 29% et a atteint un sommet historique, en août, proche de 1900 USD/oz.
Le fonds a obtenu une performance de +41,28% en 2010 et +33,63% en 2009. Le lancement a été réalisé juste après la chute de Lehman en septembre 2008 et le fonds est resté très volatile jusqu'à la fin de l'année. Il a alors réalisé un drawdown de 25% mais il est redevenu positif à la fin de l'année 2008.
Son maximum de Peak to Valley Drawdon sur un an a été de -23,16% entre le 6 décembre 2010 et le 20 juin 2011, il s'agit d'une classe d'actifs très volatile. Ainsi, la volatilité sur un an a été de 23,87%, ce qui donne un ratio de Sharpe légèrement positif à 0,07.
La corrélation du fonds sur deux ans avec l'Eurostoxx 50 est de 0,15 et est de 0,25 avec le S&P 500. Enfin, la corrélation sur la même période est de 0,03 avec l'indice l'IBoxx Overall Total Return. En revanche, la corrélation du fonds avec le cours de l'or physique est de 0,88. Par conséquent, ce fonds permet de bénéficier d'une augmentation du cours de l'or physique tout en minimisant les aléas des marchés actions.
Depuis le début de l'année, nous avons en revanche assisté à une forte décorrélation entre le cours de l'or physique et le cours des actions des sociétés qui l'extraient ou le recherchent. En effet, ces actions restent des titres considérés risqués par les investisseurs et ont été vendues par de nombreux gérants lors des dernières semaines. De plus, ces titres ne représentent que 1% de la capitalisation boursière mondiale et sont sous-représentés dans les fonds actions généralistes. Des problèmes géopolitiques ont pénalisé le cours de certaines d'entre elles (guerre civile en Côte d'Ivoire, nationalisation, menaces d'augmentation des taxes minières au Pérou et en Tanzanie, violentes émeutes au Burkina Faso et en Egypte...). Enfin, ces sociétés ont connu une inflation de leurs coûts de production, particulièrement en Afrique du Sud.
Cette sous-performance des actions minières s'explique aussi par le fait que les investisseurs n'anticipent pas que le cours de l'or physique puisse rester aussi haut d'ici les prochaines années et donc que les sociétés ne pourront pas réaliser beaucoup de chiffre d'affaire avec un niveau d'or aussi élevé.
Aujourd'hui, les sociétés aurifères valorisent un cours de l'or à seulement 1000 USD/oz.

Conclusion

Il s'agit d'un fonds très faiblement corrélé aux classes d'actifs traditionnelles mais corrélé à l'évolution de l'or physique. Ayant une forte volatilité, il doit être investi à la marge dans les portefeuilles afin de limiter le risque lié aux marchés actions. Les contraintes de risque imposées au fonds permettent à ce dernier de conserver une bonne liquidité et une diversification intéressante.
L'équipe est expérimentée et a déjà travaillé ensemble sur un fonds similaire dans une autre société de gestion de renommée.
Côté demande, entre la joaillerie et les banques centrales voulant diversifier leurs réserves de change dans un monde où les fondamentaux des principales devises sont remises en cause devraient continuer de soutenir l'activité des sociétés aurifères. L'offre d'or quant à elle demeure plutôt instable. La production minière a augmenté par rapport à l'an dernier, mais elle est en baisse séquentielle par rapport au dernier trimestre 2010. De plus, l'offre d'or recyclé a diminué trimestres après trimestres. Autant de facteurs fondamentaux qui devraient a priori soutenir le cours de l'or physique. Un rattrapage pourrait donc être effectué par le secteur aurifère d'ici les prochains mois.

Thierry Crovetto - Responsable de la stratégie d'investissement de G&G Private Finance
& Yoann Dupin - Analyste Gérant Multigestion de Swan Capital Management

J.S. - ©2011, 2012 www.boursier.com

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