(Boursier.com) -- LA TENDANCE
Les indicateurs avancés sont fortement baissiers ce matin, après le gros choc encaissé par Wall Street hier soir, après des indicateurs macroéconomiques médiocres mais surtout la position baissière adoptée par le faiseur de tendances Goldman Sachs sur le S&P500. En soirée, Moody's a abaissé la notation crédit de 15 des plus grandes banques mondiales, dont les françaises BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale. Les notes de ses banques sont cependant encore assez élevées, les européennes ayant d'ailleurs une longueur d'avance sur les américaines de ce point de vue. En parallèle, les expertises indépendantes commandées par le gouvernement espagnol ont montré que les banques du pays pourraient nécessiter 62 milliards d'euros de fonds pour faire face à un scenario adverse. Ces analyses viennent s'ajouter à celles des agences de notation, qui varient du simple au double. La situation espagnole, et sans doute italienne, seront examinées la semaine prochaine par les autorités européennes. Ce soir, Allemagne, France, Italie et Espagne se réunissent en préparation de cette rencontre.
L'actualité des entreprises est très calme ce matin, hormis dans le secteur bancaire après Moody's. Sur le front macroéconomique, rien à signaler aux Etats-Unis aujourd'hui, alors qu'en Allemagne, l'IFO de juin sera connu à 10h00. Il faudra surveiller le marché des matières premières, qui a connu un sérieux trou d'air hier avec une poursuite de la décrue du pétrole.
A une grosse demi-heure des premiers échanges, le CAC40 est donné en baisse d'une vingtaine de points, sous les 3.100 à l'ouverture.
WALL STREET
Wall Street a terminé sa course en forte baisse jeudi soir, après la publication de plusieurs statistiques macroéconomiques décevantes, et au lendemain de la conférence de presse, sans (bonne) surprise, de Ben Bernanke... Les chiffres du chômage hebdomadaire et des ventes de logements existants sont ressortis moins bons que prévu et l'indice d'activité manufacturière régionale de la Fed de Philadelphie est nettement négatif. En revanche, l'indice des indicateurs économiques avancés affiche une hausse surprise. Par ailleurs, les investisseurs restent inquiets face à la situation en zone euro et au ralentissement économique en Chine. Enfin, Goldman Sachs a tiré Wall Street vers le bas en soirée, en anticipant une baisse du S&P500 à court terme. Le DJIA a ainsi clôturé en recul de 1,96% à 12.573 pts, et le Nasdaq a chuté de 2,44% à 2.859 pts. De son côté, le S&P500 a cédé 2,23% à 1.325 pts...
ECO ET DEVISES
Deux indicateurs en Europe ce matin, en France avec les salaires du 1er trimestre (8h45 : consensus +0,8%) et en Allemagne avec l'indice IFO de juin (10h00 : consensus 105,6). Le programme est vierge aux Etats-Unis.
Sur le marché des changes, il faut 1,2556 Dollar pour 1 Euro. Le baril de Brent se négocie 89,90$ et son homologue WTI à 78,65$ (échéance août). L'once d'or s'affiche à 1.566$ (-0,01%).
VALEURS A SUIVRE
* Banques : cette nuit, Moody's a abaissé les notations crédit de quinze banques mondiales majeures, pour prendre en compte leur "exposition importante la volatilité et au risque de pertes importantes inhérentes aux activités des marchés de capitaux". L'agence explique qu'elle a aussi intégré leurs autres activités, qui ont souvent pour rôle d'absorber les chocs dus aux opérations de marché, mais qui ne sont pas non plus exemptes de risques. Les décisions annoncées dans la nuit mettent un terme à la revue initiée par le bureau d'études le 15 février dernier. Il est intéressant de noter que les banques européennes sont mieux notées que leurs homologues américaines, qui sont davantage exposées aux aléas du marché. Le Crédit Suisse paie le plus lourd tribut parmi les quinze établissements, avec une notation long terme abaissée de trois crans, de "Aa2" à "A2" (perspective stable). Dix établissements voient leurs notes reculer de deux crans, à savoir Barclays ("A3", perspective négative), Citigroup ("Baa2", perspective négative), Goldman Sachs ("A3", perspective négative), JP Morgan ("A2", perspective négative), Morgan Stanley ("Baa1", perspective négative), BNP Paribas ("A2", perspective stable), Crédit Agricole ("A2", perspective négative), Deutsche Bank ("A2", perspective stable), Royal Bank of Canada ("Aa3", perspective stable), UBS ("A2", perspective stable). Enfin, quatre banques ne sont sanctionnées que d'un cran : HSBC ("Aa3", perspective négative), Bank of America ("Baa2", perspective négative), RBS ("Baa1", perspective négative) et Société Générale ("A2", perspective stable).
* BNP Paribas : si la société a pris acte de la décision de Moody's de réduire de deux crans sa notation crédit cette nuit, à "A2", la banque ne partage pas l'analyse de l'agence. L'établissement français estime que le bureau d'études, qui reconnaît par ailleurs sa solidité, n'a pas suffisamment pris en compte le plan de réduction du bilan de la banque ni son solide profil de liquidité. "La très bonne résistance de BNP Paribas durant la crise, sa solide solvabilité, et une politique constante de prudence en font l'une des banques les plus robustes du monde", clame-t-elle, en rappelant que S&P la note "AA-" et Fitch "A+", soit un cran en-dessous. Le "A2" de Moody's correspond à un "A" chez les deux autres agences.
* Société Générale : la banque a racheté 1,7 milliard d'euros d'instruments de dette hybride Lower Tier 2, à l'issue d'une offre lancée le 11 juin. Au travers de cette opération, le Groupe réalise un profit avant impôt d`environ 300 millions d`euros et son ratio Core Tier 1 augmente de 6 points de base (proforma au 31 mars 2012).
* Vivendi : le management démarre un séminaire stratégique de trois jours. Les investisseurs pensent que des décisions sur l'avenir du périmètre pourraient être annoncées.
* Trigano : nouvelle opération de croissance externe pour le groupe, qui a signé un protocole d'accord pour l'acquisition de la société Gaupen Henger, entreprise leader de la fabrication de remorques en Norvège. Elle emploie 30 personnes pour un chiffre d'affaires de 93 millions de couronnes norvégiennes (12,5 millions d'euros). Avec un réseau de 180 distributeurs, la société commercialise plus de 30.000 remorques par an sous la marque Gaupen, à destination des particuliers et des professionnels. La finalisation de cette acquisition reste soumise à l'agrément de l'autorité norvégienne de la concurrence.
* Europlasma inaugure son usine de Morcenx. Francis Le Cam est nommé directeur général délégué des Fromageries Bel. Eurosic finalise les cessions du 52 Hoche et d'Avant Seine pour 508 millions d'euros. Heurtey Petrochem signe un premier contrat de 6 millions d'euros en Chine. La solution Be2bill de Rentabiliweb s'enrichit pour lutter contre l'abandon d'achat.
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