(Boursier.com) -- LA TENDANCE
Les marchés européens vont reculer ce matin, après de mauvaises statistiques du commerce extérieur chinois, qui soulèvent à nouveau la question de l'impact du ralentissement économique global sur l'atelier du monde, et ramènent sur le devant de la scène d'hypothétiques mesures de relance par Pékin. En Asie, même cause et mêmes effets avec un Nikkei 225 japonais qui perdait près de 1% à la clôture, comme le Hang Seng de Hong Kong en fin de parcours. Seules Séoul (Corée) et Taiwan grappillaient quelques points.
L'actualité du jour restera modeste avec l'arrivée de la période estivale la plus calme. Il n'y aura d'ailleurs aucune publication d'entreprise majeure aux Etats-Unis. En Europe, l'aciériste allemand ThyssenKrupp, l'assureur britannique Prudential, le réassureur allemand Hannover Re et le raffineur italien Saras font partie des derniers grands groupes à dévoiler leurs trimestriels ce matin.
WALL STREET
Au terme d'une séance assez calme, Wall Street termine proche de l'équilibre après son récent rallye. Les espoirs de stimulus des banques centrales avaient précédemment soutenu les places boursières, avec notamment un plus haut de 5 mois sur les marchés européens. Outre-Atlantique, les chiffres de l'emploi hebdomadaire ressortent rassurants, tandis que le déficit commercial s'est résorbé quelque peu en juin. News Corp, Jack in the Box, Kohl's, Dun & Bradstreet ou Wendy's ont publié sur la cote américaine. National Oilwell a par ailleurs fait état d'une acquisition de 2,5 Mds$... Le DJIA cède finalement 0,09% à 13.164 pts, tandis que le Nasdaq prend 0,25% à 3.019 pts. Le S&P500 grignote de son côté 0,04% à 1.403 pts.
ECO ET DEVISES
En France, place à 8h45 à la production industrielle (consensus +0,1% m/m ; -1,8% y/y) et au déficit budgétaire (consensus -62,9 milliards d'euros) de juin. Aux Etats-Unis, les prix à l'import et à l'export de juillet sont prévus à 14h30 (consensus +0,2% m/m pour l'import) et le déficit budgétaire à 20h00 (consensus -93 milliards de dollars en juillet).
Sur le marché des changes, il faut 1,2297 Dollar pour 1 Euro. Le baril de Brent se négocie 112,93$ et son homologue WTI à 93,24$ (échéance septembre). L'once d'or s'affiche à 1.612$ (-0,25%).
VALEURS A SUIVRE
* Dassault Aviation : le renouvellement de la flotte de jets de combats brésiliens attendra. Le gouvernement du pays a repoussé l'acquisition d'appareils de dernière génération, arguant des conditions économiques qui modifiaient les priorités. Dans un entretien au 'Wall Street Journal', le Ministre de la Défense, Celso Amorim, a malgré tout indiqué que le projet "n'est pas abandonné" et qu'une décision sera prise le "moment venu", c'est-à-dire pas dans un futur proche. "Aujourd'hui, je préfère ne pas donner de date", a d'ailleurs précisé l'interlocuteur du quotidien financier américain. Le contrat brésilien est une arlésienne de plus dans un secteur qui raffole de ce genre de scenario, du moins du côté des donneurs d'ordres et beaucoup moins, cela va de soi, de celui des industriels. Dassault Aviation et son 'Rafale', Saab et son 'Gripen' et Boeing et son 'F/A18 Super Hornet' s'étaient disputé l'appel d'offres, que le français pensait avoir gagné. Le Brésil cherche à commander 36 jets de combat, pour une ardoise qui pourrait avoisiner les 3 milliards d'euros, hors services et maintenance. D'importants transferts de technologie sont envisagés par les prétendants afin de décrocher le contrat.
* Société Générale : après la clôture hier soir, la banque a confirmé la rumeur de signature d'un accord définitif en vue de la cession de sa participation dans TCW à Carlyle Group et à la direction de TCW. Avec cette transaction, Société Générale réalise une nouvelle étape dans la mise en oeuvre de son plan de transformation. Il vise à concentrer ses ressources sur les activités coeur, et à simplifier son dispositif. L'augmentation du ratio Core Tier 1 Bâle III pro forma du Groupe liée à cette cession est estimée à +13 points de base à la clôture de l'opération prévue pour le 1er trimestre 2013.
* GDF SUEZ : le gouvernement a demandé au groupe d'étaler la hausse rétroactive du prix du gaz sur plusieurs factures, ce que la société a accepté, dans une certaine mesure. Le rattrapage correspondra pour les consommateurs à un complément de facture moyen de 38 euros pour un foyer se chauffant au gaz et de 5,1 euros pour un foyer utilisant l'eau chaude sanitaire au gaz. Plus précisément, GDF SUEZ va diviser en trois le paiement pour les clients en rythme de facturation bimestriel ou semestriel. Pour les clients mensualisés, deux situations sont possibles. Ceux qui reçoivent leur facture annuelle de régularisation entre décembre 2012 et juin 2013 se verront facturer la moitié du rattrapage à l'occasion de cette facture, le solde étant versé lors de la suivante en 2014. Ceux qui doivent la recevoir entre juin 2013 et décembre 2014 devront s'en acquitter en une fois, mais dans plus d'un an. Cette mesure est la conséquence d'un arrêt du Conseil d'Etat, saisi par GDF SUEZ du gel des prix du gaz entre le 1er octobre 2011 et le 1er janvier 2012 par le précédent gouvernement. Le juge administratif avait estimé que les autorités avaient à tort prononcé ce statu quo.
* Nacelles élévatrices : l'investisseur américain Carl Icahn, qualifié d'activiste car il tente d'imposer ses vues au management des sociétés dans lesquelles il prend des parts sans concertation avec les dirigeants en place, a demandé au groupe Oshkosh de laisser sa filiale JLG Industries voler de ses propres ailes, afin de débloquer de la valeur pour les actionnaires. Le groupe spécialisé dans les véhicules spécialisés comme les camions de pompiers, les chasse-neige ou les bétonnières avait acquis le spécialiste des nacelles élévatrices en 2006 pour 3,1 milliards de dollars en numéraire. A l'époque, il réalisait 2,29 milliards de dollars de chiffre d'affaires pour une marge d'EBITDA de 12% et une marge nette ajustée avant impôts de 6,5%. JLG Industries est un concurrent d'Haulotte pour la partie fabrication de nacelle et de Manitou en ce qui concerne la distribution de matériel de manutention. Il sera donc intéressant de suivre l'évolution du dossier américain et sa valorisation dans l'hypothèse où Icahn arriverait à ses fins et parvenait à provoquer la scission du groupe. Selon le financier, qui détient 9,5% du capital d'Oshkosh, "la valeur du segment JLG dépasse la valeur totale de l'émetteur", et que "compte tenu des perspectives et de la rentabilité" des autres segments d'Oshkosh, "la valeur de JLG ne sera pas reconnue" dans un futur proche. Oshkosh pèse actuellement 2,16 milliards de dollars en bourse (environ 1,75 milliard d'euros).
* Air France KLM : le transporteur pourrait mettre en place des vols internationaux depuis Orly, aéroport jusqu'alors consacré à ses vols intérieurs. Ce point aurait été évoqué lors d'un comité central d'entreprise (CCE) fin juin, explique La Tribune qui croit savoir que 4 destinations seraient concernées : Rome (Fiumicino), Istanbul, Athènes et Casablanca. La filiale à bas coûts Transavia opère déjà depuis Orly pour des vols internationaux. Un vol quotidien serait prévu pour chacune d'entre elles. Le projet s'inscrit dans le cadre d'un transfert de vols de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle vers Orly, prévu dans le volet industriel et stratégique du plan de redressement 'Transform 2015'.
* Derichebourg : le groupe de recyclage des métaux prévoit d'engager rapidement une restructuration stratégique dans le but d'un désendettement significatif. Le groupe compte donc sur une renégociation, avec ses partenaires financiers, de conditions favorables de leur accompagnement dès le 31 décembre de cet exercice, avec un recentrage de son développement futur. Au cours du trimestre écoulé, la société a poursuivi avec les différentes parties prenantes ses travaux relatifs à la transformation de son contrat d'affacturage en contrat de cession sans recours, dont elle escompte toujours la concrétisation d'ici le 30 septembre 2012. Derichebourg a prévenu qu'il n'entrevoit pas d'amélioration significative de la conjoncture d'ici la fin de son exercice (30 septembre) et rappelle que son activité de recyclage des métaux y est particulièrement sensible. Les activités Services aux Entreprises et Services Aéroportuaires devraient, elles, bénéficier d'une saisonnalité habituellement favorable sur le dernier trimestre de l'exercice, assure le groupe. Le chiffre d'affaires consolidé s'élève au 30 juin 2012 à 2,7 Milliards d'Euros, en retrait de 5,3% par rapport à celui de l'exercice précédent. L'EBITDA courant du groupe ressort à 140,3 ME à fin juin 2012 contre un EBITDA de 203 ME publié à la même période en 2011.
* Electricité et Eaux de Madagascar, SQLI, Maurel et Prom Nigeria, Kindy, Rougier, Medasys et Store Electronic Systems ont publié leurs comptes. Monceau Fleurs a levé 2 millions d'euros. Medicrea lance une augmentation de capital à 10 euros. Econocom va racheter 7,6% de son capital et diviser le nominal des actions.
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