(Boursier.com) -- LA TENDANCE
Après avoir évoqué le premier week-end de février, puis dimanche, puis mercredi dernier, la rumeur en est certaine : la finalisation du plan de sauvetage grec est pour lundi prochain... enfin peut-être. Cela suffit cependant à redonner le sourire à des marchés qui hésitaient ces derniers jours. Hier soir, cela a en tout cas contribué à réveiller le marché américain, soutenu également il est vrai par une nouvelle série de statistiques positives.
Côté entreprises, les industrielles françaises sont à l'honneur avec Saint Gobain, Air Liquide ou Lafarge qui ont dévoilé leurs résultats depuis hier soir. Ailleurs en Europe, Anglo American ou Aegon étaient également sur les tablettes. Il faudra également garder un oeil sur l'inflation (14h30) et l'indice des indicateurs avancés (16h00) américains.
A une demi-heure des premiers échanges, les indicateurs avancés du CAC40 pointent au-delà des 3.400 points.
WALL STREET
Le marché américain est reparti de l'avant hier soir, malgré l'alerte de Moody's concernant le secteur bancaire et les incertitudes sur le dossier grec. Les investisseurs ont préféré se tourner vers les dernières statistiques américaines plutôt solides sur le front de l'immobilier et de l'emploi, et l'indice de la Fed de Philadelphie meilleur que prévu. Dans l'actualité "entreprises", les publications se sont poursuivies, avec notamment General Motors qui a dévoilé un bénéfice record. Le DJIA a fini en hausse de 0,96% à 12.904 pts, et le Nasdaq a gagné 1,51% à 2.959 pts.
ECO ET DEVISES
En Europe, les ventes de détail au Royaume-Uni en janvier seront présentée à 10h30 (consensus -0,3% m/m ; 0,0% y/y hors auto et carburant). Aux Etats-Unis, les investisseurs suivront à 14h30 l'indice des prix à la consommation (consensus +0,3% m/m) et à 16h00 l'indice des indicateurs avancés de janvier (consensus +0,5%).
La parité euro / dollar atteint 1,3129 ce matin. Le baril de Brent de Mer du Nord se négocie 120,32$ et celui de brut léger américain WTI à 102,41$ pour l'échéance de mars. L'once d'or atteint 1.732$ (+0,5%).
VALEURS A SUIVRE
* Lafarge : le groupe était en pertes sur le 4ème trimestre, ce qui a empêché le cimentier d'atteindre les anticipations des analystes en terme de bénéfice net sur l'exercice 2011. La faute à 285 Millions d'Euros de charges de dépréciations sur certains actifs, dont une partie en Grèce. Hormis cet accroc, qui est purement comptable et ne pèsera donc pas sur la trésorerie, les chiffres sont plutôt meilleurs que prévu. Sur l'exercice entier, cela se traduit par un chiffre d'affaires de 15,284 MdsE, en croissance de 3% en données publiées et de 5% en comparable, pour un EBITDA de 3,217 MdsE (-8% en publié, -6% en comparable) et un résultat opérationnel courant de 2,179 MdsE (-9%, en publié comme en comparable). Le bénéfice net part du groupe ressort à 593 ME, en retrait de -28%, pour une génération de cash-flow libre en baisse de -31% à 1,208 MdE. Les analystes anticipaient en moyenne 15,15 MdsE de chiffre d'affaires, pour 3,1 MdsE d'EBITDA et un bénéfice net ajusté de 695 ME. Les chiffres présentés ce matin sont ajusté des activités plâtres cédées ou en cours de cession. Côté bilan, la dette nette a reculé de -14% à 11,974 MdsE. Les investissements ont été limités à 1,2 MdE l'année dernière, contre 1,3 MdE en 2010. Cette année, ils ne devraient pas dépasser 800 ME. Après 2,2 MdsE de cessions l'année dernière, le groupe devrait bénéficier d'environ 1 MdE de désinvestissements cette année. A fin 2011, il disposait de 4 MdsE de lignes de crédit non-tirées, d'une échéance moyenne de 2,2 ans, ainsi que de 3,2 MdsE de disponibilités. Lafarge rappelle que sa dette n'est assortie d'aucune condition particulière ("covenant"). Le dividende sera réduit à 0,50 Euro par action,
* France Telecom : la Commission de la concurrence suisse a donné son feu vert au rachat d'Orange Suisse par le fonds Apax Partners. "L'examen préalable n'a pas établi d'indices démontrant que le projet d'acquisition pourrait créer ou renforcer une position dominante", a souligné la COMCO dans un communiqué diffusé ce matin. "Après cette opération, le marché suisse des télécommunications mobiles demeure caractérisé par la présence de trois grands opérateurs, ce qui assure le maintien de son dynamisme et garantit son ouverture à de nouvelles innovations", a précisé le régulateur, qui ne procèdera donc pas à un examen approfondi. L'opérateur français avait signé en décembre dernier avec Apax un accord de cession d'Orange Suisse pour une valeur d'entreprise de 2 Milliards de Francs Suisses, soit 1,6 Milliard d'Euros. Ce montant de valorisation correspondant à un multiple de 6,5 fois l'EBITDA de l'entité, qui emploie 1.200 salariés et a réalisé en 2010 un chiffre d'affaires de 1,3 MdCHF. Elle comptait 1,6 Million de clients à fin septembre 2011.
* Air Liquide : les résultats de la société ne recèlent traditionnellement pas de mauvaises surprises, tant leur prévisibilité est élevée. Les chiffres publiés ce matin ne dérogent pas vraiment à la règle, même si les analystes pourraient trouver à redire sur le résultat opérationnel courant et sur une hausse du coupon un peu chiche. Les perspectives de démarrage de projets sont en revanche très élevées pour l'exercice en cours, ce qui pourrait atténuer les déceptions. Le géant des gaz industriels a réalisé un chiffre d'affaires 2011 de 14,457 Milliards d'Euros, en croissance de 7,2% en données publiées et de 6,8% en comparable. Sur le seul périmètre Gaz et Services, la hausse atteint 7,5% en comparable à 12,84 MdsE. Le résultat opérationnel courant, à 2,409 MdsE, est en hausse de 7% et matérialise une marge de 16,7%, stable par rapport à 2010 (en hausse de 0,1 point en comparable). Le bénéfice net part du groupe atteint 1,535 MdE, soit une progression de 9,4%. Les analystes anticipaient 14,45 MdsE revenus et 2,42 MdsE de résultat opérationnel courant, pour 1,53 MdE de bénéfice net ajusté. Les bureaux d'études espéraient une hausse du dividende par rapport aux 2,35 Euros versés en 2010, voeu exaucé avec un coupon de 2,50 Euros, en hausse de 6,4% donc. "Les décisions d'investissements, qui s'élèvent à 2 milliards d'euros en 2011 dont plus de 60% dans les zones en développement, la signature de nouveaux contrats et l'innovation permanente pour élargir ses métiers, permettent au Groupe de renforcer sa présence sur les marchés en croissance, et d'être confiant dans son développement à moyen-terme dans le cadre du programme ALMA 2015. Dans ce contexte, et sauf dégradation majeure de la conjoncture, Air Liquide continue de viser une croissance de son résultat net en 2012", a souligné le président Benoît Potier.
* Alstom : la SNCF envisage de commander au groupe 40 rames de TGV supplémentaires pour moderniser ses lignes. Le PDG du groupe, Guillaume Pépy, explique ainsi ce matin dans un entretien publié par 'Les Echos' que le conseil d'administration de la SNCF "a décidé d'engager une négociation avec Alstom pour une éventuelle levée des options posées en 2007, pouvant aller le cas échéant jusqu'à 40 rames euro duplex". Ces rames, livrables à partir de 2016, seraient destinées à remplacer une partie de celles du TGV Atlantique, et représenteraient un investissement potentiel maximum de 1,2 Milliard d'Euros pour la SNCF. Un tel investissement est "rendu possible grâce à la visibilité dont nous disposons désormais sur l'évolution des péages (versés à Réseau Ferré de France) jusqu'en 2018", ce qui permet à la SNCF de réduire l'incertitude et les risques sur ses investissements, précise le dirigeant.
* Saint Gobain : les résultats 2011 sont proches des attentes des analystes, même si certains éléments non-récurrents sont venus peser sur le bénéfice net. Le groupe a dégagé 42,11 Milliards d'Euros de revenus annuels, en croissance de 5%, pour un résultat d'exploitation de 3,44 MdsE (+10,4%) et un bénéfice net courant de 1,736 MdE (+30%), c'est-à-dire hors plus ou moins-values de cessions, dépréciations d'actifs et provisions non récurrentes significatives. Le bénéfice net part du groupe ressort à 1,28 MdE (+13,7%). Le consensus s'établissait à 42 MdsE de chiffre d'affaires pour 3,36 MdsE de résultat d'exploitation et un bénéfice net de 1,64 MdE. La société signale également que son autofinancement libre ressort à 1,41 MdE avant impact fiscal des plus et moins-values de cessions et dépréciations d'actifs, au-delà de l'objectif de début d'année (1,3 MdE). La dette nette est en progression de 12,9% du fait des investissements industriels notamment, et atteint 8,1 MdsE. Elle représente 44% des fonds propres, contre 39% un an avant. Le ratio de couverture de la dette par l'EBITDA s'établit à 1,6 fois contre 1,5 fois un an avant. La direction, qui propose un dividende de 1,24 Euro en numéraire (+8%), reste prudente pour 2012 au vu du contexte macroéconomique. "Nous visons une croissance interne modérée, principalement tirée par l'augmentation des prix de vente nécessaire pour répercuter la hausse des coûts des matières premières et de l'énergie, ainsi qu'une bonne résistance de notre résultat d'exploitation et de notre rentabilité", a ainsi commenté le président Pierre-André de Chalendar. La croissance interne sera avant tout alimentée par les hausses de prix. Saint Gobain envisage aussi un "autofinancement élevé" et une stabilisation à 2 MdsE des investissements industriels (à environ 2 MdsE).
* SES : le groupe a vu son chiffre d'affaires stagner en 2011, à 1,733 Milliard d'Euros (-0,1%), bien que sa part récurrente affiche une progression de 2,8%, assure l'opérateur satellitaire. L'EBITDA, à 1,274 MdE, baisse de -1,7%. Là aussi, la part récurrente est en croissance, de 3,1%, et représente 74,6% des revenus. Le résultat opérationnel croît de 1,4% à 808,2 ME et le bénéfice net part du groupe de 26,8% à 617,7 ME. Le consensus Bloomberg était positionné à 1,736 MdE de revenus, 1,289 MdE d'EBITDA et 580 ME de bénéfice net ajusté. Le conseil propose le versement d'un dividende de 0,88 Euro par cation de catégorie A. Le carnet de commandes de l'opérateur atteint 7 MdsE, en hausse de 6,1% sur un an, après 2 MdsE de contrats engrangés sur l'exercice. "La réorganisation de SES, lancée en 2011, commence à porter ses fruits, avec notamment un centrage sur les marchés-clés. Sept nouveaux satellites sont en cours de construction et devraient être lancés avant la fin de 2014. Les nouvelles capacités desserviront, pour l'essentiel, les clients des marchés émergents. La qualité des positions orbitales et les zones de couverture de SES sont à la base de la croissance future", a souligné le président Romain Bausch. "En 2012, l'arrêt de la télévision analogique en Allemagne aura un impact exceptionnel sur l'activité", ajoute le dirigeant, qui précise que retraité de cet impact, le taux moyen de variation annuelle (dit "TMVA") sous-jacent du chiffre d'affaires sur 3 ans (2012-2014) devrait s'établir, aux environs de 7,5%. En données récurrentes, ce taux devrait se situer aux environs de 4,5%, "un chiffre qui reflète les retards de lancement et l'état de santé de certains satellites", conclut le dirigeant, qui assure envisager l'avenir "avec confiance".
* Saft : le chiffre d'affaires annuel se monte en 2011 à 628,7 Millions d'Euros. Hors produit de redevance non récurrent de 7,4 ME enregistré dans le cadre de l'accord conclu avec Johnson Controls, il progresse de 7,1% à taux de change constants et de 5,1% à taux de change courants. L'EBITDA publié est en progression de 1,5% à 110 ME, soit une marge de 17,5% du chiffre d'affaires (18,3% en 2010). Retraité du produit non récurrent, il s'établit à 102,6 ME, soit 16,5% du chiffre d'affaires. Le consensus anticipait en moyenne un chiffre d'affaires annuel de 621,25 ME, pour un EBITDA de 107,9 ME. Saft dégage un résultat net de 75 ME, dont 23,9 ME de résultat net dû à la sortie de Johnson Controls-Saft. Le bénéfice net par action est de 2,98 Euros (1,46 Euro en 2010), dont 0,96 Euro au titre des activités arrêtées. Grâce à la forte génération de trésorerie de ses activités et au produit de 145 M$ résultant de la cession de sa participation dans Johnson Controls-Saft, le Groupe termine l'année avec une trésorerie importante de 267,2 ME, qui lui donne toute la flexibilité nécessaire afin de profiter d'opportunités futures. En raison de son excellente situation financière, Saft proposera à l'Assemblée générale des actionnaires la distribution d'un dividende ordinaire en augmentation, à 0,72 Euro par action, ainsi qu'un dividende exceptionnel de 1 Euro par action. Malgré les incertitudes sur la croissance de nombreuses économies en 2012, le groupe prévoit une progression continue de ses activités et marchés traditionnels et une contribution significative de Jacksonville. Le chiffre d'affaires global devrait progresser au minimum de 5% à taux de change constants en 2012. Saft anticipe une marge d'EBITDA de l'ordre de 16,5-17%.
* Icade : en 2011, le cash-flow net courant a atteint à 223,5 Millions d'Euros (4,32 Euros/action) contre 175 ME pour 2010 (3,43 Euros/action). Il est en hausse de 28% pour l'exercice 2011. L'ANR EPRA triple net s'établit à 4,313 Milliards d'Euros (83,7 Euros/action) au 31 décembre 2011 contre 4,208 MdsE (81,4 Euros/action) au 31 décembre 2010. Icade "envisage sereinement l'avenir". Pour l'année 2012, Icade anticipe une nouvelle progression à 2 chiffres de son cash-flow net courant, profitant d'une masse accrue de revenus récurrents et de perspectives maîtrisées de son pôle Promotion. La société proposera un dividende de 3,72 Euros par action en numéraire, dont 0,37 Euro à titre exceptionnel.
* BIC : le groupe a obtenu un arbitrage favorable du Tribunal, constitué sous l'égide du Centre d'Arbitrage International de Singapour, concernant l'acquisition de 40% des parts de la 7ème et dernière entité Cello Pens & Stationery (CPS) et ce, "en application des accords définitifs signés le 21 janvier 2009 avec le Groupe Cello". BIC entend maintenant procéder à l'acquisition de ses parts dans CPS.
* Eutelsat, Deinove, Euler Hermes, ANF Immobilier, Société Foncière Lyonnaise, Lisi, BigBen Interactive, SQLI, Median Technologies, Soditech, Turenne, Archos et Clasquin ont publié leurs comptes. Rodriguez signe un partenariat avec l'italien Cerri. Nominations chez Lectra et Boursorama. Orpea rachète six centres en Espagne. Air France KLM propose un remboursement anticipé à ses porteurs d'OCEANE 2,75% avril 2005/avril 2020.
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