(Boursier.com) -- Wall Street reste hésitant avant bourse ce mercredi, avant la vague des publications financières trimestrielles des entreprises cotées. Alcoa a dépassé le consensus de bénéfice hier soir, mais les prévisions du géant de l'aluminium ont tempéré les ardeurs des investisseurs. Les banques JP Morgan et Wells Fargo annonceront vendredi. Les publications s'accélèreront la semaine prochaine.
Sur le front économique aux USA ce mercredi, les stocks et ventes de grossistes pour le mois d'août seront connus à 16 heures (consensus +0,5% sur les stocks). Les chiffres du budget pour septembre aux Etats-Unis seront communiqués à 20 heures. A la même heure, les opérateurs suivront le Livre Beige économique de la Fed, résumé des conditions d'activité par régions.
Adtran et Costco Wholesale dévoilent aujourd'hui leurs comptes trimestriels, après Alcoa et Yum! Brands hier soir.
VALEURS DU JOUR
Costco Wholesale, le groupe américain de distribution basé à Issaquah, a annoncé, pour son 4ème trimestre fiscal 2012, un bénéfice net en croissance de 27% à 609 M$ soit 1,39$ par titre. Les revenus ont totalisé 32,2 Mds$, en augmentation de 14% en glissement annuel. Le consensus était de 1,31$ de bénéfice par action et 31,7 Mds$ de chiffre d'affaires. A magasins constants, l'activité a progressé de 5% sur le trimestre, avec une hausse de 6% aux États-Unis.
Danaher et Cooper Industries, les deux groupes industriels basés respectivement aux Etats-Unis et en Irlande, ont annoncé leur intention de vendre leur joint venture dans les outils, créée deux années auparavant, à la firme de private equity Bain Capital. Le montant de transaction est de 1,6 milliard de dollars, sous réserve d'ajustements post-clôture. Danaher espère des produits après imposition d'environ 650 M$. La finalisation est attendue au premier semestre 2013.
Alcoa, le géant américain de l'aluminium, a publié après bourse hier soir, à Wall Street, ses résultats financiers pour le 3ème trimestre fiscal 2012. Le groupe a perdu 143 M$ sur la période, 13 cents par titre, contre 172 M$ de bénéfice net un an avant. Hors éléments, le bénéfice ajusté du trimestre clos est ressorti positif de 32 M$ et 3 cents par action. Le consensus était logé à seulement 1 cent de bénéfice par action sur la période, pour 5,57 milliards de dollars de chiffre d'affaires. Les revenus publiés ont atteint 5,8 Mds$, contre 6,4 Mds$ un an plus tôt.
Yum! Brands, la chaîne américaine de restauration rapide aux marques Taco Bell, KFC et Pizza Hut, a annoncé pour son 3ème trimestre fiscal un bénéfice en augmentation de 23%, avec de bonnes performances en Chine et aux Etats-Unis. Le groupe a dépassé les attentes des analystes en matière de profits, et table sur 400 ouvertures de restaurants en Chine. Le bénéfice net sur le trimestre clos début septembre a atteint 471 M$ soit 1$ par titre, pour des revenus totalisant 3,57 Mds$, à rapprocher des 3,27 Mds$ de l'an dernier. Le consensus était de 97 cents de bpa pour 3,64 Mds$ de ventes. La division US a progressé de 6% à magasins comparables.
Cummins, le fabricant de moteurs de l'Indiana, a annoncé son intention de se séparer de 1.500 employés d'ici la fin de l'année du fait des incertitudes économiques. Le groupe compte actuellement environ 44 milliers de salariés dans le monde. Le groupe a abaissé ses estimations de revenus annuels entre 17 et 18 Mds$, pour un Ebit attendu vers 13,5%. Le bénéfice ajusté par action du second trimestre était de 2,45$, hors gains sur désinvestissements, contre 2,27$ de consensus.
Netflix. Reed Hastings, CEO de Netflix, quittera le mois prochain le conseil d'administration du géant software américain Microsoft, afin de se concentrer sur les services vidéo de sa firme. Hastings siégeait depuis plus de cinq années au board de Microsoft. "Reed a été un incroyable membre du board", a salué le patron de Microsoft, Steve Ballmer, évoquant les visions et l'expérience de l'administrateur dans une "période critique de transformation" pour l'industrie. L'incroyable Hastings pourra donc maintenant se consacrer à Netflix, groupe californien de Los Gatos qui a perdu trois quarts de sa valeur à Wall Street, depuis les sommets de l'an dernier.
Chevron, le géant pétrolier californien, a prévenu hier soir que ses résultats du 3ème trimestre allaient être "significativement plus faibles" que ceux du second. Le groupe a été affecté par la baisse de la production pétrolière durant les deux premiers mois du trimestre. En outre, les résultats des opérations de raffinage et marketing auraient aussi souffert, avec l'incendie de la raffinerie de Richmond, Californie, et l'ouragan Isaac qui avait perturbé la production dans le Mississippi.
Par ailleurs, le groupe, qui avait été condamné à une amende record de plus de 18 milliards de dollars par une juridiction équatorienne, n'a pas réussi à obtenir le blocage de la décision par la Cour suprême américaine. Cette dernière a rejeté l'appel du colosse pétrolier. Des habitants du Lago Agrio (Équateur) avaient accusé la firme Texaco, depuis rachetée par Chevron, d'avoir contaminé leur région et causé des dommages environnementaux durant trente années, entre 1964 et 1994. Chevron arguait pour sa part que cette décision était inapplicable au regard du droit de l'Etat de New York, et mettait en avant la fraude locale entachant les décisions judiciaires. Chevron s'est évidemment dit déçu de la décision de la Cour américaine, mais entend continuer de se défendre contre ce jugement jugé "frauduleux" infligé par le tribunal équatorien. D'autres procédures seraient donc envisagées par le groupe de San Ramon.
FedEx a annoncé hier soir un vaste plan de réduction de coûts. Le géant de la messagerie et de logistique souhaite abaisser ses coûts de 1,7 Milliard de dollars en l'espace de quatre ans. Le plan a été présenté lors d'une rencontre avec les investisseurs. Il prévoit la modernisation de la division "FedEx's express" par air et une réduction de ses effectifs. Cette division est très affectée par la hausse des prix du kérosène et subit une forte concurrence, les clients cherchant les offres low-cost sur ce segment. La marge opérationnelle de la division est de seulement 5% sur les derniers trimestres (3,1% sur le trimestre finissant au 31 août) contre 18% pour les activités livraison terrestre.
Les modifications permettront à l'opérateur de la plus grande flotte de fret dans l'aérien de "délivrer la performance visant à assurer le succès à court et à long terme de FedEx," a déclaré le PDG de la société Fred Smith. "Nous croyons que nous pouvons le faire, même dans un environnement avec une faible croissance du commerce mondial".
UPS. Le rachat de TNT Express par United Parcel Service (UPS) aurait du plomb dans l'aile. La Commission européenne devrait en effet adresser la semaine prochaine un communiqué des griefs au groupe de messagerie et de logistique concernant son projet d'OPA de 5,2 milliards d'euros sur son concurrent néerlandais, croit savoir le "Financial Times". Le régulateur aurait presque terminé son enquête approfondie débutée en août dernier. La CE redouterait notamment que la taille du nouveau groupe soit trop importante et entrave dès lors la concurrence, estime le quotidien qui cite des personnes proches du dossier. Les enquêteurs pourraient néanmoins lever leurs objections en cas d'engagements du groupe américain à réaliser des cessions d'actifs visant à éliminer les problèmes de concurrence, souligne le FT. La transaction doit permettre de créer un géant du colis, avec un chiffre d'affaires cumulé estimé à 45 Milliards d'euros (dont 7,15 MdsE pour TNT Express, sur la base de comptes 2011).
Facebook fait encore parler outre-Atlantique... Selon une information rapportée par Bloomberg, le management du site de réseau social aurait subi de nombreuses critiques de la part de la SEC quant à la publication d'informations auprès des investisseurs quelques semaines avant son introduction en bourse. L'agence, qui cite un échange de correspondance entre l'entreprise et la Securities and Exchange Commission, explique que le gendarme boursier américain a notamment soulevé un certain nombre de questions, qui sont désormais les préoccupations principales des investisseurs. En particulier, Bloomberg cite la question de savoir si Facebook pourrait gagner de l'argent auprès de ses utilisateurs mobiles, qui reçoivent moins d'annonces que les "utilisateurs de bureau".
La SEC aurait également fait pression sur Facebook pour que le groupe supprime de sa documentation une référence à une étude Nielsen sur l'efficacité de la publicité sur Facebook... qui s'est avérée inexistante. La SEC aurait aussi demandé au site d'admettre qu'il avait comptabilisé certains de ses utilisateurs mobiles deux fois, ou encore de reconnaître que son activité dépendait grandement de Zynga et d'autres jeux en ligne.
JN.L. - ©2012, 2013 www.boursier.com




