(Boursier.com) -- LA TENDANCE
Peugeot et Carrefour gagnants du jour à la Bourse de Paris? Les deux titres du CAC40 s'envolent dans les premières minutes de cotation, alors que l'indice parisien est dans le rouge, cédant 0,55% à 3.140 points. Les deux valeurs progressent pour des raisons qui leur sont propres : l'annonce d'une vaste restructuration pour le constructeur automobile et le chiffre d'affaires trimestriel pour Carrefour. Côté macro-économique, le compte-rendu de la dernière réunion de la banque centrale américaine, publié hier soir, montre que ses membres ne sont pas du tout accordés sur un éventuel plan de soutien à l'économie supplémentaire. Pour ne rien arranger, un institut de recherche chinois a ce matin fait savoir qu'il redoutait un nouveau ralentissement de l'économie locale.
WALL STREET
Wall Street a terminé en repli pour la cinquième séance consécutive mercredi, les investisseurs se montrant assez déçus des "minutes" de la dernière réunion de la banque centrale américaine. Seuls quelques membres de la banque centrale américaine se sont en effet prononcés pour la mise en place de nouvelles mesures de soutien à l'économie et notamment pour un QE3...du moins pour le moment. Dans l'actualité entreprises, Applied Materials, Cummins ou Goldcorp ont délivré des avertissements sur les résultats. AMR a par ailleurs relancé les spéculations dans le compartiment aérien, le Groupe précisant évaluer les partenaires possibles de fusion. Le DJIA perd finalement 0,39% à 12.604 pts, alors que le Nasdaq abandonne 0,49% à 2.888 pts. Le S&P500 recule de son coté de 0,01% à 1.341 pts.
ECO ET DEVISES
En Europe, la production industrielle de mai dans la zone euro est attendue à 11h00 (consensus +0,0% m/m ; -3,2% y/y). Aux Etats-Unis, les inscriptions hebdomadaires au chômage (consensus 370.000 demandes nouvelles et 3,3 millions de demandes continues) et les prix à l'import et à l'export (consensus -1,8% sur le mois pour l'import) sont attendus à 14h30. Les chiffres du budget de juin seront dévoilés à 20h00 (consensus -60 Mds$).
Sur le marché des changes, il faut 1,2243 Dollar pour 1 Euro. Le baril de Brent se négocie 100,18$ et son homologue WTI à 85,82$ (échéance août). L'once d'or s'affiche à 1.572$ (-0,26%).
VALEURS EN HAUSSE
* Peugeot (+2% à 7,29 Euros) : comme prévu, PSA dévoile ce matin les grandes lignes d'un plan destiné à "restaurer sa compétitivité" et "assurer son avenir". Le constructeur souligne que le résultat opérationnel courant estimé de la division automobile sera en perte de l'ordre de 700 millions d'euros sur le 1er semestre, avec une consommation de trésorerie de l'ordre de 200 millions d'euros par mois depuis mi-2011, hors éléments exceptionnels. Le résultat net du groupe sera négatif sur le premier semestre, prévient-il. Dans ce contexte de "réduction durable d'activité en Europe", PSA présente un projet de réorganisation des activités industrielles et de redéploiement des effectifs. Comme cela était redouté, la production de l'usine d'Aulnay est stoppée, mais un projet de revitalisation du site est prévu "pour maintenir sa vocation industrielle". Le dispositif industriel de Rennes va être en outre "adapté", en préalable à des investissements futurs, tandis que des effectifs seront redéployés. Concrètement, la production sera arrêtée à Aulnay, qui emploie 3000 salariés, en 2014. Les activités en Ile-de-France seront regroupées sur Poissy. Le groupe "s'engage à proposer une solution à son problème d'emploi à chaque salarié d'Aulnay". Le dispositif devrait permettre d'identifier 1.500 postes à l'intérieur du groupe, essentiellement à Poissy. Un nombre comparable de salariés se verrait proposer des postes dans le bassin d'emploi d'Aulnay grâce aux actions de reclassement externe, assure le constructeur. A rennes, la production dédiée aux Peugeot 508 et Citroën C5 et C6 est affectée par la baisse du marché européen des grandes berlines, "baisse qui s'inscrit dans une tendance durable", selon le groupe, qui prévoit un redéploiement des effectifs de 1.400 emplois sur un total de 5.600 salariés. Là aussi, PSA assure qu'il mettra en oeuvre les moyens d'accompagnement nécessaires, afin de parvenir à une solution de reclassement identifiée pour chacun des salariés concernés, en interne ou dans le bassin d'emploi. Sur les deux sites, un plan de sauvegarde de l'emploi sera soumis pour consultation aux instances représentatives du personnel. Une période de volontariat sera proposée jusqu'à mi-2013. Le groupe prévoit au total une baisse de 3.600 emplois en France, sur l'ensemble des sites. Un plan de départs volontaires de l'entreprise serait proposé aux salariés. Ce projet de réorganisation de la base industrielle française et de redéploiement des effectifs doit contribuer au retour à l'équilibre du cash-flow opérationnel à fin 2014 dans les conditions actuelles du marché automobile, avant que les effets de l'Alliance avec General Motors ne se fassent pleinement sentir. Les mesures seront détaillées le 25 juillet, en marge de la publication des comptes.
* Carrefour (+4,50% à 13,79 Euros) : ceux qui pensaient que le groupe allait donner quelques indications de rentabilité en marge de l'annonce de ses revenus du second trimestre 2012, afin de pleinement consacrer la réunion de la fin août aux premières indications sur son plan de redressement, en sont pour leurs frais ce matin. Le distributeur s'est contenté de publier ses chiffres de ventes avec quelques commentaires mais n'a fourni aucun détail supplémentaire. "Les tendances se sont stabilisées en France et en Europe", est la seule phrase à peu près prospective du communiqué diffusé à 7h30. Les investisseurs et les actionnaires devront donc encore patienter pour y voir plus clair dans les intentions de Georges Plassat, ce qui n'est guère étonnant dans la mesure où il n'est entré en fonctions que voilà quelques semaines, et que sa tâche, redresser un groupe dont les ventes dépassent 80 milliards de d'euros annuels, ne saurait être traitée à la va-vite. Carrefour a donc dégagé un chiffre d'affaires semestriel de 43,684 milliards d'euros, en hausse de 0,9% en glissement annuel sur une base publiée comme sur une base de change constante. Hors essence et à magasins comparables, l'activité se contracte de -0,5%. Sur le seul second trimestre, l'activité ressort à 21,715 milliards d'euros, en retrait de -0,3% sur un an en basse publiée et en baisse de -1,3% à magasins comparables et hors essence. Les revenus sont très proches de l'attente moyenne de 21,6 milliards d'euros du consensus Bloomberg.
* Bolloré (+1,32% à 182,95 Euros) : le japonais Dentsu va racheter le britannique Aegis ! Dans le cadre d'une offre négociée avec le management de sa cible, l'acquéreur propose 240 pence par action en numéraire. L'offre valorise le dossier 3,164 milliard de livres. Le conseil d'Aegis recommande à l'unanimité la proposition. Dentsu détient d'ores et déjà ou dispose d'engagements sur 30,5% du capital. Rappelons que Bolloré détient 26,4% du capital d'Aegis.
VALEURS EN BAISSE
* Alstom (-1,20% à 24,12 Euros) : le titre a souffert hier alors que le gouvernement français pourrait tailler à vif dans certains projets de construction ou de prolongation de lignes ferroviaires TGV, comme le recommandait dernièrement la Cour des Comptes. Le "volet transports" du Grenelle de l'Environnement, qui prévoit la construction de 14 nouvelles lignes de trains à grande vitesse sur 2.000 kilomètres d'ici 2020, aurait un coût total de 260 milliards d'euros, dont 166 MdsE de développement, toujours selon la Cour des comptes. Le ministre délégué au Budget Jérôme Cahuzac a donc estimé aujourd'hui qu'il faudra sans doute "élaguer" dans les projets prévus : "L'Etat, ceux qui le dirigeaient en son nom, ont prévu une multitude de projets sans avoir le début du commencement du moindre financement... Il y a eu un effet d'affichage", a-t-il expliqué sur France 2
* Dassault Systèmes (-1,15% à 74,72 Euros) : l'éditeur français de logiciels a finalisé l'acquisition de Gemcom, spécialiste des logiciels de modélisation et de simulation géologique. La transaction est réalisée sur la base d'un montant de 360 millions de dollars en numéraire. L'acquéreur attend un effet immédiatement positif sur ses résultats non-IFRS et neutre sur sa marge opérationnelle non-IFRS. Gemcom est un éditeur canadien qui occupe une position de numéro un mondial dans les solutions logicielles pour le secteur minier, avec 2.200 implantations clients. Son chiffre d'affaires annuel le plus récent ressortait à 90 millions de dollars. L'ancien directeur général de cette société, Rick Moignard, est nommé au poste de directeur général de GEOVIA, la nouvelle marque de Dassault Systèmes. L'objectif du groupe français est d'étendre ses solutions, majoritairement centrées sur l'industrie, à la simulation de la nature.
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