(Boursier.com) -- LA TENDANCE
Légère baisse pour le CAC40 qui préserve les 3.400 points en ce début de séance (-0,20%) attentiste à la veille du rendez-vous de rentrée de la FED. En attendant ce dernier, quelques temps forts du jour pourraient faire bouger l'indice parisien comme les chiffres de l'emploi en Allemagne, voire les émissions obligataires italiennes ce matin , et surtout, cet après-midi, les statistiques américaines. Hier soir, le rapport mensuel sur l'activité américaine, le "Livre Beige", a montré que la première économie mondiale poursuivait sa reprise "graduelle" sur fond d'embellie du marché immobilier. Sur le front de l'Euro, François Hollande rencontrera aujourd'hui à Madrid le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy. Ce sommet franco-espagnol devrait permettre d'en savoir un peu plus sur les intentions espagnoles au sujet du plan d'aide accordé à Madrid pour recapitaliser ses banques. Côté sociétés, avec beaucoup de publications semestrielles ce matin, les deux petites déceptions se soldent par des reculs modestes des titres (Pernod Ricard et Edenred), alors que les sociétés qui ont séduit, voient les leurs s'envoler (Eiffage, Vivendi, Carrefour).
WALL STREET
Wall Street a une nouvelle fois fini sa course proche de l'équilibre hier. Même si la croissance du PIB du second trimestre a été revue, comme prévu, à la hausse, les investisseurs préfèrent toujours rester prudents avant le discours de Ben Bernanke à Jackson Hole, vendredi prochain. Par ailleurs, les opérateurs ont pris connaissance d'une progression plus forte que prévu des promesses de ventes de logements aux Etats-Unis, et d'un Livre Beige de la Fed sans surprise... Le DJIA a fini en hausse de 0,03% à 13.107 pts, le Nasdaq a gagné 0,13% à 3.081 pts, et le S&P500 a repris 0,08% à 1.410 pts.
ECO ET DEVISES
En Europe, on suivra le taux de chômage allemand de juillet (09h55 : consensus 6,8%) et les indices de confiance de la zone euro en août (11h00). Aux Etats-Unis, place aux inscriptions hebdomadaires au chômage (consensus 370.000 demandes nouvelles, 3,307 millions de demandes continues) et aux revenus et dépenses des ménages de juillet (consensus +0,3% et +0,5%) à 14h30. L'indice manufacturier de la Fed de Kansas City pour août est prévu à 17h00 (consensus 3).
Sur le marché des changes, il faut 1,2538 Dollar pour 1 Euro. Le baril de Brent se négocie 112,45$ et son homologue WTI à 95$ (échéance octobre). L'once d'or s'affiche à 1.658$ (+0,1%).
VALEURS EN HAUSSE
* Vivendi (+4% à 15,71 Euros) : le chiffre d'affaires s'est tassé de -1,5% au cours du second trimestre, à 6,965 milliards d'euros, tandis que son EBITA (résultat opérationnel ajusté) se contractait de -20,6% à 1,316 milliard d'euros. Le bénéfice net ajusté a reculé dans les mêmes proportions, -20,1%, à 706 millions d'euros. Le consensus Bloomberg était positionné à 6,96 milliards d'euros de chiffre d'affaires pour un bénéfice net ajusté de 671 millions d'euros. Sur le semestre, les revenus baissent de -1,2% à 14,08 milliards d'euros, l'EBITA de -12,7% à 2,94 milliards d'euros et le bénéfice net de -16,6% à 1,529 milliard d'euros. Le groupe vise toujours un résultat net annuel supérieur à 2,5 milliards d'euros, mais hors charges de restructuration des activités télécoms et avant impact des opérations annoncées au second semestre 2011. Notons que Vivendi n'a pas constitué de provision sur le litige Liberty Media, malgré 765 millions d'euros de dommages prononcés à son encontre par un jury, car la société pense qu'il "existe de nombreux motifs d'interjeter appel et continue à user de toutes les voies de recours afin de faire annuler la décision et réduire le montant des dommages". Concernant plus précisément la filiale SFR, le groupe précise que ses revenus semestriels ont baissé de -5,9% à 5,76 milliards d'euros, pour 1,848 milliard d'euros d'EBITDA (-5%) et 1,11 milliard d'euros d'EBITA (-10,3%). Le groupe a cependant renoué avec la croissance des abonnés mobiles, avec 122.000 abonnés nets supplémentaires. SFR prépare cependant un "plan d'adaptation de sa structure de coûts", qui vise à réaliser des économies de l'ordre de 500 millions d'euros sur une base annuelle en termes de coûts opérationnels d'ici fin 2014, s'ajoutant à une baisse significative des charges variables. SFR va cependant maintenir un niveau d'investissement de 1,4 à 1,5 milliard d'euros par an pour préserver sa croissance future.
* Carrefour (+5,50% à 16,63 Euros) : le distributeur, qui avait déjà communiqué en juillet sur ses revenus semestriels, ressortis à 43,684 milliards d'euros, en hausse de 0,9% en glissement annuel sur une base publiée comme sur une base de change constante, présente ce matin ses résultats de la période. Le résultat opérationnel courant avant amortissements et provisions, ou EBITDA, s'établit à 1,59 milliard d'euros, en baisse de -4,6% en glissement annuel, tandis que le résultat opérationnel courant baisse de -8,2% à 769 millions d'euros, soit 2% des revenus contre 2,2% un an avant. Les analystes anticipaient en moyenne sur la période 700 millions d'euros, soit une marge de 1,6%. Si le bénéfice des actions poursuivies atteint 199 millions d'euros, le résultat net est négatif de -31 millions d'euros à cause des pertes essuyées par la filiale grecque, cédée depuis. La société a vu son autofinancement des activités poursuivies reculer de -25% à 907 millions d'euros à cause de la baisse de la rentabilité et du contentieux fiscal brésilien. Le cash-flow libre est cependant positif de 444 millions d'euros alors qu'il était lourdement déficitaire l'année dernière. La dette financière nette recule d'1 milliard d'euros à 9,629 milliards d'euros. Dans son communiqué initial, le distributeur ne fournit pas d'indications sur ses perspectives ni sur les actions mises en place pour assurer son redressement.
* Eiffage (+7,50% à 24,46 Euros) : au 1er semestre 2012, le chiffre d'affaires consolidé du groupe de BTP s'établit à 6,6 Milliards d'Euros, en légère croissance (+0,2% à structure réelle ; + 0,6% à périmètre et change constants). Sur la période, le résultat opérationnel courant ressort à 499 Millions d'Euros. Il est en progression de 10,6%. La marge opérationnelle du groupe de BTP atteint ainsi 7,5% contre 6,8% au 1er semestre 2011. Cette bonne performance opérationnelle permet au Groupe d'absorber l'augmentation des charges financières consécutives au refinancement d'APRR-Eiffarie intervenu en février 2012 et à la mise en exploitation de nouveaux PPP. Eiffage parvient ainsi à générer un résultat net part du Groupe de 51 ME, en hausse de 18,6%. Le carnet de commandes d'Eiffage progresse de 19,7% sur un an, et atteint 13,5 MdsE. Il représente 13,7 mois d'activité, et conforte la prévision du chiffre d'affaires pour 2012 de 14 MdsE. Le management précise que "les grands projets en cours avancent de façon satisfaisante". Dans ce contexte et compte tenu des mesures de réorganisation et d'amélioration de la productivité mises en oeuvre ou à venir, les marges travaux doivent s'améliorer en 2012. Chez APRR, une progression de la marge d'Ebitda par rapport à 2011 est attendue, conséquence des efforts mis en oeuvre pour contenir les dépenses, alors que l'augmentation du chiffre d'affaires restera limitée
* Crédit Agricole (+0,15% à 4,30 Euros) : l'injection de 2,3 milliards d'euros de fonds par le Crédit Agricole dans sa filiale Emporiki en juillet, bien qu'en haut de fourchette des attentes, ne pèsera pas sur la notation crédit de la banque verte, selon Fitch, qui estime qu'elle donne davantage de visibilité sur les engagements à venir de la maison-mère. L'agence est toujours partisane d'une cession, car la filiale grecque a coûté 1,3 milliard d'euros de pertes au Crédit Agricole au premier semestre et ne devrait pas renouer avec la profitabilité avant 2014 au mieux. La vendre reviendrait donc à éliminer un foyer de pertes. Si le prix de vente était égal à zéro et que la maison-mère perdait la totalité des 2,7 milliards d'euros de capitaux engagés, Fitch pense qu'elle serait en mesure d'absorber cette perte dans ses comptes annuels.
* Gemalto (+6,90% à 63,54 Euros) : les résultats du groupe ont continué à s'améliorer au premier semestre 2012, puisque le groupe, fort d'un chiffre d'affaires de 1,016 milliard d'euros, en croissance de 10% à changes courants et de 7% à changes constants est parvenu à faire progresser de 21% à 386 millions d'euros sa marge brute (38% des revenus), et de 56% à 115 millions d'euros son résultat des activités opérationnelles, qui matérialise une marge de 11,3% contre 8% un an avant. Le consensus ressortait à 96 millions d'euros de résultat opérationnel, soit une marge de 9,5%. Le bénéfice net ressort à 95 millions d'euros, contre 74 millions d'euros un an avant. Comme à son habitude, signalons que le groupe publie une version ajustée de ses résultats. Gemalto vise cette année un résultat des activités opérationnelles proche de l'objectif de 300 millions d'euros initialement fixé pour 2013, avec une croissance du chiffre d'affaires et du résultat dans les principaux segments, un chiffre d'affaires limité dans l'activité Licence de brevets et un effet saisonnier moins important en Téléphonie mobile.
* Altran (+3,90% à 4,19 Euros) : les dirigeants, qui avaient déjà présenté en juillet un chiffre d'affaires de 732,6 millions d'euros, en croissance de 4,5% sur une base organique pour le premier semestre 2012, n'étaient pas inquiets du niveau du consensus de résultats de la période. De fait, la société a dégagé 55,4 millions d'euros de résultat opérationnel courant, soit une marge de 7,6%, soit légèrement au-dessus des attentes de la place (55 millions d'euros et 7,5% de marge). Le bénéfice net avant résultat des activités abandonnées passe de 9,3 à 32,6 millions d'euros, mais l'influence des anciens foyers de pertes s'amenuise puisqu'ils ne coûtent que 2,4 millions d'euros à la société sur le semestre, si bien que le résultat net part du groupe s'établit à 30,1 millions d'euros, après une perte de -27,7 millions d'euros un an avant. Altran a renoué avec un cash-flow positif sur le semestre (+11,5 millions d'euros contre -8,6 millions d'euros un an avant), et signale avoir généré sur les 12 derniers mois glissants un free cash-flow représentant 5,1% de son activité, soit au-delà des 4% fixés dans le plan pour l'échéance 2015. La dette financière a été réduite de 221 à 170 millions d'euros. Le ratio d'endettement s'améliore à 1,17 en juin contre 1,80 un an avant. "Au vu des informations dont elle dispose actuellement, la direction d'Altran confirme sa capacité à délivrer en 2012 une croissance rentable cohérente avec son plan stratégique 2015", conclut la société de conseil et d'ingénierie.
VALEURS EN BAISSE
* Pernod Ricard (-1% à 86,85 Euros) : le groupe, dont le chiffre d'affaires a progressé de 8% à 8,22 MdsE, affiche un résultat opérationnel courant annuel de 2,11 MdsE (+9%) et un résultat net courant part du groupe de 1,20 MdsE (+10%). Le résultat net part du groupe ressort à 1,15 MdsE et le résultat net à 1,17 MdsE. Globalement, les chiffres sont en ligne avec les attentes des analystes, puisque, selon le consensus Bloomberg, ces derniers tablaient sur un chiffre d'affaires de 8,2 milliards d'euros, un résultat d'exploitation de 2,08 milliards d'euros et un bénéfice net ajusté de 1,22 milliard d'euros. La société se félicite d'avoir dépassé ses objectifs en termes de croissance du résultat opérationnel courant à +9%, son objectif annoncé étant "proche de +8%". En outre, le ratio dette nette / EBITDA est de 3,8 au 30 juin 2012 contre un objectif annoncé de "proche de 3,9".
* Edenred (-1,20% à 21,40 Euros) : les comptes semestriels se sont légèrement améliorés, puisque le chiffre d'affaires a progressé de 1,9% à 511 millions d'euros (+7,3% en organique) alors que le résultat d'exploitation courant s'appréciait de 1,6% (+8,1% en organique) à 170 millions d'euros. Le bénéfice net part du groupe est ressorti à 100 millions d'euros (+2%). La société a généré un volume d'affaires en hausse de 8,3% (+9,5% en organique) à 7,86 milliards d'euros. "Au second semestre, l'activité devrait continuer à bénéficier du fort dynamisme de l'Amérique latine, l'Europe évoluant dans un environnement plus difficile, caractérisé par une baisse de l'emploi salarié, une faible inflation et la situation en Hongrie", explique l'entreprise. Compte tenu d'un taux de transformation opérationnel estimé entre 40% et 50%, et de coûts supplémentaires liés au passage au numérique compris entre 10 et 15 millions d'euros en 2012, Edenred se fixe un objectif annuel de résultat d'exploitation courant compris entre 355 et 375 millions d'euros. Selon nos constatations, le consensus d'EBIT Bloomberg s'établit à 370,5 millions d'euros pour l'année, soit le haut de la fourchette évoquée.
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