(Boursier.com) -- LA TENDANCE
Les investisseurs vendent la nouvelle. Après des semaines de négociations, le gouvernement grec et les acteurs du monde de la finance sont enfin parvenus à un accord de refinancement de la Grèce. A force de l'avoir attendu, son impact a donc été largement dilué. Et le CAC40 cède "presque logiquement" 0,26% à 3.463 points dans les premiers échanges ce mardi. Les places asiatiques ont également peu réagi à cette annonce ce matin, alors qu'elles manquent de repères puisque Wall Street était fermé hier pour un jour férié.
Il aura donc fallu plus de 12 heures aux ministres des finances de la zone euro pour arracher un accord sur le financement du sauvetage grec, scellé au petit matin. Le gouvernement grec est parvenu à un accord avec les acteurs du monde de la finance pour réduire de 53,5% ses engagements envers eux, ce qui représente l'équivalent de 107 Milliards d'Euros, un peu plus que les 50% initialement prévus. Un plan d'échange des créances actuelles contre de nouvelles obligations intégrant l'effacement d'une partie du passif, sera lancé sous le nom de "PSI". De leurs côté, les Etats Membres de la zone euro "se tiennent prêts" à verser jusqu'à 130 Milliards d'Euros via le Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF) d'ici 2014, "en espérant que le FMI y contribuera significativement". Au final, ce sont donc l'équivalent de 237 MdsE qui sont mobilisés en soutien, sous de nombreuses conditions, notamment de succès de l'opération d'échange de dette avec le secteur privé, et de respect par Athènes des nombreux engagements pris jusque-là. L'objectif initial, outre de tenter de sortir le pays et la zone euro de l'ornière, est de faire revenir la dette publique à 120,5% du PIB à l'horizon 2020, ce qui en dit long sur la situation actuelle du pays.
Côté sociétés, quelques publications ont eu lieu ce matin, comme celle du suisse Schindler, en attendant d'autres annonces ce soir, à l'image du français Seb.
WALL STREET
La place américaine était close hier pour un jour férié, passé à honorer les présidents passés.
ECO ET DEVISES
Il n'y aura pas d'indicateurs macroéconomiques majeurs aujourd'hui.
La parité euro / dollar atteint 1,3258 ce matin. Le baril de Brent de Mer du Nord se négocie 119,80$ et celui de brut léger américain WTI à 105,90$ pour l'échéance de mars. L'once d'or atteint 1.735$ (+0,05%).
VALEURS EN HAUSSE
* Hubwoo (+24% à 0,31 euro) : le groupe a annoncé la signature d'un contrat d'une durée de 10 ans avec le Groupement de Coopération Sanitaire Uni.H.A, réseau coopératif d'achats groupés de 54 hôpitaux et centres hospitaliers universitaires de France. A l'issue d'un appel d'offre Marché Public mené par le groupement Uni.H.A, la solution d'achat d'Hubwoo a été retenue parmi celles de quatre compétiteurs.
* Renault (+0,7% à 41,4 euros) : après quatre séances de vive hausse, le titre du constructeur automobile poursuit son ascension dans les premiers échanges. Morgan Stanley a confirmé son conseil "surpondérer" sur la valeur a rehaussé son objectif de cours de 40 à 60 euros.
* France Telecom (+0,1% à 11,5 euros) : Nespresso a fait appel à Orange pour améliorer son service après-vente de maintenance destiné aux professionnels, qu'ils fassent partie du secteur de la restauration ou d'autres spécialités. La filiale de Nestlé a lancé deux machines à café, Aguila et Zenius, raccordées au réseau via une carte SIM, qui permettent à son service clients de vérifier à distance l'état de l'appareil et de procéder au besoin aux opérations de maintenance nécessaires. Les solutions de communications "M2M" (machine à machine) sont fournies par Orange Business Services.
VALEURS EN BAISSE
* Vergnet (-20% ce matin sous les 2 euros) : le fabricant d'éoliennes voit son titre dévisser après un communiqué du groupe prévenant de ses difficultés financières liées au décalage dans la mise en oeuvre de ses installations éoliennes dans les DOM. Vergnet a investi près de 20 ME en R&D (hors investissements industriels) pour mettre au point une éolienne anticyclonique mais n'a pas vendu ces machines dans les DOM depuis quatre ans et n'escompte plus en vendre en 2012, compte tenu de nouveaux retards liés à la mise en conformité du cadre législatif.
* AB Science (-5,3% à 11,3 euros) : au 31 décembre 2011, les produits d'exploitation de la société s'élèvent à 1,1 Million d'euros, contre 1,18 ME un an plus tôt. Le chiffre d'affaires s'élève à 1,10 ME contre 917 kE au 31 décembre 2010. Il est en croissance de 20,4%, et intégralement généré par l'exploitation d'un médicament en médecine vétérinaire. Au 31 décembre 2010, les autres produits concernent principalement une indemnité à recevoir de 260 kE dans le cadre du règlement d'un litige, indemnité reçue le 27 juillet 2010. Au 31 décembre 2011, le résultat opérationnel est en perte de -9,71 ME (-9,58 ME au 31 décembre 2010,) soit un accroissement du déficit opérationnel de 127 kE (1,3%). Au terme de l'année 2011, la perte nette AB Science se monte à -9,65 ME (-9,48 ME au 31 décembre 2010), en augmentation de 1,7%.
* Lafarge (-1,5% à 35 euros) : c'est une mauvaise nouvelle : la Commission de la concurrence britannique a estimé que la co-entreprise projetée entre le cimentier et Tarmac (Anglo American) outre-Manche menaçait la concurrence sur certains marchés de matériaux de construction. L'avis n'est pas définitif et le régulateur va désormais discuter avec les parties pour envisager les mesures qui pourraient être prises pour remédier à ces difficultés. La Commission explique que son enquête est complexe car de nombreux produits sont concernés, avec des imbrications importantes d'un produit à l'autre. Parmi les spécialités qui posent problème, elle cite notamment le ciment en gros et les ballasts de rails en général, mais aussi la fourniture de granulats, d'asphalte ou de prêt-à-l'emploi sur certaines zones spécifiques. Il y a un an, Lafarge et Anglo American avaient décidé de regrouper l'ensemble de leurs activités ciment, granulats, béton prêt à l'emploi et enrobés bitumineux au Royaume-Uni, soit Lafarge Cement UK, Lafarge Aggregates and Concrete UK et Tarmac Quarry Materials. Cet accord devait donner naissance à une co-entreprise à 50-50 avec un chiffre d'affaires combiné de l'ordre de 1,8 Milliard de Livres en 2010 avec un EBITDA combiné de 210 M£.
* Total (-0,7% à 41,69 euros) : en dépit de la vigueur du pétrole en matinée, le titre est grevé par la dégradation de la recommandation de Morgan Stanley. Le courtier a ramené de "pondération en ligne" à "souspondérer" son avis.
* Nexans (-0,6% à 54,2 euros) : le câblier va procéder à l'émission d'une obligation convertible, sous forme d'OCEANE (obligations à option de conversion et/ou d'échange en actions nouvelles ou existantes), pour un montant de 240 Millions d'Euros, qui pourrait atteindre 275 ME si toutes les options étaient exercées. Les convertibles, qui auraient une échéance 1er janvier 2019, permettront d'améliorer la maturité de la dette de la société en refinançant une partie des OCEANE 2013, dont le montant du principal en circulation atteint 280 ME. Les obligations seront émises au pair, faisant ressortir une prime d'émission comprise entre 30% et 35% par rapport au cours de référence de l'action Nexans retenu. Elles porteront intérêt à un taux nominal annuel compris entre 2,5% et 3% et seront remboursées au pair le 1er janvier 2019. Les obligations pourront faire l'objet d'un remboursement anticipé au gré de Nexans sous certaines conditions. Madeco et le FSI ne participeront pas à l'opération. La fixation des modalités définitives de l'émission est prévue le 21 février.
* L'Oréal (-0,2% à 84,4 euros) : Citigroup a dégradé le dossier d'"acheter" à "neutre". L'objectif de cours est fixé à 93 euros.
* SES (-0,1% à 17,78 euros) : le titre limite son repli en dépit de la dégradation de la recommandation de Berenberg de "acheter" à "conserver", pour un objectif ramené de 22,80 à 20,30 euros.
JB.A. - ©2012 www.boursier.com

