(Boursier.com) -- LA TENDANCE
En attendant l'annonce de la décision de la banque centrale américaine, la Fed, sur ses taux directeurs ce soir et d'éventuelles nouvelles mesures de largesse monétaire, le CAC40 recule de 0,35% à 3.530 pts ce jeudi matin. Plus qu'un probable statu quo alors que les taux sont déjà près du plancher (0,25%), ce sont donc les commentaires de Ben Bernanke qui intéresseront les marchés : le président de la Fed annoncera-t-il un troisième plan de soutien économique pour son pays ?
Sur le vieux continent, on parle en attendant de fusion entre EADS et BAE Systems, que quasiment personne n'avait vu venir... De quoi plomber l'ambiance au vu de l'ampleur de la tâche à court terme.
Le marché américain quant à lui a clôturé en légère hausse mercredi soir, après le feu vert de la Cour constitutionnelle allemande relatif au MES (mécanisme de sauvetage européen) et la conférence d'Apple à San Francisco. Le groupe à la pomme y a officiellement présenté son iPhone 5 ! Le titre Facebook a aussi grimpé à Wall Street, alors que son fondateur Mark Zuckerberg est enfin sorti de son mutisme, livrant sa première interview depuis l'IPO ratée du mois de mai. Le DJIA a fini en hausse de 0,07% à 13.333 pts, le Nasdaq a gagné 0,32% à 3.114 pts, et le S&P500 a encore repris 0,21% à 1.436 pts.
ECO ET DEVISES
Aux Etats-Unis, les inscriptions hebdomadaires au chômage (consensus 370.000 demandes nouvelles et 3,318 millions de demandes continues) et les prix à la production d'août (consensus +1,2% m/m) sont attendus à 14h30. La Fed se prononcera sur ses taux à 18h30 (consensus statu quo à 0,25%).
Sur le marché des changes, il faut 1,2920 Dollar pour 1 Euro. Le baril de Brent se négocie 116$ et son homologue WTI à 97$ (échéance octobre). L'once d'or s'affiche à 1.731$ (+0,06%).
VALEURS EN HAUSSE
* Zodiac : remonte de 3% dans un secteur aéronautique qui s'agite après les annonces EADS-BAE
* Steria : reprend 1% avec Lagardere, Eurodisney et Technip
* Air France KLM : +0,5% suivi de Total, Iliad, M6, L'Oreal, Sopra
* Sanofi : +0,5%. C'est une très bonne nouvelle pour le laboratoire, que le marché avait sans doute anticipée mardi en faisant grimper l'action en bourse : l'agence américaine du médicament (FDA) a approuvé Aubagio (tériflunomide), en une prise orale par jour, dans le traitement des patients atteints de sclérose en plaques récurrente. Le produit développé par la filiale Genzyme "a montré une efficacité significative dans différents domaines d'activité de la SEP, notamment une réduction des rechutes, un ralentissement de la progression du handicap et une réduction du nombre de lésions cérébrales détectées par IRM", explique le laboratoire. Le bureau d'études Cheuvreux estime qu'Aubagio devrait générer un pic de ventes de 1,48 milliard d'euros en 2018. Le courtier estime que le médicament apporterait ainsi 2 euros par action de valorisation au titre.
VALEURS EN BAISSE
* EADS : -7%. Le secret aura tenu cinq mois, mais il aura été bien gardé jusqu'à ce que Bloomberg n'évente l'information hier soir... EADS et BAE Systems, les deux géants européens de l'aéronautique et de la défense, veulent se marier ! "Une frappe militaire surprise", écrit ce matin le 'Financial Times' en éditorial, en évoquant également une "volte-face stratégique", sans cacher un certain scepticisme pour une opération réalisée avec une entreprise "partiellement contrôlée par l'Etat français", dont BAE "doit encore détailler les avantages qu'elle attend... mais qui pour surpasser les risques stratégiques ont intérêt à être substantiels". Les premières touches auraient eu lieu en avril entre le patron d'EADS, Tom Enders et son directeur de la stratégie Marwan Lahoud d'un côté, et leurs homologues britanniques Ian King et Kevin Taylor de l'autre, raconte Bloomberg à partir de ses sources. En juin dernier, les négociations ont pris un tour plus sérieux et une étude de faisabilité aurait été commandée, présentée début juillet à 6 représentants de chaque entreprise à l'aéroport de London City. "La discussion a progressé avec des sandwichs si mauvais qu'ils se sont juré de ne plus s'y rencontrer", écrit l'agence de presse financière. Une autre rencontre a ensuite eu lieu près du domicile de Tom Enders dans la banlieue de Munich les 14 et 15 juillet, au cours de laquelle les grandes lignes du projet ont été décidées, notamment les valorisations retenues, soit 60% pour EADS et 40% pour BAE Systems dans le cadre de la future entité. Le plus dur commence pour les deux entreprises. Il faudra composer avec trois nationalités dominantes, britannique, allemande et française, gérer le rapprochement d'entités transnationales de grande taille, avancer avec les inévitables problèmes concurrentiels que les autorités de régulation ne manqueront pas de soulever à travers le monde, convaincre les actionnaires ou encore mener concrètement à bien le rapprochement opérationnel, pour ne citer que ces tâches. Sur le papier, l'opération donne à EADS la porte d'entrée dont le groupe rêvait vers le marché américain de la défense, puisque BAE Systems est un gros contractant de l'armée des Etats-Unis. Le verrou britannique serait également forcé. Les premiers commentaires politiques sont encore prudents. Le Ministre français de l'économie Pierre Moscovici s'est contenté hier soir de "prendre acte" des communiqués d'EADS et de BAE Systems. "L'Etat, actionnaire indirect d'EADS, se prononcera le moment venu en vertu des conventions en vigueur régissant la gouvernance d'EADS", a-t-il simplement déclaré. Outre-manche, le gouvernement s'est contenté d'indiquer qu'il était au courant des discussions mais que l'évaluation des bénéfices du rapprochement est du ressort des entreprises concernées. Il a cependant indiqué qu'il veillera à ce que l'intérêt général des britanniques soit préservé. Les chiffres de l'opération sont vertigineux : une réunion brute des activités des deux entreprises, qui ne risque cependant pas d'arriver compte-tenu des questions antitrust, représenterait 72 milliards d'euros de chiffre d'affaires, davantage que le colosse du secteur Boeing. Les capitalisations boursières des deux entreprises représentent ensemble près de 38 milliards d'euros, dont 64% pour EADS et 36% pour BAE Systems. La nouvelle entité emploierait quelque 225.000 salariés dans le monde.
* Ubisoft : recule de 2% avec Alcatel-Lucent
* Peugeot : redonne 1% suivi de Carrefour, EDF, SG et BNP Paribas
* Valeo : perd 0,5% suivi de Faurecia et de GDF Suez
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