(Boursier.com) -- LA TENDANCE
Malgré un repli limité à Wall Street hier soir, les marchés européens poursuivent leur repli. Le CAC40 décroche de 1,3% à la mi-journée, de retour à 3.507 points. Les tensions diplomatiques entre la Chine et le Japon viennent se greffer à un contexte économique toujours déprimé et à un retour des tensions sur les taux obligataires européens. Tant que l'Espagne n'aura pas demandé l'aide européenne, le programme de rachat de dette de la BCE ne pourra pas être activé et les prochaines échéances de refinancement de Madrid constituent un risque de nouveaux dérapages des taux. Le 10 ans espagnol remonte d'ailleurs près de 6% ce mardi. Une consolation ce matin, l'indice allemand ZEW de septembre est moins dégradé que prévu en ce qui concerne le sentiment économique, à -18,2 contre -20 redouté en moyenne par les économistes. L'indicateur de situation actuelle s'établit en revanche à 12,6 points alors que le consensus tablait sur 18 points. Il s'agit malgré tout de la première hausse en cinq mois de la composante du sentiment économique, puisqu'elle était ressortie à -25,5 points en août. Aux Etats-Unis, la balance des comptes courants du second trimestre est prévue à14h30, avant l'indice de confiance du marché immobilier de septembre qui sera connu à 16h00 (consensus 38).
VALEURS EN HAUSSE
* Seule hausse significative sur le CAC40, Pernod Ricard gagne 1,9% à 87,5 Euros. Dans la catégorie biens de consommation discrétionnaires, Morgan Stanley cite ce matin quatre dossiers incontournables à court terme : le groupe cosmétique suédois Oriflame, le cigarettier britannique Imperial Tobacco et les groupes de spiritueux britannique Diageo et français Pernod Ricard. En revanche, le courtier préconise de rester à l'écart d'Unilever, Beiersdorf, DE Master Blenders et L'Oréal.
* L'Oréal se maintient d'ailleurs légèrement dans le vert à 97,2 Euros.
VALEURS EN BAISSE
* Si le secteur bancaire parvenait hier à enchaîner une nouvelle séance de gains, Société Générale fait partie des plus fortes baisses observées aujourd'hui sur le CAC40 (-4% à 24 Euros), suivi de Crédit Agricole en baisse de 3% à 5,8 Euros.
* Arkema perd 4% à 71,9 Euros. La journée investisseurs tenue par la société à Paris aujourd'hui est l'occasion pour le chimiste de confirmer viser cette année 1 milliard d'euros environ d'EBITDA. Mais le groupe va surtout présenter son projet d'entreprise à l'horizon 2016, dont l'objectif est de devenir un leader mondial de la chimie de spécialités et des matériaux avancés. A cette échéance 2016, Arkema prévoit de peser 8 milliards d'euros de chiffre d'affaires pour 16% de marge d'EBITDA (soit environ 1,28 milliard d'euros d'EBITDA), tout en maintenant un taux d'endettement inférieur à 40%. En 2020, le groupe espère atteindre le cap des 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires et une marge d'EBITDA proche de 17%. En parallèle, Arkema entend "augmenter de manière significative son dividende pour 2012" et vise, au-delà, un taux de distribution de 30% de son résultat net courant.
* GDF SUEZ perd 2,2% sous les 20 Euros. Le gouvernement a décidé de laisser la société augmenter de 2% les prix du gaz au 1er octobre, bien moins que ce qu'elle espérait. Une décision prise pour "protéger le pouvoir d'achat des français", alors que l'industriel avait demandé 7%, afin de couvrir la hausse de ses coûts. L'annonce fait déjà débat puisque le Premier ministre s'était engagé à ce que les prix ne progressent pas plus vite que l'inflation cette année, alors qu'une hausse de 2% est déjà entrée en vigueur en juillet dernier. Mais elle est également polémique pour les industriels alternatifs du secteur, qui fustigent l'encadrement des tarifs de GDF SUEZ, qui nuit, selon eux, au développement de la concurrence. En outre, la Commission de régulation de l'énergie avait déjà estimé en août qu'une hausse limitée à 2% ne suffisait pas à couvrir l'inflation des coûts du groupe.
* Technip résiste (-0,3% à 89,7 Euros). Le groupe a décroché auprès du japonais Inpex un important contrat offshore, d'une valeur approximative de 210 millions d'euros, pour le projet de GNL Ichthys situé dans le Bassin de Browse, à l'ouest des côtes australiennes. Une équipe intégrée avec le client sera chargée des activités liées à la préparation et la réalisation de la mise en service en mer de l'unité flottante de production, stockage et déchargement et de l'installation centrale de traitement. Le centre opérationnel de Technip de Perth sera chargé de ce contrat qui démarre immédiatement. Il devrait prendre fin au quatrième trimestre 2016, lors de l'entrée en production du champ.
* Bouygues cède 1% à 20,5 Euros. La filiale Bouygues Bâtiment Ile-de-France a remporté un contrat de 77 millions d'euros auprès du groupe Allianz pour la rénovation de la Tour Athéna, située dans le quartier d'affaires de la Défense. Ce bâtiment construit en 1984 va subir une cure de jouvence centrée sur les exigences environnementales les plus élevées. Il vise la triple certification HQE, BREEAM Very Good et LEED Gold et sera labellisé BBC Rénovation. "Le bâtiment gardera sa forme d'origine, mais sera notamment équipé de panneaux photovoltaïques. La consommation d'énergie de l'immeuble sera réduite d'au moins 40%", explique Bouygues, qui mobilisera 300 personnes en période de pointe sur ce chantier d'une durée de deux ans, avec livraison prévue en juillet 2014.
* Alstom perd 1% à 29,7 Euros. Il aura fallu attendre plus de deux ans pour qu'Alstom et Schneider aboutissent à une réelle simplification des activités rachetées à Areva en Inde. En 2010, les deux groupes avaient acquis conjointement les activités de transmission et de distribution du groupe nucléaire, dont son entité indienne Areva T&D India. Schneider avait récupérer la distribution, sous le patronyme de Schneider Electric Infrastructure et Alstom la transmission, sous la dénomination Alstom T&D India, mais les deux structures restaient cotée à Bombay. Cela ne sera bientôt plus le cas puisque les deux entreprises françaises ont chacune lancé une offre d'achat obligatoire portant sur un maximum de 26% du capital de leurs filiales respectives.
* Renault perd 2,8% sous les 40 Euros et Peugeot 4,7% à 6,75 Euros. Les immatriculations de véhicules particuliers neufs ont chuté de -8,9% en août dans l'Union Européenne, avec des replis sur tous les principaux marchés sauf le Royaume-Uni (stable) et l'Espagne (+3,4%). Sur huit mois, les immatriculations de véhicules ont reculé de -7,1% par rapport à la même période de 2011, à 8.268.642 unités, selon les données recueillies par l'ACEA. Sur cette durée, seul le marché britannique affiche une légère croissance. Le mois d'août est traditionnellement le plus faible de l'année en matière de volumes de véhicules vendus. Les 10 premiers constructeurs européens voient leurs ventes baisser, hormis le premier d'entre eux, l'inévitable Volkswagen, qui parvient à progresser de 1,3% grâce principalement à Audi et Skoda et à l'inclusion depuis août des ventes de Porsche. Il faut également saluer la belle performance de Dacia, la filiale de Renault, qui bondit de 16% et réduit à -12,9% la glissade des immatriculations du groupe (part de marché de 7,6%), alors que la seule marque au losange chute de -21,2%. Le groupe PSA enregistre pour sa part une décrue de -13%, plus marquée chez Citroën que chez Peugeot, pour une part de marché qui recule à 11,4%. Derrière, GM plonge de -17,8%, Ford de -28,9% et Fiat de -18,2%.
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