(Boursier.com) -- LA TENDANCE
Petit rebond de la bourse de Paris qui doit encore composer avec des publications d'entreprises très mitigées et quelques nouvelles déceptions. Le CAC40 ne reprend que 0,2% en fin de matinée à 3.413 points après 3,6% de baisse sur les trois journées précédentes. Mauvaise surprise aussi sur l'indice IFO allemand de confiance des affaires, avec un recul à 100 points alors que les économistes espéraient en moyenne une progression à 101,6 points, après 101,4 en septembre. Les autres indicateurs annexes comme l'estimation actuelle et les prévisions sont eux aussi en-deçà des attentes. Le discours de Mario Draghi, président de la Banque Centrale Européenne, à 14 heures devant le Bundestag, est susceptible d'apporter un catalyseur tout à l'heure. Ses propos seront intéressants, alors que l'Espagne n'est pas décidé à faire appel aux mécanismes européen de financement. En fin de journée à 20h15, nous assisterons au traditionnel meeting FOMC de la Réserve Fédérale Américaine (statu quo sur les taux largement attendu).
VALEURS EN HAUSSE
* STMicroelectronics gagne 3% à 4,8 Euros, la société a souffert au troisième trimestre, ce qui ne constitue pas vraiment une surprise au vu des performances médiocres déjà dévoilées par les autres acteurs du secteur des semiconducteurs. Le groupe a réalisé un chiffre d'affaires de 2,17 milliards de dollars sur la période, en retrait de plus de 11% en un an, pour une marge brute de 34,8% contre 35,8% un an avant. La perte d'exploitation a atteint -792 millions de dollars et la parte nette -478 millions de dollars. Hors charges de restructuration, dépréciations et exceptionnels, la perte d'exploitation se serait limitée à -79 millions de dollars, et aurait même été positive (0,3% de marge) pour la part attribuable à ST. Les chiffres se situent en bas de consensus. Ils intègrent une nouvelle charge de 690 millions de dollars prises sur la filiale de plateformes mobiles ST-Ericsson, qui n'a pas d'effet sur la trésorerie. "La force de notre portefeuille de produits nous a permis de gérer un environnement caractérisé par une demande actuellement faible", a tenu à souligner le CEO Carlo Bozotti, qui met en avant l'amélioration de la marge des filiales détenues à 100%, dont la marge d'exploitation est ressortie à 5,8%. "En décembre, nous présenterons le nouveau plan stratégique qui nous permettra d'accélérer la feuille de route vers l'atteinte du modèle financier annoncé précédemment et d'assurer la réussite future à la fois de nos segments analogiques et numériques et, donc, de l'ensemble de notre société", a-t-il ajouté, et soulignant que le processus permettra de continuer à accompagner la progression des activités numériques "vers une autonomie financière durable". ST envisage des économies annuelles de 150 millions de dollars grâce à ce nouveau plan. Pour le trimestre en cours, le groupe vise une évolution de son activité comprise entre +5% et -2% par rapport au 3ème trimestre et une marge brute de 30 à 34%.
* bioMérieux s'adjuge 5% à 72,4 Euros. Le chiffre d'affaires des 9 premiers mois de 2012 s'est établi à 1,133 milliard d'euros, en croissance de 11% en données publiées. A devises constantes, la hausse s'établit à 7,5%, dont une progression de 3,2%, à périmètre d'activité comparable. Sur le seul 3ème trimestre, les revenus ont progressé de 3,8% en données organiques, à 383 millions d'euros.
* Dans un contexte de consommation pourtant morose, les résultats trimestriels de Bic détonnent, ce qui vaut à l'action un bond de 5% à 92 Euros en matinée, non loin de ses sommets de 94 Euros touchés en début de mois. Alors bien sûr, la dynamique de croissance s'est infléchie au 3ème trimestre, mais les marges ont continué à progresser, ce qui rassure les investisseurs. Quel est donc le secret du groupe ? Dans le pôle Grand public, malgré une branche papeterie qui souffre, les briquets et surtout les rasoirs parviennent à afficher une belle croissance organique. L'autre branche, qui comprend les "Produits publicitaires et promotionnels", souffre sans surprise. "Cette publication se caractérise par un bon maintien de la profitabilité", souligne Oddo ("acheter") ce matin, en estimant que cette évolution "confirme le statut défensif de Bic dans le contexte actuel", grâce notamment à son positionnement prix.
* Gemalto reste bien orienté (+1,5% à 65,9 Euros) avant ses chiffres du troisième trimestre.
VALEURS EN BAISSE
* Seb perd 7% sous les 50 Euros. Le groupe ne tiendra pas ses objectifs annuels. Le groupe a été rattrapé par la crise en septembre, si bien que le rythme de progression de ses revenus s'est infléchi. Sur neuf mois, l'activité progresse de 3,5% à données courantes à 2,753 milliards d'euros, mais se contracte de -1,1% sur une base comparable, avec des marchés européen et asiatiques sous pression. Sur le seul 3ème trimestre, les revenus s'établissent à 952 millions d'euros, en croissance de 1,1% en données publiées mais en baisse de -3,4% en comparable. Le résultat opérationnel d'activité sur neuf mois chute de -15% à 232 millions d'euros, dont un recul de plus de 23% sur le 3ème trimestre à 89 millions d'euros. Le consensus ressortait à 976 millions d'euros, en croissance de 3,9% en glissement annuel sur une base publiée, et stable à données constantes. Sur la période, le résultat opérationnel des activités était attendu à 113 millions d'euros (-2,5%). SEB est donc loin du compte. En conséquence de cet été difficile, la société remet en cause ses objectifs précédents et vise désormais un chiffre d'affaires annuel stable sur une base constante, grâce à une légère croissance au 4ème trimestre, mais précise que le retard accumulé sur le résultat opérationnel d'activité ne pourra être rattrapé. Le groupe a choisi de ne pas sacrifier aux impératifs immédiats de résultats les investissements en moyens moteurs nécessaires à la mise en oeuvre de ses objectifs de long terme. Il fera donc le dos rond en attendant que l'orage passe, sans prendre de mesures spectaculaires. Avant cet avertissement, le groupe visait une légère croissance de ses ventes et espérait pouvoir dégager sur le second semestre un résultat opérationnel d'activité voisin de celui du second semestre 2011.
* Beaucoup d'actualité sur PSA Peugeot Citroën ce mercredi matin, ce qui n'empêche pas le titre de plonger vers de nouveaux plus bas historiques. Le titre Peugeot perdait ce matin jusqu'à 8% à 5,35 Euros après une ouverture en légère hausse et se reprend un peu en fin de matinée (-4%) au gré de rachats de positions vendeuses susceptibles de se manifester compte tenu des grosses positions courtes détenues par certains hedge funds qui ont continué à jouer le flux d'actualité négatif. Le groupe a tout d'abord publié son chiffre d'affaires du troisième trimestre, marqué sans surprises par un recul de 8,5% de la division Automobile en recul de 8,5% par rapport au 3ème trimestre 2011, dans un marché automobile européen en forte baisse de 7,8% à fin septembre. PSA continue aussi à souffrir en Amérique Latine. La mauvaise nouvelle provient du fait que le groupe insiste de nouveau sur la guerre des prix du marché européen en parlant d'un "environnement concurrentiel plus difficile en raison de la pression renforcée sur les prix et de la poursuite de la dégradation des marchés en Europe du Sud". Autant dire que les marges du groupe ont encore dû se dégrader en Europe. PSA s'attend désormais à un marché automobile en baisse de 9% en Europe (-8% précédemment). Le groupe table toujours sur une croissance de l'ordre de 7% du marché chinois mais révise en hausse sa prévision pour l'Amérique Latine de +2% à +5% et pour la Russie (de +9% à +11%). Par contre, PSA comptait en juillet stabiliser fin 2012 sa dette nette autour de 2,4 MdsE et la situe désormais à environ 3 MdsE. D'un côté plus positif, la confirmation d'une garantie de l'Etat pour le refinancement de Banque PSA Finance, la structure de financement automobile du constructeur, a été confirmée pour un montant de 7 Milliards d'Euros. Le pool bancaire de Banque PSA Finance est sollicité pour mettre à disposition des liquidités d'un montant de 11,5 MdsE, dont 1 MdE de liquidités additionnelles. Dans ce contexte, PSA a décidé pendant la période de la garantie de l'Etat de ne pas procéder à des distributions de dividendes ou à des rachats d'actions, et de ne pas attribuer aux membres du Directoire d'options de souscription ou d'achat d'actions ni d'actions gratuites. Comme attendu, PSA a par ailleurs fait le point sur ses projets industriels avec l'américain General Motors. Les deux groupes ont sélectionné quatre projets de développement de plateformes communes de véhicules et confirmé les prochaines étapes vers la création d'une organisation commune des achats. L'objectif est de conclure les contrats d'application au plus tard le 31 décembre 2012 afin de permettre une mise en oeuvre effective de l'Alliance. Les deux groupes confirment les objectifs de synergies déjà annoncés estimées à 2 Mds$ annuellement (1 milliard chacun) d'ici cinq ans. Rien de bien nouveau au niveau industriel puisque PSA et GM confirment que les premiers véhicules issus de leurs plateformes communes ne seront pas commercialisées avant la fin 2016.
* Renault cède 0,7% à 35,54 Euros avant sa publication trimestrielle. Renault a annoncé que son usine de Sandouville (près du Havre), transformée depuis 2010 pour accueillir la production du futur fourgon Trafic et compenser la baisse des volumes de l'Espace et de la Laguna, entre désormais dans la phase de des pré-séries. Le futur Trafic sera commercialisé à partir de 2014, avec un volume de production aujourd'hui estimé à 100.000 unités par an une fois que toutes les versions auront été lancées. Avec la relocalisation de Trafic à Sandouville, produit auparavant en Angleterre et en Espagne, Renault souligne que la majorité de sa gamme utilitaire (avec Kangoo à Maubeuge et Master à Batilly) sera produit en France. D'ici la fin de l'année l'installation de la ligne de montage du futur Trafic sera effectuée et la réalisation des premières pré-séries pourra commencer.
* JC Decaux chute de 5,5% à 16,12 Euros après la décision d'Exane BNP Paribas de réduire de "neutre" à "sousperformance" sa recommandation, pour un objectif abaissé de 11% à 16 euros. L'analyste estime que les perspectives de court terme s'assombrissent pour le dossier, notamment à cause de l'Europe, et que le consensus pourrait s'avérer trop optimiste.
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