(Boursier.com) -- LA TENDANCE
Léger rebond de la bourse de Paris en milieu de journée, le CAC40 se reprenant après trois séances de repli (+0,35% à 3.377 points). Les initiatives restent limitées au milieu d'une actualité économique qui n'incite pas à l'optimisme. La notation souveraine espagnole n'est désormais plus qu'à un cran de la catégorie dite "spéculative", après la décision de Standard & Poor's de la réduire de deux crans, de "BBB+" à "BBB-" cette nuit... S'il devait y avoir un nouvel abaissement, la signature espagnole atteindrait "BB+" et perdrait son statut de catégorie dite "d'investissement". Dans le sillage de l'Espagne, l'Italie a d'ailleurs vu ses coûts d'emprunt augmenter ce matin lors d'une adjudication à trois ans. Du côté de l'Allemagne, les principaux instituts d'études économiques ont réduit leurs prévisions de croissance pour la première économie européenne à +1% en 2013, contre +2% anticipé jusqu'ici. La croissance pour l'année en cours est également révisée à la baisse, à +0,8% contre +0,9% auparavant. L'économie allemande commence à être touchée par la crise, explique le groupe qui comprend l'institut Ifo. Les données hebdomadaires du chômage et les commandes industrielles d'août sont au programme de Wall Street cet après-midi.
VALEURS EN HAUSSE
* Carrefour gagne 3,5% à 16,55 Euros. Dans un contexte compliqué pour la consommation, l'Amérique Latine reste l'eldorado de Carrefour, qui a publié ce matin ses revenus du 3ème trimestre 2012. Le sous-continent est le seul à afficher une croissance organique de son activité si l'on met à part la contribution du carburant. Il permet au distributeur d'afficher une légère progression de son chiffre d'affaires sur la période estivale. Carrefour a ainsi enregistré 22,6 milliards d'euros de ventes au cours du 3ème trimestre, en croissance de 2,1% en glissement annuel. Le consensus était positionné à 22,43 milliards d'euros. A magasins comparables, la hausse ressort à +1,5% à changes constants et avec essence, et à +0,2% à changes constants et sans l'essence. Sur neuf mois, le distributeur affiche 66,3 milliards d'euros de revenus, soit une progression de 1,3% en données brutes, et de +0,8% à magasins comparables et changes constants incluant l'essence. Hors carburant et sur cette même base de change et de magasins constants, l'activité se contracte de -0,2%. La direction ne fournit guère d'indications dans son communiqué, hormis que les ventes sont "portées par l'Amérique Latine" et que le trimestre "montre une amélioration en France". Elle concède également que l'Europe du Sud "reste difficile". Il faudra sans doute attendre la conférence de présentation pour que le management se prononce sur l'objectif d'EBIT annuel, avec lequel il se déclarait "à l'aise" lors de sa dernière sortie.
* LVMH remonte de 3% à 122 Euros. Le groupe dévoilera son chiffre d'affaires trimestriel le 15 octobre prochain. Berenberg anticipe des ventes de 6,854 Milliards d'euros, en hausse de 14% dont 8,5% en organique. Le courtier s'attend à ce que la croissance plus faible chez Louis Vuitton persiste. Le courtier est à "acheter" sur le géant du luxe avec un cours cible de 150 Euros.
* PPR reste bien orienté, en hausse de 0,6% à 129 Euros.
* Société Générale gagne 2,2% à 23,2 Euros et BNP Paribas 0,5% à 37,9 Euros. Fitch Ratings a confirmé hier soir les notations crédit de BNP Paribas ("A+") et Société Générale ("A+") ainsi que leurs perspectives, "stable" pour la première et "négative" pour la seconde. L'agence explique la notation de la banque rouge et noire découle du soutien potentiel que l'Etat français ("AAA", perspective négative) pourrait apporter au besoin. L'analyse est en revanche différente pour BNP Paribas, car sa note long terme repose actuellement sur ses qualités intrinsèques. Si elle venait à être abaissée, elle pourrait alors bénéficier du soutien implicite conféré par la notation de l'Etat français.
VALEURS EN BAISSE
* Veolia perd encore 0,7% à 7,86 Euros. Le PDG d'EDF, Henri Proglio, devrait quitter aujourd'hui officiellement le conseil d'administration de Veolia Environnement. Selon 'Les Echos' du jour, l'ex-PDG du géant de la gestion de l'eau a tiré les conséquences de ses relations orageuses avec Antoine Frérot, qui lui a succédé à la tête de Veolia. EDF, qui détient 4% du capital de Veolia, devrait néanmoins conserver un poste au conseil du groupe, précise le quotidien économique. Le mandat de M. Proglio courait encore pendant quelques mois, mais son départ du conseil faisait l'objet de rumeurs depuis le mois de juillet. En 2009, lors de sa nomination à la tête d'EDF, le dirigeant avait déclenché une vive polémique en exigeant, dans un premier temps, de diriger de front les deux entreprises... Il s'est ensuite opposé à la stratégie de cessions d'actifs engagée par Antoine Frérot pour désendetter le groupe. En février dernier, M. Proglio a même été soupçonné d'avoir fomenté une fronde au sein du conseil afin d'évincer son successeur et le remplacer par Jean-Louis Borloo, l'ancien ministre de l'Ecologie...
* EADS reperd 1% à 27,2 Euros après avoir rebondi de 5% hier suite à l'officialisation en début d'après-midi de la fin des discussions en vue d'un rapprochement entre le groupe aéronautique et son homologue britannique BAE Systems. Ce matin, les objectifs de cours remontent mais les analystes gardent globalement des doutes sur la stratégie du groupe.
* Alcatel-Lucent, qui continue à être vendu par les hedge funds, glisse sur de nouveaux plus bas historiques ce jeudi à 0,71 Euro (-2%). Pas de secours non plus de la part des analystes avec une initiation de couverture en provenance ce matin de CM-CIC Securities qui recommande de vendre avec un objectif de cours de 0,6 Euro. Sur un marché des équipements télécoms "structurellement déflationniste, au mieux atone", CM-CIC Securities préfère Ericsson qui est recommandé à l'achat.
* STMicroelectronics recule de 0,7% à 4,36 Euros. ST Ericsson a signé un accord de transfert du centre de recherche de Linkoping en Suède à l'américain Cybercom. Un total de 27 salariés changera d'employeur. Cybercom, un fournisseur important de la co-entreprise entre STMicroelectronics et Ericsson, développera des logiciels de test pour son compte d'ici juin prochain. Cette décision d'externalisation fait partie du plan stratégique de ST Ericsson. Aucune modalité financière n'a été précisée.
O.C. - ©2012, 2013 www.boursier.com




