(Boursier.com) -- LA TENDANCE
Le CAC40 revient sur ses récents plus hauts en progressant de plus de 1% en milieu de journée autour de 3.430 points. Les statistiques positives outre-Atlantique ont permis à Wall Street de progresser très nettement hier soir et en Europe, la situation en Grèce semble une nouvelle fois en phase de se débloquer, du moins l'échéance de refinancement du pays en mars. Le marché obligataire européen connait d'ailleurs une accalmie en cette fin de semaine, les coûts d'emprunt de l'Italie et de l'Espagne diminuant assez nettement, resserrant leur écart avec ceux de l'Allemagne. Aux États-Unis ce vendredi, l'indice des prix à la consommation pour janvier 2012 est attendu à 14h30 (consensus +0,3% et +0,3% également hors alimentaire & énergie, après 0% et +0,1% en décembre). L'indice des indicateurs avancés du Conference Board pour janvier 2012 sera publié à 16 heures (consensus +0,6%, après +0,4%). Le baril de pétrole poursuit sa hausse à plus de 102 dollars le WTI.
VALEURS EN HAUSSE
* Lafarge bondit de 6% 33,7 Euros, le groupe était en pertes sur le 4ème trimestre, ce qui a empêché le cimentier d'atteindre les anticipations des analystes en terme de bénéfice net sur l'exercice 2011. La faute à 285 Millions d'Euros de charges de dépréciations sur certains actifs, dont une partie en Grèce. Hormis cet accroc, qui est purement comptable et ne pèsera donc pas sur la trésorerie, les chiffres sont plutôt meilleurs que prévu. Sur l'exercice entier, cela se traduit par un chiffre d'affaires de 15,284 MdsE, en croissance de 3% en données publiées et de 5% en comparable, pour un EBITDA de 3,217 MdsE (-8% en publié, -6% en comparable) et un résultat opérationnel courant de 2,179 MdsE (-9%, en publié comme en comparable). Le bénéfice net part du groupe ressort à 593 ME, en retrait de -28%, pour une génération de cash-flow libre en baisse de -31% à 1,208 MdE. Les analystes anticipaient en moyenne 15,15 MdsE de chiffre d'affaires, pour 3,1 MdsE d'EBITDA et un bénéfice net ajusté de 695 ME. Les chiffres présentés ce matin sont ajusté des activités plâtres cédées ou en cours de cession. Côté bilan, la dette nette a reculé de -14% à 11,974 MdsE. Les investissements ont été limités à 1,2 MdE l'année dernière, contre 1,3 MdE en 2010. Cette année, ils ne devraient pas dépasser 800 ME. Après 2,2 MdsE de cessions l'année dernière, le groupe devrait bénéficier d'environ 1 MdE de désinvestissements cette année. A fin 2011, il disposait de 4 MdsE de lignes de crédit non-tirées, d'une échéance moyenne de 2,2 ans, ainsi que de 3,2 MdsE de disponibilités. Lafarge rappelle que sa dette n'est assortie d'aucune condition particulière ("covenant"). Le dividende sera réduit à 0,50 Euro par action,
* Peugeot rebondit de 4% à 14,5 Euros. Peugeot vient de dévoiler les détails de son stand du salon automobile de Genève, du 3 au 13 mars prochains. Pour la marque au lion, la vedette de ce premier grand salon européen de l'année est bien sûr la nouvelle citadine 208. Peugeot en dévoilera d'ailleurs pas moins de 10 exemplaires représentatifs de l'offre de lancement. Sur la base de la 208 3 portes, deux concepts-cars seront également de la partie dont une version sportive "GTi Concept". Le Président de PSA, Philippe Varin, a précisé cette semaine que le lancement commercial de la 208 est prévu le 29 mars. Autres attractions du salon de Genève, les premières offres de motorisations hybrides diesel qui arrivent enfin. La 3008 HYbrid4, commercialisée en février, inaugure en première mondiale cette motorisation. Le break haut de gamme 508 RXH sera lancé quelques semaines plus tard avant la berline 508 HYbrid4, disponible à l'été 2012.
* Renault poursuit sa hausse de 2,7% en se rapprochant des 40 Euros, un niveau de cours qui n'a plus été observé depuis juillet 2011. Renault continue à bénéficier d'arbitrages sectoriels favorables, notamment vis-à-vis de PSA, après sa publication de solides résultats 2011 qui ont permis au groupe de se désendetter (endettement net au plus bas de puis 1998). En dépit d'une faible visibilité sur le marché automobile européen qui s'annonce encore très difficile au moins sur la première partie de l'année, Renault a confirmé la trajectoire de la première étape de son plan stratégique 2016 en réaffirmant ses objectifs financiers 2013.Cette première étape comprend 2 Milliards d'Euros de Free Cash Flow cumulé dans l'automobile de 2011 à 2013 et un volume de vente supérieur à 3 millions de véhicules en 2013 (par rapport à 2,72 millions de véhicules en 2011). Le Président de Renault, Carlos Ghosn n'a cependant pas confirmé l'objectif de 5% de marge opérationnelle en 2013 (2,6% en 2011), même si ce niveau de rentabilité reste un "objectif interne". Cette relative confiance qui contraste avec la plus grande prudence des autres constructeurs européens généralistes est donc appréciée par les investisseurs, de même que la perspective de retrouver des dividendes conséquents, le groupe s'étant engagé à distribuer aux actionnaires les coupons issus de ses diverses participations (Nissan principalement). Cette politique se traduit déjà cette année par un dividende de 1,16 Euro.
* France Telecom gagne 1,6% à 11,44 Euros. La Commission de la concurrence suisse a donné son feu vert au rachat d'Orange Suisse par le fonds Apax Partners. "L'examen préalable n'a pas établi d'indices démontrant que le projet d'acquisition pourrait créer ou renforcer une position dominante", a souligné la COMCO dans un communiqué diffusé ce matin. "Après cette opération, le marché suisse des télécommunications mobiles demeure caractérisé par la présence de trois grands opérateurs, ce qui assure le maintien de son dynamisme et garantit son ouverture à de nouvelles innovations", a précisé le régulateur, qui ne procèdera donc pas à un examen approfondi. L'opérateur français avait signé en décembre dernier avec Apax un accord de cession d'Orange Suisse pour une valeur d'entreprise de 2 Milliards de Francs Suisses, soit 1,6 Milliard d'Euros. Ce montant de valorisation correspondant à un multiple de 6,5 fois l'EBITDA de l'entité, qui emploie 1.200 salariés et a réalisé en 2010 un chiffre d'affaires de 1,3 MdCHF. Elle comptait 1,6 Million de clients à fin septembre 2011.
* Saint Gobain gagne 2% à 35,6 Euros, les résultats 2011 sont proches des attentes des analystes, même si certains éléments non-récurrents sont venus peser sur le bénéfice net. Le groupe a dégagé 42,11 Milliards d'Euros de revenus annuels, en croissance de 5%, pour un résultat d'exploitation de 3,44 MdsE (+10,4%) et un bénéfice net courant de 1,736 MdE (+30%), c'est-à-dire hors plus ou moins-values de cessions, dépréciations d'actifs et provisions non récurrentes significatives. Le bénéfice net part du groupe ressort à 1,28 MdE (+13,7%). Le consensus s'établissait à 42 MdsE de chiffre d'affaires pour 3,36 MdsE de résultat d'exploitation et un bénéfice net de 1,64 MdE. La société signale également que son autofinancement libre ressort à 1,41 MdE avant impact fiscal des plus et moins-values de cessions et dépréciations d'actifs, au-delà de l'objectif de début d'année (1,3 MdE). La dette nette est en progression de 12,9% du fait des investissements industriels notamment, et atteint 8,1 MdsE. Elle représente 44% des fonds propres, contre 39% un an avant. Le ratio de couverture de la dette par l'EBITDA s'établit à 1,6 fois contre 1,5 fois un an avant. La direction, qui propose un dividende de 1,24 Euro en numéraire (+8%), reste prudente pour 2012 au vu du contexte macroéconomique. "Nous visons une croissance interne modérée, principalement tirée par l'augmentation des prix de vente nécessaire pour répercuter la hausse des coûts des matières premières et de l'énergie, ainsi qu'une bonne résistance de notre résultat d'exploitation et de notre rentabilité", a ainsi commenté le président Pierre-André de Chalendar. La croissance interne sera avant tout alimentée par les hausses de prix. Saint Gobain envisage aussi un "autofinancement élevé" et une stabilisation à 2 MdsE des investissements industriels (à environ 2 MdsE).
* Saft s'adjuge 5,80% à 23,3 Euros, le chiffre d'affaires annuel se monte en 2011 à 628,7 Millions d'Euros. Hors produit de redevance non récurrent de 7,4 ME enregistré dans le cadre de l'accord conclu avec Johnson Controls, il progresse de 7,1% à taux de change constants et de 5,1% à taux de change courants. L'EBITDA publié est en progression de 1,5% à 110 ME, soit une marge de 17,5% du chiffre d'affaires (18,3% en 2010). Retraité du produit non récurrent, il s'établit à 102,6 ME, soit 16,5% du chiffre d'affaires. Le consensus anticipait en moyenne un chiffre d'affaires annuel de 621,25 ME, pour un EBITDA de 107,9 ME. Saft dégage un résultat net de 75 ME, dont 23,9 ME de résultat net dû à la sortie de Johnson Controls-Saft. Le bénéfice net par action est de 2,98 Euros (1,46 Euro en 2010), dont 0,96 Euro au titre des activités arrêtées. Grâce à la forte génération de trésorerie de ses activités et au produit de 145 M$ résultant de la cession de sa participation dans Johnson Controls-Saft, le Groupe termine l'année avec une trésorerie importante de 267,2 ME, qui lui donne toute la flexibilité nécessaire afin de profiter d'opportunités futures. En raison de son excellente situation financière, Saft proposera à l'Assemblée générale des actionnaires la distribution d'un dividende ordinaire en augmentation, à 0,72 Euro par action, ainsi qu'un dividende exceptionnel de 1 Euro par action. Malgré les incertitudes sur la croissance de nombreuses économies en 2012, le groupe prévoit une progression continue de ses activités et marchés traditionnels et une contribution significative de Jacksonville. Le chiffre d'affaires global devrait progresser au minimum de 5% à taux de change constants en 2012. Saft anticipe une marge d'EBITDA de l'ordre de 16,5-17%.
* Les bancaires restent bien orientées avec Société Générale en hausse de 3% à 23,3 Euros et Crédit Agricole de 3,7% à 5,06 Euros.
VALEURS EN BAISSE
* Air Liquide perd 2,4% à 96,2 Euros, les résultats de la société ne recèlent traditionnellement pas de mauvaises surprises, tant leur prévisibilité est élevée. Les chiffres publiés ce matin ne dérogent pas vraiment à la règle, même si les analystes pourraient trouver à redire sur le résultat opérationnel courant et sur une hausse du coupon un peu chiche. Les perspectives de démarrage de projets sont en revanche très élevées pour l'exercice en cours, ce qui pourrait atténuer les déceptions. Le géant des gaz industriels a réalisé un chiffre d'affaires 2011 de 14,457 Milliards d'Euros, en croissance de 7,2% en données publiées et de 6,8% en comparable. Sur le seul périmètre Gaz et Services, la hausse atteint 7,5% en comparable à 12,84 MdsE. Le résultat opérationnel courant, à 2,409 MdsE, est en hausse de 7% et matérialise une marge de 16,7%, stable par rapport à 2010 (en hausse de 0,1 point en comparable). Le bénéfice net part du groupe atteint 1,535 MdE, soit une progression de 9,4%. Les analystes anticipaient 14,45 MdsE revenus et 2,42 MdsE de résultat opérationnel courant, pour 1,53 MdE de bénéfice net ajusté. Les bureaux d'études espéraient une hausse du dividende par rapport aux 2,35 Euros versés en 2010, voeu exaucé avec un coupon de 2,50 Euros, en hausse de 6,4% donc. "Les décisions d'investissements, qui s'élèvent à 2 milliards d'euros en 2011 dont plus de 60% dans les zones en développement, la signature de nouveaux contrats et l'innovation permanente pour élargir ses métiers, permettent au Groupe de renforcer sa présence sur les marchés en croissance, et d'être confiant dans son développement à moyen-terme dans le cadre du programme ALMA 2015. Dans ce contexte, et sauf dégradation majeure de la conjoncture, Air Liquide continue de viser une croissance de son résultat net en 2012", a souligné le président Benoît Potier.
* Pas d'autres baisses significatives sur le CAC40.
* Seb est sous pression en cette fin de semaine avec un titre en repli de 5% à 63,7 Euros. La valeur est victime d'une information sortie dans la presse chinoise, selon laquelle Supor, la filiale locale du groupe français, disposerait de produits contenant trop de manganèse. Une matière qui pourrait causer des troubles au cerveau... Les résultats 2011 de Seb seront dévoilés mercredi prochain. Les analystes attendent les premières indications sur 2012. Le consensus, outre le résultat opérationnel d'activité à 455 ME, vise un bénéfice net ajusté de 256,6 ME.
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