(Boursier.com) -- LA TENDANCE
La bourse de Paris est bien orientée, en hausse de 0,7% proche des 3.200 points après un plus haut de 3.214 points dans la matinée. Rien de bien encourageant pourtant dans l'actualité économique avec une contraction marquée de certains indices asiatiques, des commentaires peu rassurants du premier ministre chinois et la prudence du patron de la Fed, Ben Bernanke. Au coeur de l'actualité, il faudra suivre aujourd'hui la seconde journée du grand oral du patron de la banque centrale américaine, Ben Bernanke, devant la chambre haute du parlement. Hier soir, le leader de la Fed n'a pas apporté d'indices clairs sur la politique future de taux, puisqu'il continue de constater le ralentissement économique et précise seulement que la Fed reste prête à "d'éventuelles actions supplémentaires si les conditions ne s'améliorent pas". Autrement dit, sans surprise, Ben Bernanke laisse peu d'espoirs de nouveaux assouplissements monétaires quantitatifs à court terme et continue de conditionner son action aux futurs développements économiques. A suivre également ce mercredi, les mises en chantier de logements et permis de construire pour le mois de juin 2012 (consensus 0,745 million sur les mises en chantier et 0,775 sur les permis) et le Livre Beige économique de la Fed dans la soirée.
VALEURS EN HAUSSE
* Peugeot rebondit de 3% à 6,05 Euros, vraisemblablement porté par des rachats de positions vendeuses même si l'actualité du groupe reste toujours négative avant la publication des résultats semestriels le 25 juillet et de l'annonce du plan de soutien au secteur automobile dont on sait désormais qu'il risque de se limiter à quelques initiatives ciblées comme favoriser l'achat de véhicules hybrides et électriques. Les dernières publications de positions vendeuses concernant le titre Peugeot déclarées à l'AMF expliquent un peu mieux la récente chute du titre, dont le dernier plus bas se situait à 5,7 Euros hier. Deux nouveaux hedge funds viennent ainsi d'être signalés à la vente : le groupe américain DE Shaw&Co avec une position courte nette de 0,57% du capital de Peugeot en date du 16 juillet et la banque américaine JP Morgan à 0,51% du capital à cette même date. Par ailleurs, le hedge fund britannique Egerton Capital, qui avait pris une position vendeuse à hauteur de 0,68% du capital en date du 12 juillet, a augmenté sa position à 0,81% du capital le 16 juillet. Quant à la société de gestion britannique Odey Asset Management, pas de nouvelle déclaration depuis le 25 juin où elle était créditée d'une grosse position courte nette de 1,91% du capital de Peugeot. Toute modification de ces positions vendeuses devant être déclarée à l'AMF dans de brefs délais, cela signifie théoriquement qu'Odey AM ne s'est encore guère racheté...
* Soitec rebondit de 3,5% à 2,21 Euros après un plongeon de 22% mardi consécutif à la publication d'un chiffre d'affaires trimestriel en forte baisse et à un avertissement pour la suite de l'exercice. Ce matin, Arkeon Finance a abaissé son objectif de cours de 6 à 5 Euros en restant à l'achat.
* Vivendi gagne 1,4% à 15,8 Euros. Les rumeurs continuent à affluer concernant la stratégie du groupe et sa volonté présumée de se séparer d'un actif de poids pour améliorer son profil financier en réduisant la décote il pâtit du fait de son statut de conglomérat. Il aurait mandaté Barclays et Goldman Sachs pour étudier la cession d'Activision Blizzard, sa branche jeux vidéo dont il détient 61% du capital et qui est valorisée 13,4 milliards de dollars à la bourse de New York. L'information émane du 'Wall Street Journal'. Le numéro un mondial du secteur est un très bel actif qui dispose de marques extrêmement puissantes, comme 'World of Warcraft' ou "Call of Duty", mais dont le poids est tel que les prétendants s'annoncent peu nombreux. Des rumeurs avaient précédemment évoqué l'hypothèse de fonds d'investissements, car les "purs industriels" du secteur n'auraient pas les épaules assez larges : la capitalisation du dauphin d'Activision, Electronic Arts, dépasse à peine 3,6 milliards d'euros à Wall Street.
* France Telecom progresse de 2% à 11,05 Euros. Jefferies entrevoit les vents du changement concernant France Telecom, alors que le nouveau gouvernement français semble davantage s'orienter vers une préservation de l'emploi que vers une politique pro-consommateur, contrairement à ce qui a dominé ces dernières années, notamment avec l'appui apporté par l'ARCEP, critiquée à ce titre, à Free Mobile. Il pourrait en résulter une atténuation de la pression sur le marché et une réduction de l'influence du régulateur des télécommunications, au bénéfice des entreprises. De quoi aider à la revalorisation de l'opérateur historique, ou du moins à abaisser le risque attaché au dossier. L'analyste reste acheteur en visant 13 Euros.
* Crédit Agricole gagne 1,8% à 14,35 Euros. CA Corporate & Investment Bank et Kepler Capital Markets ont confirmé leur entrée en négociations exclusives concernant le rapprochement de Crédit Agricole Cheuvreux et Kepler pour créer "Kepler Cheuvreux", le leader indépendant du courtage en Europe. Crédit Agricole CIB deviendrait actionnaire du groupe Kepler Cheuvreux ainsi créé. Pour les investisseurs institutionnels, Kepler Cheuvreux serait le premier courtier actions en Europe continentale avec une couverture de plus de 650 sociétés européennes. Kepler Cheuvreux serait présent dans onze centres financiers européens et aurait également une forte présence en Amérique du Nord. Le groupe bancaire italien UniCredit, partenaire de Kepler pour la recherche et la distribution d'actions en Europe de l'Ouest serait ouvert à une prise de participation minoritaire dans la nouvelle entité Kepler Cheuvreux.
* Accor gagne 0,8% à 25 Euros. Le groupe affiche au 30 juin 2012 un chiffre d'affaires de 2,72 Milliards d'Euros, en hausse de 3,6% par rapport au 1er semestre 2011 en données comparables et stable en données publiées. Le chiffre d'affaires du deuxième trimestre 2012 atteint 1,475 MdE, en baisse de -0,8% en données publiées mais en hausse de 3,1% à données comparables. Le groupe hôtelier constate une amélioration des RevPAR (revenus par chambre) tirée par la croissance des prix moyens sur tous les segments et la forte progression des redevances de management et de franchise. Bien que la visibilité reste faible et malgré les incertitudes macroéconomiques qui continuent de peser sur certaines régions, le groupe anticipe, pour la saison estivale, une poursuite des tendances enregistrées depuis le début de l'année.
VALEURS EN BAISSE
* PPR cède 0,6% à 108 Euros malgré l'avertissement lancé par sa filiale Puma, qui ne remplira pas ses objectifs 2012 et a dû prendre 100 millions d'euros de charges de restructuration. Puma a annoncé que son EBIT semestriel devrait être inférieur de -11% à celui de la même période de 2011 et son bénéfice net de -13%, du fait d'un environnement adverse. Le résultat sera en outre grevé par une charge exceptionnelle de 100 millions d'euros destinée à accélérer le programme de transformation de l'entreprise allemande. Puma prévient que son chiffre d'affaires annuel ne progressera finalement que de l'ordre de 5% ("mid single digit"), contre environ 9% ("high sigle digit) précédemment envisagé. Davantage de détails seront fournis le 26 juillet lors de la publication des comptes intermédiaires.
* Alcatel-Lucent poursuit sa chute de 2,6% à 0,88 Euro. Alcatel-Lucent est désormais la plus petite capitalisation boursière du CAC40 après son plongeon de 20% hier. Le nouveau profit-warning du groupe s'accompagne bien sûr de révisions en baisse chez les analystes, à l'image d'Exane BNP Paribas qui a coupé de 37% à 0,60 euro son objectif, ou de la Deutsche Bank, passée de "achat" à "conserver". UBS, "neutre", ramène son objectif de 1,35 à 1 euro et Goldman Sachs de 1,50 à 1 euro.
* Renault cède 0,4% à 33 Euros. Le Ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg a précisé hier lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée Nationale que le plan de soutien au secteur automobile du gouvernement, qui sera présenté le 25 juillet prochain, comportera des initiatives en faveur de l'adoption des voitures hybrides et électriques qui font désormais partie de l'offre des constructeurs français. Arnaud Montebourg a cité en exemple la commercialisation prochaine de la compacte électrique Zoé de Renault et espère ainsi favoriser l'avantage compétitif de PSA et de Renault qui ont massivement investi dans les technologies hybrides (PSA) et électriques (Renault). On rappellera que les voitures éligibles sont déjà éligibles à un bonus écologique de 5.000 Euros en France (réservé aux véhicules rejetant moins de 50 g de CO2 par km). Les véhicules hybrides émettant moins de 110 g de CO2/km comme les Peugeot 3008 et 508 hybrides ou la Citroën DS5 hybride permettent de bénéficier d'un bonus de 2.000 Euros.
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