(Boursier.com) -- LA TENDANCE
De nouveaux décalages dans la décision de soutien à la Grèce ont semé le trouble sur les marchés hier soir et le mouvement se prolonge aujourd'hui alors que les banques françaises ont désormais provisionné une décote de 75% sur leurs engagements financiers grecs. Le CAC40 recule de 0,6% autour de 3.370 points à la mi-journée après un repli jusqu'à 3.353 points dans la matinée. Moody's a prévenu cette nuit qu'un grand ménage se préparerait dans le secteur bancaire, puisque l'agence a procédé à des mises à jour concernant pas moins de 114 institutions financières dans 16 pays européens, qui reflètent, à différents degrés, le prolongement de la crise dans la zone euro, la détérioration de la signature crédit des nations de la région et, à plus long terme, les défis auxquels les banques se heurteront sur les marchés de capitaux. Globalement, la notation crédit individuelle de 99 des institutions financières a été placée sous revue en vue d'une dégradation. Le baril de pétrole de retour à plus de 101 dollars le WTI avec les tensions en Iran accentue également la pression sur les marchés. Sur le front économique aux États-Unis ce jeudi, les mises en chantier et permis de construire pour janvier sont attendus à 14h30 (consensus 675.000 sur les mises en chantier et 684.000 sur les permis), avec les inscriptions hebdomadaires au chômage (consensus 364.000) et l'indice des prix à la production de janvier (consensus +0,3% et +0,1% hors alimentaire & énergie). L'indice d'activité manufacturière de la Fed de Philadelphie pour février sera publié à 16 heures (consensus de 9, après 7,3 en janvier). Ben Bernanke s'exprimera enfin vers 15 heures devant la FDIC américaine, à propos des banques communautaires.
VALEURS EN HAUSSE
* Renault progresse d'environ 3% à 37,3 Euros après la publication de ses résultats 2011. Les comptes de Renault sont en ligne avec les attentes des analystes et tranchent donc avec ceux du concurrent PSA publiés hier. Sans nouveautés majeures sur l'année 2011 mais avec l'appui majeur du développement international de la gamme Dacia, Renault est parvenu à stabiliser sa marge à 2,6% du chiffre d'affaires contre 2,8% en 2010. La contribution de la division automobile est restée positive à 0,8% des ventes alors que celle de PSA a basculé dans le rouge. Quant au bénéfice net, près des deux tiers proviennent de la contribution de Nissan (1,33 MdE sur 2,09 MdsE). L'objectif d'un free cash flow opérationnel de l'Automobile supérieur à 500 ME a été largement dépassé puisqu'il atteint 1,08 MdE. Nous sommes sur la trajectoire pour atteindre nos objectifs stratégiques 2013, a confirmé le Président de Renault, Carlos Ghosn, lors de la conférence de présentation des résultats 2011. Carlos Ghosn fait donc référence à la première étape du plan stratégique 2016 "Drive the Change" dévoilé il y a un an. Cette première étape comprend 2 Milliards d'Euros de Free Cash Flow cumulé dans l'automobile de 2011 à 2013 et un volume de vente supérieur à 3 millions de véhicules en 2013 (par rapport à 2,72 millions de véhicules en 2011). Carlos Ghosn n'a cependant pas confirmé l'objectif de 5% de marge opérationnelle en 2013 qui avait été évoqué l'an dernier. "C'est un objectif interne, mais on ne fait plus de prévision de marge opérationnelle", a expliqué Carlos Ghosn en faisant allusion au degré d'incertitude très élevé sur le marché européen. Le dirigeant a d'ailleurs souligné que la guerre des prix va continuer en Europe dans un marché en déclin où aucun constructeur n'a envie de réduire ses volumes. Carlos Ghosn a toutefois sous-entendu que l'objectif de Free Cash Flow appelle une marge opérationnelle en conséquence...
* Capgemini gagne 6% à plus de 31 Euros. La SSII a bouclé son exercice 2011 sur un chiffre d'affaires de 9,69 Milliards d'Euros, en croissance de 11,4% par rapport à 2010 (+5,6% sur une base constante), pour une marge opérationnelle de 713 ME, en progression de 21,5%, qui représente 7,4% de revenus contre 6,8% un an avant. Le bénéfice net part du groupe est en hausse de 44,3% à 404 ME. Le consensus est dépassé, lui qui était positionné à 9,63 MdsE de chiffre d'affaires, pour 699 ME d'EBITA, soit une marge de 7,3%. La prévision de bénéfice net s'établissait quant à elle à 331 ME.Les prises de commandes enregistrées sur l'ensemble de l'exercice s'élèvent à 9,9 MdsE, montant inférieur (-8,4% à taux de change et périmètre constants) à celui de l'exercice précédent qui avait enregistré un grand nombre de renouvellements de contrats d'infogérance, explique l'entreprise. Un dividende de 1 Euro par action sera proposé, identique à celui de 2010. Le management évoque sa "confiance" pour 2012, soulignant que "la bonne tenue de la demande telle qu'observée à la fin de l'année dernière ne faiblit pas en ce début 2012, et l'activité demeure bien orientée dans plusieurs marchés importants dont l'Amérique du Nord". La SSII concède cependant que la visibilité est obérée par l'environnement macro économique incertain, aussi prévoit-elle d'enregistrer une croissance organique limitée de son chiffre d'affaires, compte tenu en particulier de la réduction des dépenses publiques engagée dans la plupart des pays d'Europe, et d'afficher un taux de marge opérationnelle en progression.
* Technip (+2,2% à 80 Euros) a dévoilé un chiffre d'affaires annuel de 6,81 Milliards d'Euros, en hausse de 12%, au-dessus des attentes du marché qui tablait sur 6,62 Milliards d'Euros. Le résultat opérationnel courant attendu par le consensus à 688,5 Millions d'Euros, ressort à 709,5 ME en hausse de 14,4% et le bénéfice net publié par le groupe ce matin est de 507 ME (+21,5%), contre une attente de 488,2 ME. A l'automne, la direction avait évoqué 6,5 à 6,7 MdsE de revenus. Technip a enregistré 2,24 MdsE de prise de commandes au quatrième trimestre, portant son carnet de commandes à 10,42 MdsE. Le dividende proposé à 1,58 Euro, légèrement mieux que ce qu'espéraient les analystes, en moyenne. Le groupe anticipe, pour 2012, un chiffre d'affaires total compris entre 7,65 et 8 Milliards d'Euros.
* TF1 progresse de 6,6% à 8,9 Euros, l'exercice 2011 s'est achevé sur un chiffre d'affaires de 2,619 Milliards d'Euros (-0,1%), un résultat opérationnel courant de 282,9 ME (+22,8%) et un bénéfice net part du groupe de 182,7 ME (-20%). Les analystes anticipaient en moyenne un chiffre d'affaires 2011 de 2,598 MdsE, un résultat opérationnel courant de 271 ME et un bénéfice net de 179 ME, si bien que la filiale de Bouygues fait mieux que prévu, notamment au niveau de la marge qui atteint 10,8% contre 8,8% en 2010. Le conseil propose le versement d'un dividende de 0,55 Euro par action. Il a aussi décidé d'annuler 100.000 actions acquises en 2011. "La conjoncture économique demeure toujours instable en 2012 et les incertitudes qui en découlent génèrent une volatilité importante dans les prises de décisions des annonceurs", commente la direction, qui table cette année sur une stabilité de ses revenus, et sur un coût de grille de la chaîne TF1, de l'ordre de 930 ME en moyenne sur 2012 et 2013.
* Hermès enchaîne une nouvelle séance de hausse (+2%) et évolue donc sur un nouveau plus haut historique de 283 Euros.
VALEURS EN BAISSE
A part BNP Paribas (+1%), les banques sont sous pression. Crédit Agricole cède 2,2% à 4,73 Euros et Natixis 1,3% à 2,26 Euos. Globalement, la notation crédit individuelle de 99 institutions financières européennes a été placée sous revue par Moody's la nuit dernière en vue d'une dégradation. 109 d'entres elles ont vu leurs notations crédit long terme et de dépôts placées sous revue en vue d'une dégradation. Pour 66 de ces entités, la note court terme a aussi été placée sous surveillance négative. Moody's a aussi procédé à des mises à jour sur les notes des institutions dont la dette était garantie par les Etats concernés. Pour la France, plusieurs banques et entités sont concernées. BNP Paribas, Crédit Agricole, HSBC France, Société Générale, Oddo et Cie, BPCE (dont Natixis), Banque Fédérative du Crédit Mutuel, Crédit Immobilier de France, la Caisse des Dépôts, Oséo et l'AFD figurent ainsi dans la liste.
* La Société Générale (-0,4% à 22,3 Eyuros) a affiché un produit net bancaire 2011 de 25,64 Milliards d'Euros, en retrait de -3% en données publiées et de -2,5% en données constantes, pour un résultat brut d'exploitation de 8,6 MdsE (-12,9% en publié, -13,6% en comparable) et un bénéfice net part du groupe de 2,38 MdsE (-39,1%). Sur le seul 4ème trimestre, le PNB s'établit à 6,01 MdsE (-12,4% en publié, -12,2% en comparable), le RBE à 1,609 MdE (-33,4% en publié, -34,2% en comparable) et le bénéfice net à 100 ME (-88,6%). Les analystes interrogés par Reuters misaient en moyenne sur un produit net bancaire de 5,8 Milliards d'Euros, un résultat brut d'exploitation de 1,497 MdE et un bénéfice net de 190 ME. La banque revendique un ratio "core tier 1" de 9%, qui lui permet de se mettre en conformité avec les exigences de l'Autorité Bancaire Européenne pour le 30 juin prochain. L'établissement a clairement mis l'accent sur le renforcement de son bilan aux dépens de ses performances financières en fin d'année. "Le groupe a accéléré sa transformation pour s'adapter aux nouvelles contraintes en capital et liquidité, tout en préservant la capacité bénéficiaire de ses métiers avec une gestion très stricte des risques et des coûts. Société Générale a réduit en quelques mois son bilan de façon très significative en cédant de manière ciblée des actifs de la Banque de financement et d'investissement pour remédier à la raréfaction de la liquidité en dollar US et réduire les besoins en capital", explique le président Frédéric Oudéa. Conformément à ce qui avait été annoncé précédemment, la banque rouge et noire ne versera pas de dividende au titre de 2011.
* AXA perd 2,7% à 11,88 Euros. L'assureur a publié ce matin ses résultats de l'exercice 2011. Malgré un chiffre d'affaires de 86,1 Milliards d'Euros, en baisse de -4% en publié et de -2% en comparable, le résultat opérationnel progresse de 5% en publié et de 2% en comparable à 3,9 Milliards d'Euros, tandis que le résultat courant s'établit à 3,59 MdsE, en retrait de -14% en publié et de -15% en comparable. Le bénéfice net, à 4,32 MdsE, bondit de 57%. L'Assureur était attendu avec un résultat opérationnel moyen de 3,985 MdsE, un résultat courant de 3,878 MdsE et un résultat net de 5,962 Mds. Ce dernier intègre une charge de -943 ME de réduction de l'écart d'acquisition attribuable au portefeuille américain de produits "Accumulator" de type "Variable Annuity". AXA a amélioré de 0,4 point en comparable sa marge sur affaires nouvelles, qui passe à 25,2%. Le ratio combiné s'apprécie de 1,4 point sur la même base à 97,9%, tandis que le ratio combiné sur exercice courant s'améliore de 102,6 à 99,6%. Le groupe propose le maintien de son dividende à 0,69 Euro par action. Certains ratios de solvabilité se sont dégradés, avec un ROE courant de 10% contre 11,5% un an avant et un ratio de solvabilité économique qui passe de 178 à 148%. Le ratio de solvabilité I progresse cependant de 182 à 188%. La valeur intrinsèque par action ("Embedded Value") passe de 14,90 à 13,50 Euros (-9%).
* PPR perd 4% à 120 Euros. L'exercice 2011 s'est pourtant révélé solide, avec des résultats à la hauteur des attentes, voire légèrement plus élevés que prévu. En cours de recentrage sur le luxe et la mode, l'entreprise a réalisé en 2011 un chiffre d'affaires de 12,227 Milliards d'Euros, en croissance de 11,1% en données publiées par rapport à 2010, pour un résultat opérationnel courant en hausse de 16,9% à 1,6 MdE, qui représente une marge de 13,1% contre 12,4% précédemment. Le bénéfice net part du groupe s'établit à 986 ME (+2,3%), mais a atteint 1,055 MdE (+26,4%) sur une base récurrente (hors activités non poursuivies et éléments exceptionnels). L'attente moyenne des analystes compilée par Bloomberg s'établissait à 12,15 MdsE pour le chiffre d'affaires, tandis que le résultat d'exploitation était projeté à 1,52 MdE sur le périmètre des activités poursuivies. Un dividende de 3,50 Euros par action sera proposé aux actionnaires lors de la prochaine assemblée générale, stable par rapport à 2010. La mise au paiement est prévue le 7 mai. Comme à son habitude, l'entreprise ne fournit pas de prévisions chiffrées mais annonce que 2012 sera "une nouvelle année de croissance soutenue de son chiffre d`affaires et d`amélioration de ses performances opérationnelles et financières".
* EDF perd 3% à 18,1 Euros, le groupe a achevé son exercice 2012 sur une croissance organique de 2,7% à 65,307 Milliards d'Euros de chiffre d'affaires, pour un EBITDA de 14,82 MdsE (+5,4% en organique) et un bénéfice net part du groupe de 3,01 MdE. L'énergéticien précise que son EBITDA aurait atteint 15 MdsE hors charges de 0,2 ME liées au TaRTAM. Le consensus Bloomberg était positionné à 65,41 Milliards d'Euros en terme de chiffre d'affaires (fourchette de 62 à 72 MdsE), pour un EBITDA de 14,85 MdsE (fourchette de 14,04 à 15,29 MdsE) et un bénéfice net ajusté de 3,37 MdsE. Le management avait indiqué tabler sur une croissance organique de l'EBITDA de 4 à 6% sur l'exercice. La dette financière nette a reculé de 1,1 MdE à 33,3 MdsE, si bien que le ratio nette dette sur EBITDA ressort à 2,2 fois. Un dividende de 1,15 Euro par action sera proposé (dont 0,57 Euro a déjà été versé sous forme d'acompte). Le groupe précise qu'il mettra en place les recommandations des organismes de tutelle nucléaire après la catastrophe de Fukushima "dans le calendrier imparti" et confirme ses perspectives financières de croissance rentable sur 2011-20151, soit une progression de 4 à 6% de l'EBITDA annuel, un résultat net courant en hausse de 5 à 10% sur la période, un ratio d'endettement financier net sur EBITDA inférieur à 2,5 fois et un taux de distribution de 55 à 65% des profits. "Les objectifs 2012 sont conformes à ces perspectives, avec un dividende au moins stable par rapport à celui versé au titre de 2011", souligne le groupe, qui précise que l'enveloppe d'investissements nets restera en-deçà de 15 MdsE en 2015.
* Peugeot reste en berne en reperdant 4% à 13,4 Euros, le plan de cession d'actifs dévoilé hier étant très mal perçu par les investisseurs.
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