le 29/09/2008 à 22h30
(Boursier.com) -- Wall Street a connu un "lundi noir" qui restera dans les mémoires ce jour, suite au rejet du plan de sauvetage US par la Chambre des Représentants. Ce plan, espéré depuis plusieurs semaines par les marchés financiers, n'a donc pas convaincu le Congrès malgré les suppliques de Ben Bernanke et Henry Paulson. Les indices boursiers dévissaient ce soir aux États-Unis sur cette nouvelle, et suite au rachat en catastrophe des opérations bancaires de Wachovia par Citigroup, supposé donc nettement plus solide... Le Dow Jones perdait finalement 778 points (sa pire performance historique) en clôture ce lundi à 10.365 pts, reculant de 6,98%, alors que le Nasdaq chutait quant à lui de 9,14%, 200 points, à 1.984 pts.
Le Département au Trésor américain, dirigé par Henry Paulson, a affirmé ce lundi soir qu'il utiliserait "tous les moyens" à sa disposition pour protéger les marchés financiers. Un voeu qui intervient donc suite au rejet opposé par la Chambre des Représentants au plan de relance de l'administration américaine et des leaders "bipartisans". Cet échec devant le Congrès laisse les marchés financiers dans le plus grand désarroi ce soir, ce qui se traduit par des chutes des indices boursiers, mais également de nombreuses matières premières, pétrole en tête.
Henry Paulson, Ben Bernanke, le Président George W. Bush et les leaders congressistes devront donc convenir des prochaines étapes, qui promettent d'être périlleuses. George Bush aurait sans attendre invité ses conseillers économiques à une réunion d'urgence. Bush dont l'intense lobbying en faveur du plan n'aura donc guère porté ses fruits, d'autant que l'échec devant la Chambre est sans doute à porter au passif des républicains, les dissensions internes au Parti ayant déjà perturbé la bonne marche des négociations d'avant-vote.
Au sein de la Chambre des Représentants, 205 voix se sont exprimées en faveur de la législation, et 228 contre, laissant Wall Street et les établissements bancaires sans résolution générale à leurs problèmes. Dans le clan républicain, 65 votes se sont portés en faveur du package, 133 contre. Côté démocrates, 95 votes négatifs sont à mettre en balance avec 140 votes positifs. Les opposants au plan ont cité divers arguments, dont surtout celui de la défense des contribuables et ménages américains. Ainsi, le plan mettait trop l'accent sur la défense des firmes de Wall Street et des grandes banques, oubliant celle des propriétaires / emprunteurs immobiliers, des consommateurs et de l'emploi. Les soutiens du plan citaient quant à eux la nécessité de "dégeler" les marchés de crédit et d'épargner de nouvelles défaillances d'établissements financiers, désireux d'éviter ainsi le fameux "risque systémique".
Si la Chambre avait approuvé le plan, ce dernier aurait été voté en milieu de semaine au Sénat puis signé par le Président.
Le Secrétaire américain au Trésor Henry Paulson a soutenu ce jour l'opération de rachat des actifs bancaires de Wachovia par Citigroup, opération garantie par l'agence gouvernementale de la FDIC aux États-Unis. Alors que la FDIC explique dans son communiqué qu'il n'y a pas eu de défaillance de Wachovia, Paulson explique qu'un effondrement de la banque de Caroline du Nord aurait "posé un risque systémique". La Fed soutient également l'opération, qui protège les comptes en dépôt.
Le Département au Commerce américain a fait état ce lundi, pour le mois d'août 2008, de dépenses de consommation US stables, contre un consensus des économistes logé à +0,2%. Par contre, les revenus personnels des ménages se sont appréciés de 0,5% sur le mois passé aux États-Unis, soit une augmentation supérieure aux attentes. L'inflation hors alimentation et énergie a affiché encore une progression de 0,2% sur le mois d'août, alors que l'indice global des prix "PCE" est ressorti inchangé.
La Fed a annoncé ce jour qu'elle allait renforcer à 75 Mds$ le montant des prêts à 84 jours disponibles pour les établissements bancaires américains, contre 25 Mds$ actuellement. Cette mesure sur le financement de court terme, destinée à renforcer la liquidité des marchés, prendra effet le 6 octobre. En outre, la Fed fournira 330 Mds$ à d'autres banques centrales internationales dans le cadre d'accords d'échanges réciproques ("swaps" de devises). La Fed affirme également son engagement, avec les autres banques centrales, à prendre les mesures nécessaires.
VALEURS DU JOUR
Anheuser (-3%). Le colosse belge InBev et l'américain de St. Louis Anheuser-Busch avaient accepté finalement une combinaison en juillet, qui donne naissance au leader global de l'industrie brassicole, la marque Budweiser devant constituer le principal atout du nouvel ensemble, devant Stella Artois. La nouvelle entité sera nommée Anheuser-Busch InBev. Ce lundi, les actionnaires d'InBev ont approuvé l'opération et le changement de nom, ainsi qu'une augmentation de capital de 10 Mds$ dans le cadre du deal.
Circuit City (-21%), second détaillant américain dans le domaine de l'électronique grand public, a publié ce lundi ses comptes pour le second trimestre fiscal clos fin août. La perte nette a totalisé 239,2 M$ et 1,45$ par titre, contre 62,8 M$ de déficit, 38 cents par action, l'an passé. Le déficit des opérations continues a été de 239,2 M$ également, contre 63,1 M$ de pertes l'an dernier. Les charges de dépréciations d'actifs sont ressorties à 73 M$ sur le trimestre clos. La marge brute est ressortie à 21,3%, contre 20,7% l'an passé. Les revenus ont été de 2,39 Mds$, contre 2,64 Mds$ sur le second trimestre de l'an dernier.
Circuit City. Le management explique que le Groupe rencontre toujours des difficultés en matière de ventes, avec des revenus trimestriels inférieurs aux estimations antérieures et un déclin significatif du trafic qui reflète l'environnement économique détérioré, les pressions concurrentielles et une position de marque affaiblie. James A. Marcum, actuel dirigeant du Groupe, juge cette performance inacceptable pour les actionnaires, et ajoute qu'il est impératif de prendre des mesures pour accélérer le redressement. Ainsi, la direction et le Conseil d'administration conduisent une revue de tous les aspects de l'activité pour déterminer les meilleurs moyens de délivrer une performance financière significativement améliorée. Compte tenu de cette revue des opérations, le management estime prudent de retirer les prévisions pour l'exercice 2009.
Wachovia (-82%), la banque de Caroline du Nord dont toutes les filiales bancaires seront reprises par Citigroup, va rester une Société cotée à Wall Street. Wachovia garde en effet ses activités de gestion d'actifs, retail brokerage, et certaines portions de ses opérations dans la gestion de fortunes, dont celles d'Evergreen et Wachovia Securities. Wachovia espère disposer à l'avenir d'un niveau de capital suffisant pour soutenir ses activités restantes. Certains actifs fiscaux seront enfin "reconnus immédiatement". Selon les termes de l'accord de principe entre Citigroup et Wachovia, Citi va payer à Wachovia environ 2,16 Mds$ en actions, et assumera les dettes senior et subordonnées de sa proie totalisant 53 Mds$. Sur un portefeuille d'actifs mortgage et autres de 312 Mds$, Citi serait responsable, au maximum, des 42 premiers milliards de dollars de pertes potentielles, après quoi l'agence gouvernementale de la FDIC apporterait ses propres garanties. Après les 30 premiers milliards de pertes, Citi ne pourrait être tenu pour responsable de plus de 4 Mds$ de pertes par an sur trois ans. Citi a aussi accepté d'émettre, au profit de la FDIC, des titres préférentiels et options d'une valeur combinée d'environ 12 Mds$.
Citigroup (-6%) s'attend à ce que l'opération de rachat des actifs bancaires de Wachovia annoncée ce jour soit relutive sur ses bénéfices dès la première année, en dehors d'un total de 3,7 Mds$ de charges de restructurations avant imposition concernant les réductions d'effectifs des quatre prochaines années, puis complètement relutive dès 2010. Citi s'attend à lever 10 Mds$ en titres ordinaires dans le cadre de l'opération et à réduire son dividende trimestriel à 16 cents. Vikram Pandit, Chief executive officer de Citi, estime que la transaction est extrêmement attractive d'un point de vue stratégique. "Cela augmentera notre accès à un financement et une liquidité stables, et accélèrera nos efforts pour établir Citi en tant qu'institution financière globale leader dans le monde". Citi disposera de plus de 600 Mds$ en dépôts aux US, soit une part de marché proche de 10%, et de dépôts totaux de 1.300 milliards.
Walgreen (-5%) a annoncé sa 34ème année consécutive de records de ventes et de résultats. La Société américaine de distribution pharmaceutique publie également des résultats records pour le quatrième trimestre de son exercice. Le résultat net du Groupe sur le 4ème trimestre est en hausse de 11,7% à 443 Millions de dollars, soit 0,45$ par action. Ces résultats sont à comparer à ceux de la même période de l'an dernier, où le résultat net était de 397 M$ (0,4$ par action). Sur l'ensemble de l'exercice, le résultat net est de 2,16 Milliards de dollars, en hausse de 5,7% par rapport à l'exercice précédent. Le bpa sur l'exercice s'affiche à 2,17$, en hausse de 6,9%. Sur le quatrième trimestre, le chiffre d'affaires de la Société est en progression de 8,8% à 14,6 Mds$. Il s'affiche en hausse de 9,8% à 59 Mds$ sur l'exercice. A données comparables, le CA est en hausse 2,6% sur le trimestre.
Morgan Stanley (-15%). Mitsubishi UFJ Financial Group, le partenaire capitalistique tant attendu de la banque d'affaires américaine Morgan Stanley, va finalement prendre 21% de participation au capital de Morgan Stanley. Morgan, qui a obtenu de la Fed le statut de banque commerciale, avait annoncé la semaine dernière une lettre d'intention en vue d'une alliance stratégique avec Mitsubishi UFJ Financial Group (MUFG), leader bancaire japonais et "second acteur mondial" de la banque de dépôt avec 1.100 milliards de dépôts affichés. La lettre d'intention était relative à un investissement du japonais au sein de Morgan, investissement qui atteindrait éventuellement 20% du capital de l'américain. Une opération destinée à renforcer la position de capital de la banque US, tout en lui fournissant un partenaire stratégique de poids à travers le monde.
Morgan a finalement accepté de vendre 21% des parts à la banque japonaise, pour un montant de 9 Mds$. Le new-yorkais dispose donc désormais de meilleures bases pour traverser la crise financière exceptionnelle actuellement en cours. MUFG va acquérir pratiquement 10% des actions de Morgan à 25,25$ pièce, pour 3 Mds$ environ. En outre, le japonais va acheter pour 6 Mds$ de titres perpétuels convertibles préférentiels offrant un rendement de 10% et affichant un prix de conversion de 31,25$. John Mack, le PDG de Morgan, explique également que les deux Groupes ont formé une alliance dans la banque d'investissement et les opérations corporate mondiales, alliance qui pourra s'étendre à la banque commerciale et à la gestion d'actifs.
JN.L. - ©2008, 2012 www.boursier.com
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