le 21/11/2008 à 22h30
(Boursier.com) -- Après son nouveau plongeon de la veille, marqué par un retour du S&P500 sur des planchers de 5 ans, Wall Street s'est envolé brutalement à l'approche de la clôture, sur des rumeurs provenant essentiellement de la chaîne NBC. Cette dernière a annoncé la probable nomination de l'actuel président de la Fed de New York en tant que successeur d'Henry Paulson. Les titres Dell et Citigroup ont, de leur côté, pesé lourdement sur la tendance tout au long de la séance. Le Dow Jones s'envole de 6,54% à 8.046 pts et le Nasdaq grimpe de 5,18% à 1.384 pts.
ECO/DEVISES
D'après la CNBC, Barack Obama, récemment élu au poste de président des Etats-Unis, prévoit de dévoiler les noms des futurs membres de son "economic team", lundi prochain. Nous savons d'ores et déjà que Tim Geithner, président de la Fed de New York, pourrait être nommé secrétaire au Trésor US, d'après le NBC News. Geithner s'est récemment illustré en prêtant main forte à Henry Paulson et à son équipe afin de trouver des solutions contre la crise.
Citigroup replonge, très volatile en bourse alors que les investisseurs doutent de la réussite du virage stratégique qui serait étudié par la banque afin d'enrayer la chute de son cours de bourse (Citi a perdu pratiquement deux tiers de sa valeur à Wall Street cette semaine).
Fannie Mae et Freddie Mac, les deux frêles géants américains du refinancement mortgage, ont annoncé une trêve qui devrait soulager quelque peu les emprunteurs Américains risquant prochainement une saisie immobilière. Ainsi, les saisies / ventes seront suspendues du 26 novembre 2008, veille de Thanksgiving, jusqu'au 9 janvier 2009. Dans le même esprit, le Président George W. Bush a signé une loi étendant les allocations chômage (de trois mois pour ceux dont les allocations expirent), ce qui permettra aussi à des millions de citoyens US de passer les fêtes avec moins d'appréhension.
Les analystes de Goldman Sachs baissent leurs prévisions de croissance US, citant une stagnation des politiques fiscales, une hausse record du niveau de chômage, et la baisse des profits des Sociétés faisant sombrer le pays un peu plus dans la récession. Goldman Sachs prévoit désormais une baisse de 5% du PIB US sur le trimestre actuel, avec un taux de chômage atteignant les 9% sur le T4. L'étude de Goldman anticipe également une baisse de 25% des profits économiques en 2009 en moyenne annuelle, soit la plus forte baisse depuis 1938. Les analystes ne s'attendent pas à un retournement de la conjoncture économique avant 2010.
VALEURS DU JOUR
Dell (-5,2%). Le géant PC texan Dell a publié hier soir des revenus trimestriels inférieurs aux attentes de marché, mais également un bénéfice au-dessus du consensus, profitant des initiatives de réduction des coûts. "Notre modèle d'activité s'adapte rapidement aux changements économiques, même au genre de challenge significatif que nous avons observé durant le 3ème trimestre", estime le PDG Michael Dell. "Nous avons accru la rentabilité avec un mix amélioré de produits et services - plus d'un tiers de nos revenus et profits provient maintenant des serveurs, du storage, des services, du software et des périphériques - et bénéficié d'initiatives d'amélioration de la compétitivité, comprenant des contrôles de coûts serrés". Les revenus de Dell au 3ème trimestre fiscal 2009 ont reculé de 3% à 15,16 Mds$, sur une croissance de 3% des livraisons unitaires. Le bénéfice opérationnel s'est amélioré de 22% à 1,02 Md$, contre 829 M$ l'an dernier, sur la même période. La marge opérationnelle atteint 6,7%, avec une marge brute de 18,8%. Les dépenses opérationnelles ne représentent plus que 12,1% des revenus. Le bénéfice net a reculé légèrement de 5% à 727 M$, sur un bpa de 37 cents en hausse de 9%. Le Groupe a terminé le trimestre avec 2.200 emplois de moins qu'à la fin du T2 2009. Les effectifs ont baissé de 9% en comparaison de l'an dernier. Dell pense que la demande des utilisateurs finaux IT continuera d'être sous pression. Le Groupe entend donc se concentrer encore sur l'amélioration de la compétitivité, la réduction des coûts et l'amélioration du mix de produits et services "afin d'optimiser liquidité, rentabilité et croissance". Dell réduira donc encore ses effectifs dans certaines zones, mais investira en infrastructure, opportunités de croissance et acquisitions.
Citigroup (-19,9%) décrochait encore de 26,4% hier à Wall Street, à 4,71$, et poursuit sa baisse sous les 4$ désormais ce vendredi. Les investisseurs craignent toujours pour la santé financière de Citi, malgré l'annonce en début de semaine de plans de réductions des effectifs d'environ 50.000 postes et de compression des dépenses de 20%... Le Prince et homme d'affaires saoudien Al-Walid ben Talal ben Abdul Aziz Al Saoud a précisé hier jeudi qu'il allait augmenter sa participation au sein de la banque new-yorkaise. L'investisseur saoudien entend porter sa participation à 5% du capital de Citi (contre moins de 4%), et dit soutenir le management actuellement en poste. L'annonce n'a pas soutenu le dossier, alors que le Prince est pourtant le principal actionnaire individuel de Citi. Selon le Financial Times, le plongeon du titre hier soir en bourse aurait fait réagir les administrateurs de Citigroup et ses dirigeants, qui chercheraient désormais des options et solutions stratégiques, dont des cessions de tout ou partie de la banque. Des sources "proches de la situation" interrogées par le FT soulignent que ces discussions sont bien évidemment préliminaires et internes. L'option préférée du management de Citi, mené par le contesté Vikram Pandit, serait de rester indépendant... D'après le Financial Times, les administrateurs de Citi ont été en contact constant durant la journée de jeudi et une réunion du Conseil d'administration serait programmée pour aujourd'hui. Alors que la tourmente entourant Citi va croissante, banquiers et gestionnaires clients redoubleraient d'ailleurs d'efforts pour éviter les fuites de capitaux, précise le FT, ajoutant que la banque n'aurait pas connu de mouvements inhabituels en matière de dépôts, comptes brokerage ou d'entreprises. Les dirigeants inquiets de Citi auraient effectué un lobbying auprès des régulateurs et hommes politiques pour agir afin d'enrayer le plongeon de son cours de bourse et de restaurer la confiance dans le secteur, explique encore le FT. Une proposition de Citi aurait été de réintroduire l'interdiction des ventes à découvert, mais il serait incertain que les régulateurs approuvent à en croire les sources du FT.
Gap (+27,2%). Le détaillant californien Gap a publié hier soir ses résultats du 3ème trimestre, affichant un bénéfice net de 246 M$ et 35 cents par titre sur cette période close début novembre, contre 238 M$ et 30 cents par action l'an dernier. Les revenus trimestriels se sont élevés à 3,6 Mds$, contre 3,9 Mds$ sur le T3 de l'an passé. A magasins constants, l'activité a régressé de 12%, alors que les ventes en ligne ont par contre grimpé de 15% à 284 M$. Glenn Murphy, PDG du Groupe, se réjouit de la capacité de Gap à améliorer ses profits durant le 3ème trimestre. Le Groupe s'attend à ce que l'environnement économique difficile persiste, mais a de quoi voir venir avec 1,6 Md$ de cash et investissements mobilisables en fin de trimestre. Gap confirme attendre un bpa dilué annuel... GAAP de 1,30 à 1,35$, contre 1,05$ en 2007.
Autodesk (-14,5%), Groupe californien, acteur du marché des logiciels et services de conception et de création numérique sur PC, postes nomades et Internet, également concepteur de portails Internet verticaux, a dévoilé hier soir, après la clôture de Wall Street, des revenus trimestriels de 607 M$ au titre de son 3ème trimestre fiscal 2009, en augmentation de 13% en glissement annuel, par rapport au 3ème trimestre fiscal 2008. Le résultat net GAAP a été de 104,5 M$, soit un bpa dilué de 45 cents, contre 84,8 M$ et 35 cents l'an dernier, sur la même période. Le bénéfice des opérations a été de 139,6 M$ contre 105,6 M$ l'an passé. Malgré cette croissance notable, Carl Bass, le PDG du Groupe, explique que l'important retournement de l'économie globale "a eu un impact significatif sur nos résultats du trimestre". "Notre activité aux Etats-Unis s'est ralentie, reflétant le climat économique. En outre, nous avons commencé à connaître des difficultés sur certains de nos marchés internationaux". Le Groupe entend donc prendre des mesures pour stimuler la demande, mais effectue aussi des ajustements sur la structure de coûts, tout en investissant pour la croissance future. Sur le 4ème trimestre fiscal 2009, le Groupe prévoit des revenus de 525 à 550 M$ sur un bpa dilué GAAP de 13 à 19 cents, et un bpa non-GAAP de 28 à 34 cents.
Bank of New York Mellon (+6%) a annoncé jeudi soir qu'elle entendait supprimer 1.800 postes, environ 4% des effectifs mondiaux. Des mesures additionnelles au-delà des synergies de fusion déjà identifiées pour abaisser le niveau de dépenses, dans un contexte économique global faible, précise le PDG Robert Kelly. Le Groupe entend cependant profiter de l'attrition naturelle pour mener à bien cette réduction d'effectifs.
JP Morgan (-2,8%). La banque américaine JP Morgan Chase supprimerait 3.000 postes environ dans la banque d'investissement, croient savoir plusieurs sources médias anglo-saxonnes. Ceci représenterait une réduction de 10% des effectifs dans la banque d'investissement chez JPM, dans un effort d'adaptation au ralentissement économique global. Ainsi, le new-yorkais opèrerait des réductions d'effectifs dans différentes fonctions de banque d'affaires et sur plusieurs régions. La banque d'investissement de JPM emploie plus de 30.000 personnes dans le monde.
Heinz (+4%). Le Groupe alimentaire de Pittsburgh, Pennsylvanie, Heinz, a publié pour son second trimestre fiscal 2009 des ventes totalisant 2,61 Mds$ (+3,5%), contre 2,52 Mds$ l'an dernier, sur la même période. Le bénéfice opérationnel est ressorti à 386,3 M$, contre 421 M$ un an avant. Le résultat net se monte à 276,7 M$ (+22%), 87 cents par titre, contre 227 M$ et 71 cents par action l'an passé. Une hausse du bénéfice net avec les gains de couvertures. La croissance organique (volume et prix) a été de 5,8%. Heinz confirme ses estimations sur l'exercice 2009. La croissance organique des ventes est attendue à plus de 6%, sur un bpa allant de 2,87 à 2,91$. Heinz dit accélérer sa concentration sur le renforcement de la productivité et des marges, au regard du climat économique actuel. Le Groupe précise qu'il observera de manière attentive les mouvements des devises et des matières premières avant de fournir aux investisseurs des perspectives financières pour l'exercice 2010.
Wal-Mart (+4,4%). Le distributeur de l'Arkansas Wal-Mart a annoncé ce jour que son Conseil d'administration avait élu Mike Duke, 58 ans, à la succession de Lee Scott en tant que Président et Chief executive officer. La nomination prendra effet le 1er février 2009. Duke a aussi été élu au Conseil d'administration du distributeur, et prend ces fonctions immédiatement. Scott, de son côté, continuera de servir en tant que Président du Comité exécutif du Board. Le Conseil de Wal-Mart a aussi approuvé la promotion d'Eduardo Castro-Wright, 53 ans, en tant que vice chairman de Wal-Mart Stores, nomination immédiatement effective. Le dirigeant était déjà Président et CEO de Walmart US. Rob Walton, Président du Conseil d'administration de Wal-Mart, explique que ces changements interviennent durant une période de solidité et d'expansion du leader de la grande distribution. Walton qui salue également la contribution majeure de Lee Scott durant sa trentaine d'années de service (dont neuf ans en tant que CEO).
Foot Locker (-28%), au lendemain d'une alerte sur les bénéfices. Le Groupe new-yorkais n'anticipe plus, pour l'exercice fiscal 2008, qu'un bpa hors charges de dépréciations allant de 50 à 63 cents, contre une guidance antérieure allant de 70 à 85 cents. Cette révision reflète les résultats du 3ème trimestre et des perspectives plus prudentes sur le 4ème trimestre. Pour son T3 2008, le spécialiste de la distribution d'articles de sports a réalisé un résultat net de 24 M$ et 16 cents par titre, contre une perte nette de 33 M$ et 22 cents par action un an avant. Les ventes ont régressé de 3,5% sur le T3, à 1,31 Md$ (-1,7% à magasins comparables).
J.M. Smucker (+15%) vient d'annoncer ses résultats du second trimestre fiscal 2009, clos le 31 octobre 2008. Son chiffre d'affaires est de 843 Millions de dollars, en hausse de 19% par rapport au T3 fiscal 2008. Son résultat net s'affiche à 51,5 M$, en progression de 3%, et son bpa apparaît à 0,94$, soit en hausse de 8% par rapport à la même période de l'exercice précédent. Sur le premier semestre fiscal 2009, la Société enregistre un chiffre d'affaires de 1,5 Milliard de dollars, en hausse de 19% par rapport au S1 fiscal 2009. Le résultat net de la Société s'affiche à 93,7 M$, en hausse de 3%, et le bpa apparaît ainsi à 1,71$, en progression de 8%. La Société confirme ses prévisions sur l'exercice, soit un résultat net compris entre 3,8 et 4 Mds$, un bpa entre 3,45 et 3,50$.
D.M. - ©2008, 2012 www.boursier.com
Peut-être la hausse en fin de journée est-elle due à un good news-flow?
Mais aussi de la nécessité à fermer,arréter,les positions en raison de la fin de semaine.
Ce qui en dit long des engagements VAD.