(Boursier.com) -- Après 6 séances consécutives de baisse, Wall Street a clôturé en vive hausse ce vendredi, porté par les comptes supérieurs aux attentes des banques américaines Wells Fargo et surtout JP Morgan. JPM a tout de même essuyé une perte de trading nettement plus importante que prévu, mais compense cette bévue par des performances apparemment solides des autres activités et des reprises de provisions. Les investisseurs ne se sont par ailleurs pas alarmés d'un indice de confiance inférieur aux attentes, de la nouvelle dégradation de la note italienne par Moody's, et du ralentissement économique en Chine... Le DJIA a grimpé de 1,62% à 12.777 pts, le Nasdaq a gagné 1,48% à 2908 pts et le S&P500 a repris 1,65% à 1.356 pts.
Sur l'ensemble de la semaine, le DJIA est stable, le Nasdaq perd 1% et le S&P500 monte de 0,1%.
Selon le gouvernement américain ce vendredi, l'indice des prix à la production aux USA pour le mois de juin 2012 a progressé de 0,1% en comparaison du mois antérieur, contre -0,4% de consensus. Hors alimentaire et énergie cette fois, le "PPI" a grimpé de 0,2% en juin, en ligne avec le consensus de marché et la hausse du mois de mai.
L'indice du sentiment des consommateurs américains de l'Université du Michigan et Reuters annoncé ce vendredi est ressorti à 72 sur le mois de juillet 2012, contre 73,5 de consensus et 73,2 pour la lecture finale de juin. L'indicateur de confiance avait débuté l'année à 75.
La solidité financière de l'Italie se dégrade, selon l'agence Moody's, qui a abaissé de deux crans, de "A3" à "Baa2", la notation souveraine transalpine cette nuit, tout en maintenant la note court terme à "A-2" et la perspective à "négative". Une obligation notée "Baa2" offre un risque crédit "modéré", selon la terminologie de l'agence, qui la considère comme de niveau intermédiaire, encore solide mais qui affiche déjà certaines caractéristiques spéculatives. Ce niveau est égal à un "BBB" chez S&P et Fitch, qui utilisent une autre échelle de notation. S&P suit actuellement l'Italie à "BBB+" et Fitch à "A-", chacune avec perspective négative.
La croissance économique chinoise a finalement atteint 7,6% au second trimestre 2012, un peu moins que ce que prévoyaient les économistes en moyenne (7,7%). Cela marque une décrue par rapport au trimestre précédent (8,1%). Il s'agit du rythme de progression le plus faible depuis le début de la crise financière pour le géant asiatique, confronté à une poursuite de la décrue puisque la production industrielle a légèrement déçu en juin, tandis que la progression de la consommation ralentissait également. Tous ces indicateurs vont dans le sens des spécialistes qui redoutent la morsure de la crise actuelle sur l'économie chinoise.
VALEURS DU JOUR
Lexmark (-16%). Le fabricant américain d'imprimantes a délivré en effet hier soir un avertissement sur ses comptes du second trimestre fiscal clos en juin. Le Groupe de Lexington anticipe maintenant des revenus du second trimestre en recul de 12% en comparaison de l'an dernier, alors que la direction prévoyait jusqu'alors une baisse de 7 à 9%. Le bénéfice par action trimestriel est attendu entre 87 et 89 cents, contre 95 cents à 1,05$ par titre auparavant. Le consensus était de 8% de baisse des ventes, pour 99 cents de bénéfice par action. Les comptes définitifs seront dévoilés le 24 juillet, en même temps que les perspectives pour le reste de l'année.
JP Morgan Chase (+6%), la banque new-yorkaise victime d'une perte massive de trading durant son second trimestre, est parvenue tout de même à dégager sur la période un bénéfice net totalisant 5 Mds$ et 1,21$ par action, pour 22,9 Mds$ de revenus. Le Groupe évoque une solide performance trimestrielle, une amélioration confirmée dans le crédit au consommateur, ainsi que de plus faibles volumes sur les marchés de capitaux. Le bénéfice net du 1er semestre ressort à 9,9 Mds$ soit 2,41$ par titre, pour 49,6 Mds$ de revenus. Selon la banque, les comptes semestriels n'ont "pas été impactés" par les rectifications comptables du T1... Le bilan et les ratios de capitaux n'auraient pas été non plus affectés. Le ratio Tier 1 ordinaire sous Bâle I est ressorti à 10,3% et le ratio Bâle III estimé serait de 7,9%. Les réserves pour pertes de crédit sont qualifiées de solides à 24 Mds$, tandis que les réserves globales de liquidités sont évaluées à 414 Mds$. Sur le seul second trimestre, le bénéfice net, de 5 Mds$ et 1,21$ par titre, se compare à un niveau de 5,4 Mds$ soit 1,27$ par action pour le T2 2011. La perte de trading attribuée à la "baleine de Londres" et à ses supérieurs, initialement estimée à 2 Mds$, aurait finalement totalisé 4,4 Mds$ après les derniers petits calculs internes de la banque. Jamie Dimon, le patron de la banque, affirme que cette dernière a significativement réduit le risque des positions. Le consensus de place était de 72 cents de bénéfice par action au second trimestre, pour 21,9 Mds$ de revenus. La perte massive sur les dérivés a plombé le bénéfice par action trimestriel de 69 cents selon JP Morgan.
JP Morgan Chase précise ce jour, en marge de ses publications trimestrielles largement bénéficiaires, que les managers responsables de sa perte massive de trading ont été évincés sans indemnités. La banque américaine dit par ailleurs retirer deux années de salaire à ces responsables. La dernière évaluation de cette perte totale est de 4,4 Mds$. Jamie Dimon, le patron de la firme, assure ce jour qu'il s'agit d'un cas isolé.
Wells Fargo (+3%), la banque californienne de San Francisco, a annoncé ce vendredi ses comptes du second trimestre fiscal 2012. Aidé par les résultats réalisés en banque mortgage, Wells a engrangé un bénéfice trimestriel net de 4,6 Mds$, 82 cents par titre, contre 3,9 Mds$ et 70 cents par action un an plus tôt. Les revenus ont été pratiquement stables quant à eux en séquentiel, par rapport au trimestre antérieur, à 21,3 Mds$. Le consensus était de 81 cents de bpa et 21,3 Mds$ de recettes.
Ford Motor (+2%), le constructeur automobile du Michigan, a vu ses ventes européennes corriger de 16% en juin et de 10% sur l'ensemble du 1er semestre 2012, avec le ralentissement économique de la région. Globalement, le Groupe américain estime que les ventes semestrielles des constructeurs en Europe ont touché leur point le plus bas depuis 1994. Ford précise avoir choisi de ne pas suivre ses rivaux européens sur la voie des "lourdes promotions". Ford revendique le second rang européen en termes de ventes et le premier en Grande-Bretagne. Le Groupe publiera ses trimestriels le 25 juillet, mais a déjà prévenu d'une baisse des bénéfices du fait des pertes en Europe.
Facebook (stable). D'après les derniers chiffres de Nielsen, repris aujourd'hui par plusieurs sites spécialisés, Facebook compte 26 millions de membres actifs en France (en mai 2012), dont 13 millions sur mobile. 63% des membres visitent le site tous les jours. Par ailleurs, 51% des utilisateurs sont des femmes, et le nombre moyen d'"amis" est de 177. Enfin, chaque utilisateur passe en moyenne 5 heures et 18 minutes par mois sur le réseau social, soit un temps nettement plus important que sur les réseaux sociaux concurrents tels que ceux de Google ou encore de Yahoo. Au total, Facebook compterait 901 millions d'utilisateurs actifs à travers le monde.
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