(Boursier.com) -- Wall Street progressait vivement ce mardi, après les comptes inattendus d'Oracle. Les opérateurs prenaient aussi connaissance des chiffres des mises en chantier et permis de construire outre-Atlantique. Les marchés se reprenaient, dans l'attente du communiqué monétaire de la Fed et de la conférence de presse de Ben Bernanke demain soir. Le DJIA gagnait finalement 0,75% à 12.837 pts, tandis que le Nasdaq prenait 1,19% à 2.930 pts.
Les investisseurs surveilleront demain mercredi toute allusion de la Fed à un éventuel nouveau programme d'assouplissement monétaire quantitatif ("QE"), alors que les taux des fonds fédéraux sont déjà proches de zéro et que l'économie américaine montre des signes clairs d'essoufflement, sur fond de crise des dettes souveraines en Europe.
D'après le Département américain au Commerce ce mardi, les mises en chantier de logement aux USA pour le mois de mai 2012 se sont établies sur un rythme de 0,71 million, contre 0,72 million de consensus et 0,74 million en avril. Les permis de construire ont par contre agréablement surpris en mai, sur un rythme de 0,78 million, contre 0,73 million de consensus et 0,72 million sur le mois antérieur.
Selon le Département américain au Travail ce mardi, les ouvertures de postes annoncées par les employeurs aux Etats-Unis en avril 2012 se sont établies sur un rythme ajusté des variations saisonnières de 3,4 millions, contre 3,7 millions en mars. Le mois de mars constituait en la matière un sommet de quatre ans. Avec 12,5 millions de personnes sans emplois aux USA en avril, les chiffres matérialisent un rapport de 3,7 personnes demandeuses par emploi proposé, soit deux fois la normale.
Par ailleurs, la réunion de politique monétaire du FOMC débute ce jour, alors que le communiqué de presse de la Fed sera dévoilé demain, avant la conférence de presse de Ben Bernanke et les prévisions économiques de la Banque centrale américaine.
Dans l'actualité entreprises, Barnes & Noble, Discover Financial et FedEx dévoilaient, avant bourse à Wall Street ce mardi, leurs derniers comptes trimestriels.
VALEURS DU JOUR
Microsoft (+3%) a présenté lundi soir sa propre tablette, baptisée "Surface", avec laquelle le groupe informatique compte concurrencer l'iPad d'Apple, qui a pris une belle longueur d'avance sur ce marché... Pour l'instant, deux prototypes ont été dévoilés hier soir, après la clôture de Wall Street, par la firme de Redmond, qui a aussi mis en ligne sur son site une vidéo de démonstration. Lors de la conférence de presse, le directeur général de Microsoft, Steve Ballmer, a ainsi expliqué que "Surface" a été conçu à la fois "pour travailler et pour jouer". Il a montré une tablette fonctionnant avec le système d'exploitation Windows RT, épaisse de 9,3 mm, pesant 676 grammes, dotée d'un écran HD de 10,6 pouces et disponible avec 32 ou 64 Gigabits de mémoire. Une deuxième tablette, dotée d'une mémoire supérieure (64 ou 128 gigabits) a aussi été présentée.
La commercialisation de "Surface" est annoncée pour "prochainement", mais aucun calendrier précis, ni fourchette de prix n'ont encore été communiqués... Les analystes tablent sur une mise en vente coïncidant avec le lancement du nouveau système d'exploitation 'Windows 8', prévu à l'automne, et qui sera optimisé pour fonctionner sur des appareils mobiles (tablettes, "smartphones"). "Nous avons pris le temps de faire "Surface" et Windows 8 comme il faut !", a indiqué M. Ballmer, sans plus de précisions.
Microsoft est un nouveau-venu sur ce marché de la tablette, où évoluent déjà Apple, le leader, Samsung, son challenger, et de nombreux autres acteurs, notamment asiatiques... Le géant du logiciel d'entreprise va tenter ici de renouveler l'exploit de la console de jeux Xbox, qui a rencontré le succès malgré un lancement tardif face à la Playstation de Sony et aux consoles de Nintendo. En revanche, Microsoft, dont la clientèle historique demeure les entreprises, a échoué à s'imposer ces dernières années sur d'autres marchés grand public, notamment celui des baladeurs numériques (abandon de Zune) et des téléphones portables (abandon de Kin et succès mitigé pour l'instant du Lumia lancé avec Nokia).
Oracle (+3%), le géant américain des logiciels d'entreprises, a donc surpris hier soir, après la clôture de Wall Street. Le Groupe a annoncé de manière inattendue ses comptes du 4ème trimestre fiscal 2012, dont la publication était prévue officiellement le 21 juin. Les revenus GAAP trimestriel ont augmenté de 1% à 10,9 Mds$, alors que le profit opérationnel GAAP s'est apprécié de 5% à 4,6 Mds$. Le bénéfice net consolidé a grimpé de 8% à 3,5 Mds$ en GAAP, pour un bpa de 69 cents. Les revenus de licences software ont progressé de 7% à 4 Mds$ environ, tandis que les ventes hardware de systèmes ont régressé de 14% à 1,6 Md$. Les ventes de services ont baissé de 4% à 1,2 Md$. Sur l'exercice, les revenus totalisent 37,1 Mds$ en GAAP, pour un bénéfice net de 10 Mds$ en croissance de 17% et un bpa de 1,96$.
Confiant dans ses perspectives 2013, Oracle a annoncé par ailleurs un programme de rachats d'actions de 10 Mds$. Le bénéfice net non-GAAP a été de 4,1 Mds$ et 82 cents par titre sur le trimestre écoulé, contre un consensus de seulement 78 cents. Les revenus étaient attendus proches de 10,9 Mds$ par les analystes de la place. Sur le 1er trimestre fiscal 2013, période juste entamée, les revenus de licences nouvelles software sont attendus en hausse de 5% à 15%. La croissance des ventes totales est anticipée entre 3 et 6%.
Walgreen (-6%), la chaîne américaine de distribution pharmaceutique, a annoncé l'acquisition d'une participation au sein d'Alliance Boots, détaillant dans les domaines de la santé et de la beauté, pour 6,7 Mds$. Le Groupe de l'Illinois, Walgreen, prévoit d'investir 4 Mds$ en numéraire, auxquels s'ajoutent 83 millions de titres, pour une part de 45% au sein d'Alliance. Walgreen dispose par ailleurs d'une option pour l'acquisition du reste du capital d'Alliance Boots. Alliance affiche un réseau de plus de 3.000 magasins dans 11 pays. D'ici trois ans, Walgreen pourra racheter la totalité de sa proie, pour un montant d'opération de 9,5 Mds$.
KKR & Co (+7%) a annoncé le rachat du spécialiste de la gestion alternative Prisma Capital Partners sans dévoiler les termes financiers de l'opération. La transaction doit être finalisée d'ici le quatrième trimestre 2012, précise la firme d'investissement. Fondé en 2004 par des anciens partenaires de Goldman Sachs, Primsa se concentre sur la maximisation du rendement en investissant dans les professionnels de l'industrie les plus talentueux. Prisma est notamment connu pour l'identification des gestionnaires de hedge-funds spécialisés. Début avril, Prima possédait 7,8 Milliards de dollars d'actifs sous gestion, plus de 90% appartenant à des investisseurs institutionnels.
FedEx (+3%) a publié pour son 4ème trimestre fiscal clos fin mai 2012, un bénéfice dilué par action de 1,73$ par titre. Hors éléments, le bpa a atteint toutefois 1,99$, contre 1,75$ un an plus tôt. Le Groupe dit avoir profité d'une performance exceptionnelle de FedEx Ground. Les revenus trimestriels GAAP ont totalisé 11 Mds$, en augmentation de 4%, pour un bénéfice net de 550 M$ en repli de 1%. La marge opérationnelle a reculé à 7,8%. Sur l'exercice 2012, les revenus ont atteint 42,7 Mds$, contre 39,3 Mds$ un an avant. Le bénéfice net a été de 2,03 Mds$ et 6,41$ par titre en GAAP, contre 1,45 Md$ un an avant.
Le Groupe table sur un bénéfice par titre allant de 1,45 à 1,60$ sur le 1er trimestre fiscal 2013, pour un bpa annuel allant de 6,9 à 7,4$ sur une base diluée, hors éléments. Le consensus était de 1,92$ de bpa ajusté au dernier trimestre 2012, pour 11,1 Mds$ de ventes. Le consensus 2013 était de 7,39$ de bpa et 45,2 Mds$ de ventes.
Barnes & Noble (-4%) a publié pour son 4ème trimestre fiscal 2012 clos fin avril des revenus en augmentation de 0,4% à 1,4 Md$. L'Ebitda est ressorti en pertes de 11 M$, tandis que la perte nette a représenté 58 M$ et 1,08$ par action. Le consensus était de 93 cents de perte trimestrielle par action pour 1,48 Md$ de ventes. Sur l'exercice, les ventes ont grimpé de 2% à 7,1 Mds$, pour une perte de 69 M$ et 1,41$ par titre. Le segment Nook a vu ses revenus annuels grimper de 45% à 933 M$.
Discover Financial Services (+2%) a annoncé pour son second trimestre fiscal 2012 un bénéfice net de 537 M$, 1$ par action, contre 600 M$ soit 1,09$ par titre sur le second trimestre 2011. Le consensus était de 1$ de bénéfice trimestriel par titre, pour 1,84 Md$ de revenus. Les revenus nets de dépenses d'intérêt ont totalisé 1,85 Md$, contre 1,74 Md$ un an auparavant.
JN.L. - ©2012, 2013 www.boursier.com




