Dow Jones Industrial
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Clôture Wall Street : Nasdaq +0,40%; Dow Jones -0,07%

(Boursier.com) -- Wall Street a fini en ordre dispersé ce jeudi soir, après des chiffres contrastés de l'emploi et de la productivité trimestrielle, et avant le rapport gouvernemental mensuel sur l'emploi qui sera publié demain. Ben Bernanke, le président de la Fed, s'est exprimé de son côté sur des sujets économiques aujourd'hui, constatant le récent ralentissement de la croissance et incitant les législateurs à la prudence dans le contrôle des déficits. Enfin, Facebook fait toujours l'actualité, avec son prospectus d'introduction précédant une "IPO" attendue dans quelques mois... Le DJIA a fini en baisse de 0,07% à 12.707 pts, mais le Nasdaq a gagné 0,40% à 2.859 pts.

Le Département US au Travail vient d'annoncer que les inscriptions hebdomadaires nouvelles au chômage, sur un rythme ajusté des variations saisonnières, ont reculé de 12.000 pour la semaine close au 28 janvier pour s'établir à 367.000. Un chiffre légèrement meilleur qu'attendu puisque le consensus Bloomberg tablait sur 370.000 nouvelles demandes. La moyenne à quatre semaines atteint 375.750 pour la période terminant le 28 janvier. Un chiffre en baisse de 2.000 par rapport à la semaine précédente. Le taux de chômage indemnisé lors de la semaine close le 21 janvier atteint 2,7%, en repli de 0,1 point de pourcentage par rapport à la semaine précédente. Le nombre de chômeurs indemnisés sur la même période s'établit à 3,44 millions, en baisse de 130.000 par rapport à la semaine précédente.

D'après le Département américain au Travail ce jeudi, la productivité non-agricole aux États-Unis au dernier trimestre 2011 a progressé de seulement 0,7% en données préliminaires, contre +1% de consensus, et après +1,9% sur le précédent trimestre (révisé de +3,1%). Les coûts unitaires du travail ont grimpé de 1,2%, contre +0,9% de consensus et après -2,1% sur le trimestre antérieur (révisé de -2,4%).

Selon la dernière étude de la firme Challenger, Gray & Christmas publiée ce jeudi, les annonces de licenciements des entreprises américaines en janvier 2012 ont concerné 53.486 postes, contre 41.785 en décembre 2011. Le secteur de la distribution a été particulièrement touché, avec 12.426 postes, après la saison des fêtes. Il ne s'agirait pourtant pas d'un effet saisonnier à en croire le rapport, qui explique que les coupes dans ces emplois temporaires des fêtes ne sont généralement pas annoncées. Challenger évoque plutôt des restructurations et fermetures de magasins dans la distribution.

Ben Bernanke, le président de la Fed, s'exprime ce jour devant le Comité budgétaire de la Chambre US des représentants. Bernanke estime que depuis 2010, l'économie américaine a connu une reprise graduelle après la récente et profonde récession. Le rythme de la recovery économique demeure cependant lent, admet le leader de la Fed, "particulièrement du point de vue des millions de travailleurs qui restent sans emplois ou sous-employés". L'expansion limitée a laissé par ailleurs l'économie vulnérable aux chocs. Bernanke évoque ainsi le tremblement de terre au Japon et la crise de la dette en Europe. "Heureusement, durant les derniers mois, les indicateurs de dépenses, de la production et de l'activité du marché de l'emploi ont montré quelques signes d'amélioration", juge Bernanke. Selon les projections économiques dévoilées par le FOMC, Comité monétaire de la Fed, les participants espèrent une croissance plus forte cette année. "Les perspectives restent incertaines, cependant, et une observation constante des développements économiques reste nécessaire".

Bernanke s'inquiète tout de même du moteur de la consommation, dans un contexte de stagnation des revenus et des patrimoines en 2011, et tandis que l'accès au crédit reste serré pour de nombreux emprunteurs potentiels. Le timonier de la Fed constate une amélioration du sentiment des consommateurs par rapport aux niveaux déprimés de l'été, mais reconnaît que les niveaux des indices de confiance demeurent "encore assez bas en comparaison des standards historiques". Le président de la Fed explique que les dépenses des ménages dépendront lourdement de l'évolution du marché du travail. Bernanke perçoit une amélioration modeste de la situation de l'emploi durant l'année écoulée, avec une baisse de 1 point de pourcentage du taux de chômage... calculée par le gouvernement. Il relève tout de même que le ratio d'emploi sur la population montre qu'il y a encore "beaucoup de chemin à faire". Bernanke souligne le niveau préoccupant et inhabituel du chômage de long terme.

L'incertitude sur l'emploi et les conditions de crédit continuent de peser sur la demande immobilière. Toutefois, Bernanke constate la bonne santé des entreprises américaines, point positif dans la reprise actuelle, avec l'augmentation de la production manufacturière et celle des dépenses d'investissement. Après un ralentissement récent attribué notamment à la crise européenne, Bernanke voit des signaux d'amélioration. Si la confiance des entreprises continue de se reprendre, "les firmes US devraient être bien positionnées pour augmenter à la fois leurs dépenses de capitaux et leurs embauches".

Globalement, Bernanke note un ralentissement récent avec les développements en Europe, une combinaison de hauts niveaux de dettes et de faibles perspectives de croissance dans un certain nombre de pays européens, et donc des doutes sur les situations fiscales des nations pesant sur les coûts d'emprunts souverains. Le président de la Banque Centrale américaine évoque aussi les inquiétudes sur la santé des banques européennes et leurs conséquences en matière de crédit. La résolution de ces problèmes demandera selon lui une action concertée des autorités européennes. La Fed continue par ailleurs d'anticiper une inflation sous contrôle, et conserve sa politique monétaire ultra-accommodante. La Banque prévoit maintenant que les conditions économiques justifient de laisser les taux sur des niveaux exceptionnellement bas, sur les fonds fédéraux, au moins jusqu'à la fin de l'année 2014. Enfin, Bernanke a prôné la prudence en matière de réduction des déficits budgétaires aux États-Unis...

Facebook, le réseau social leader, a donc publié hier soir en ligne, auprès de la SEC, son très attendu dossier d'introduction en bourse à Wall Street. Facebook prévoit une levée de fonds minimale de 5 Mds$, qui pourrait atteindre 10 Mds$ si la demande est au rendez-vous. Le Groupe devrait être valorisé entre 75 et 100 Mds$ dès son entrée en bourse, qui pourrait intervenir courant mai, selon des analystes financiers. Le fondateur Mark Zuckerberg, prodige de 27 ans, garderait un contrôle tout particulier sur son "bébé", avec 28% d'intérêt économique et pratiquement 57% des droits de vote de Facebook. Autrement dit, la seule participation du dirigeant pourrait être valorisée jusqu'à 28 Mds$ lors de l'introduction. Côté salaire, Zuckerberg semble par contre suivre l'exemple de Steve Jobs, puisqu'il a accepté de réduire sa rémunération à 1$ (!) dès 2013, contre 1,5 M$ en 2011.

Le réseau revendique 845 millions d'utilisateurs actifs mensuels (+39% sur un an), une vraie force si Facebook parvient à monétiser cet incroyable atout. 483 millions d'utilisateurs se connecteraient même quotidiennement... Le revenu par utilisateur n'est cependant, pour l'heure, que de 4,4$. En comparaison, Google génèrerait 30$ par "user", d'après un spécialiste. Le prospectus de l'introduction en bourse évoque des revenus 2011 de 3,71 Mds$ pour un bénéfice net voisin de 1 Md$. L'année précédente, les ventes étaient de 2 Mds$ pour 606 M$ de profits. Facebook a terminé l'exercice 2011 avec une position de cash et securities de 3,9 Mds$.

Morgan Stanley, Goldman Sachs et JP Morgan seront à la manoeuvre pour cette "IPO", avec Bank of America Merrill Lynch, Barclays et Allen & Co. Les analystes sont très partagés concernant la valorisation de l'affaire. Certes, les multiples pourraient à première vue rappeler ceux de la bulle Internet du début des années 2000. Mais Facebook a révolutionné les réseaux sociaux, affiche une très forte rentabilité et une croissance particulièrement conséquente. Ainsi, les revenus sont passés de 777 M$ en 2009 à 3,7 Mds$ l'an dernier ! Le bénéfice a flambé de 229 M$ en 2009 jusqu'à 1 Md$ l'an passé.

L'exemple de Google est souvent cité. Introduit sur des multiples qui paraissaient alors très élevés, Google a su encore surprendre par sa croissance et sa génération de cash. Quoi qu'il en soit, les investisseurs devraient encore se bousculer sur cette introduction de Facebook, considérée comme l'un des événements majeurs de l'année à Wall Street. Le Groupe dispose par ailleurs de possibilités géographiques d'expansion supplémentaire, par exemple au Brésil, en Inde, au Japon ou en Allemagne, de même qu'en Russie. Le marché chinois sera évidemment plus difficile à conquérir et dépendra du bon vouloir ou des objections de la censure locale.

En dehors des 28,4% de Zuckerberg qui feront de lui très officiellement un multi-milliardaire heureux dans quelques mois, l'IPO sera également très profitable pour d'autres actionnaires plus inattendus. Dustin Moskovitz, le co-fondateur, figure encore à 7,6% des parts. DST Global dispose de 5,4% du capital, alors que l'administrateur du Groupe Peter Thiel, pointe à 2,5%. Enfin, Elevation Partners (et des entités liées), la firme de private equity co-fondée par le chanteur de U2, Bono, figure aussi au sein de l'actionnariat de Facebook. Elevation a acquis, avec ses véhicules, 1% du capital de Facebook pour 90 M$ en 2009.

VALEURS DU JOUR

Qualcomm (+2%), le géant américain des puces, vient de publier ses résultats du premier trimestre fiscal. Ses revenus sont en hausse de 40% à 4,68 Mds$, contre 4,58 Mds$ de consensus. Le résultat opérationnel ressort à 1,55 Md$, en croissance de 24%. Le résultat net progresse de 20% à 1,40 Md$. Le bpa trimestriel est ainsi à 0,81$, en hausse de 14%. En non-GAAP, le bpa ressort à 0,97$, contre 0,90$ de consensus. Sur le T2, le Groupe vise des revenus entre 4,6 et 5 Mds$, pour un bpa entre 0,91 et 0,97$ (contre 0,89$ de consensus).

Electronic Arts (+6%) a affiché, pour son troisième trimestre fiscal 2012, une perte nette de 205 M$ (0,62$ par action), contre une perte de 322 M$ (0,97$ par action) un an avant. En base ajustée, le bpa ressort à 0,99$ (contre 0,93$ de consensus) et les revenus sont de 1,65 Md$, contre 1,41 Md$ un an plus tôt, et 1,62 Mds$ de consensus. Sur le T4, le Groupe vise des revenus entre 925 et 975 M$, contre 996 M$ de consensus, et le bpa est attendu entre 0,10 et 0,20$, contre 0,30$ de consensus.

Starwood Hotels (-2%) a annoncé pour son 4ème trimestre fiscal un bénéfice net de 167 M$ et 85 cents par titre, contre 339 M$ un an plus tôt. Hors éléments, le bpa ajusté a représenté 71 cents, contre 57 cents de consensus de place. Les revenus ont également dépassé les attentes, en croissance de 14% à 1,53 Md$. La rentabilité a été obérée par les dépréciations et d'autres éléments non récurrents. Le bpa du 1er trimestre est attendu entre 49 et 53 cents, pour un bpa annuel de 2,22 à 2,33$.

Cigna (-3%), le Groupe de santé américain, a annoncé pour son 4ème trimestre un bénéfice de 290 M$ soit 1,04$ par action, contre 461 M$ un an plus tôt. Les revenus ont totalisé 5,46 Mds$, contre 5,43 Mds$ l'an passé, à la même époque. Le consensus était de 1,19$ de bpa. Le bénéfice annuel a atteint 1,32 Md$, contre 1,43 Md$ de consensus. Sur l'exercice 2012 cette fois, le bénéfice par action ajusté est attendu entre 5 et 5,4$.

Ameriprise (-8%) a dévoilé ses résultats du quatrième trimestre. Ses bénéfices sont de 240 M$ (1,02$ par action), contre 306 M$ (1,18$ par action) un an avant. Ses revenus sont de 2,58 Mds$, contre 2,55 Mds$ sur la même période de l'exercice précédent.

Cardinal Health (-2%) a annoncé pour son second trimestre des revenus en croissance de 7% à 27,1 Mds$, ainsi qu'un bénéfice opérationnel de 449 M$ en progression de 31%. Le bénéfice opérationnel ajusté a grimpé de 21% à 475 M$. Le bpa dilué des opérations poursuivies a été de 76 cents, en progrès de 25%. Le bpa ajusté a augmenté de 11% à 81 cents. Le consensus était de 76 cents de bpa pour 26,9 Mds$ de facturations. Le Groupe dope sa guidance de bpa ajusté annuel entre 3,1 et 3,2$, contre 3,04 à 3,19$ précédemment.

International Paper (+1%) a annoncé pour le dernier trimestre 2011 un bénéfice net de 257 M$ soit 59 cents par titre, contre 316 M$ et 73 cents par action un an avant. Le bpa ajusté a été de 66 cents, contre 68 cents. Les ventes trimestrielles ont été de 6,4 Mds$, contre 6,5 Mds$ un an plus tôt. Le consensus était de 61 cents de bpa et 6,5 Mds$ de ventes. Le bénéfice net de l'exercice a atteint 1,3 Md$, 3,07$ par titre, contre 644 M$ un an auparavant. Les ventes annuelles ont été de 26 Mds$, contre 25,2 Mds$.

Merck (stable), le géant pharmaceutique américain, vient de dévoiler les résultats de son quatrième trimestre fiscal marqués par un bénéfice de 1,51 Md$ et 49 cents par titre, contre une perte de 531 M$ et 17 cents par titre un an avant. Hors éléments, le bpa a représenté 97 cents contre 95 de consensus. Les revenus se sont appréciés de 2% à 12,29 Mds$, également supérieurs au consensus (12,53 Mds$ environ). Le groupe anticipe pour l'exercice 2012 un bpa ajusté compris entre 3,75 et 3,85$.

Dow Chemical (-1%), le Groupe chimique américain, a essuyé des pertes de 20 M$ soit 2 cents par titre sur le 4ème trimestre, avec une charge non récurrente sur les opérations brésiliennes. Le bénéfice dégagé sur la même période, un an plus tôt, était de 426 M$. Hors éléments, le bénéfice ajusté par action a représenté 47 cents, pour des revenus en augmentation de 2% à 14,1 Mds$. Le bénéfice ajusté par action était attendu à 31 cents, pour 14,2 Mds$ de ventes. Le Groupe évoque la détérioration de l'économie et la faiblesse considérable en Europe de l'Ouest. Le Groupe n'attend pas d'amélioration significative des conditions de marché sur le premier trimestre.

Big Lots (+8%) vient de revoir à la hausse ses anticipations du quatrième trimestre, en se basant sur des ventes US plus solides que prévu et des résultats moins mauvais que prévu au Canada. Sur le T4, le Groupe vise désormais un bpa entre 1,71 et 1,74$, contre une précédente fourchette de 1,59/1,66$. Sur la période, les ventes sont en hausse de 7,7% à 1,62 Md$. Les ventes à magasins comparables sont en croissance de 3,4%.

Macy's (+4%) annonce que ses ventes de janvier sont en hausse de 2% à 1,336 Md$, contre 1,310 Md$ sur janvier 2011. Les ventes mensuelles à magasins comparables sont en croissance de 2,4%. Le Groupe rehausse par ailleurs ses anticipations et vise désormais un bpa T4 entre 1,63 et 1,65$ (contre une précédente fourchette de 1,55/1,60$).

Target (+1%) annonce que ses ventes de janvier à magasins comparables sont en croissance de 4,3%. Les ventes totales sur la période grimpent de 5,1% à 4,6 Mds$.

Kellogg (+2%) annonce ses résultats du quatrième trimestre. Ses ventes sont de 3 Mds$, en croissance de 5,4%. Le résultat net ressort à 232 M$ (0,64$ par action), contre 185 M$ (0,51$ par action). Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,63$ pour des ventes de 2,99 Mds$.

Sara Lee (+4%) annonce ses résultats du second trimestre fiscal 2012. Ses bénéfices sont de 469 M$ (0,79$ par action), contre 833 M$ (1,30$ par action) un an avant. Le bpa ajusté ressort à 0,27$, contre 0,25$ de consensus. Ses revenus grimpent de 2,08 Mds$, contre 2,11 Mds$ de consensus. Sur l'exercice 2012, le Groupe vise un bpa entre 0,89 et 0,95$, pour des ventes entre 7,9 et 8,15 Mds$.

Viacom (-1%) a annoncé pour le 1er trimestre fiscal 2012 un bénéfice net diminué de 65% à 212 M$ et 38 cents par titre, contre 610 M$ l'an dernier. Le Groupe new-yorkais a déploré une charge de 379 M$ liée au dossier Harmonix Music Systems (créateur de "Rock Band"). Les revenus ont augmenté de 3% à 3,95 Mds$, contre 3,99 Mds$ de consensus. Hors éléments, le bpa a représenté 1,06$, légèrement supérieur au consensus des analystes.

MasterCard (+7%) a enregistré 495 M$ de charges sur le dernier trimestre 2011, afin de couvrir des pertes potentielles relatives à un procès concernant les commissions des marchands sur cartes de crédit. Le Groupe n'a donc dégagé qu'un modeste bénéfice au 4ème trimestre, de 19 M$ soit 15 cents par titre, pour 1,73 Md$ de revenus. Hors éléments, le bpa aurait été de 4,03$, contre 3,92$ de consensus de place.

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